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ECONOMIE

Loi de finances 2027 : les fabricants tunisiens de batteries contestent l'exonération des produits importés

Loi de finances 2027 : les fabricants tunisiens de batteries contestent l'exonération des produits importés

Les industriels tunisiens du stockage d’énergie s’inquiètent d’une disposition du projet de loi de finances 2027. Moncef El Hajjam, industriel du secteur, était l’invité de l’émission « Mag Express » sur Express FM. Ses propos ont ensuite été repris et relayés par Tustex. Il a appelé le Parlement à revoir l’article 49 du texte. Cet article prévoit d’exonérer de droits de douane et de TVA les batteries importées prêtes à l’emploi. Selon lui, la mesure exposerait les cinq unités de fabrication de batteries installées dans le pays à une concurrence qu’il juge déloyale.

Deux régimes pour un même produit

Pour l'industriel, l'article 49 introduit une asymétrie entre deux modèles économiques. Les fabricants locaux importent les cellules et les composants, puis assurent la fabrication, l'assemblage et les tests en Tunisie. Ils supportent ainsi des charges de production, d'investissement et d'emploi qui ne pèsent pas sur les importateurs de produits finis. Moncef El Hajjam note que la loi de finances 2026 allait dans la direction opposée : elle avait réduit les coûts des producteurs grâce à des avantages fiscaux sur l'importation de lithium.

Il met aussi en avant le service après-vente. Les fabricants tunisiens accordent une garantie pouvant atteindre cinq ans, d'une mise en œuvre plus simple que celle de certains fournisseurs étrangers, qui exige parfois le renvoi de la batterie en Chine.

Emplois, intégration locale et devises

L'intervenant craint un recul de la demande pour la production nationale et des pertes d'emplois dans la filière. Il affirme que les industriels acceptent la concurrence, à condition qu'elle s'exerce à armes égales.

Il souligne également le niveau d'intégration déjà atteint. Les structures, boîtiers, connecteurs et le câblage sont fabriqués en Tunisie, et seules les cellules proviennent de l'étranger. Le système de gestion de batterie (BMS) constitue, à ses yeux, un prochain palier de production locale. Il permettrait de réduire encore les importations et les sorties de devises.

Une portée sociale discutée

Sur l'argument des coupures d'électricité, Moncef El Hajjam tempère les attentes. L'équipement d'un logement peut atteindre 15 000 dinars, un montant hors de portée de nombreux ménages. L'exonération pourrait donc manquer sa cible sociale. Il recommande plutôt d'encourager l'installation de panneaux photovoltaïques chez les particuliers, puisqu'une batterie stocke l'électricité sans la produire. Le stockage garde en revanche tout son intérêt pour les entreprises industrielles, qui doivent assurer la continuité de leur activité.

Un enjeu de souveraineté industrielle

Les batteries servent aussi au-delà du secteur énergétique : télécommunications, mobilité électrique, équipements médicaux et activités sensibles. L'industriel y voit un enjeu de souveraineté. Selon lui, la profession ne s'oppose ni à la baisse des prix ni à un meilleur accès des citoyens au stockage. Elle demande des dispositions fiscales équilibrées, qui ne fragilisent pas la production nationale.

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