Le projet de Béni Mhira franchit une nouvelle étape. Un appel d’offres portant sur une centrale photovoltaïque de 50 MW, un système de stockage par batteries et les infrastructures électriques associées a été publié le 9 octobre 2026 sur ECEPP, la plateforme de passation des marchés de la Banque européenne pour la reconstruction et le développement (BERD). La STEG en est le maître d’ouvrage.
Cette nouvelle étape s’inscrit dans le prolongement du plan de renforcement de la production électrique, de développement du stockage et de maîtrise des pics de consommation, précédemment présenté par Tera Finances. Le projet de Béni Mhira, associant une centrale solaire de 50 MW à une capacité de stockage de 20 MWh, figure parmi les installations prévues dans ce programme. La publication de l’appel d’offres apporte désormais une traduction opérationnelle à cette orientation, avec l’ouverture de la mise en concurrence pour sa réalisation.
Le registre ECEPP classe la consultation comme un appel d’offres ouvert en une seule étape, avec une échéance de remise des offres affichée au 10 décembre 2026. Cette publication engage la sélection des entreprises chargées de réaliser les installations. Elle ne signifie toutefois ni qu’un marché a été attribué ni que les travaux ont commencé.
Produire de l’électricité et pouvoir en différer l’utilisation
La centrale doit développer une puissance de 50 MWac, exprimée en courant alternatif. Elle sera accompagnée d’un système BESS, pour Battery Energy Storage System, autrement dit un système de stockage d’énergie par batteries, dimensionné à 10 MW/20 MWh. La BERD présente cette composante comme son premier investissement de ce type en Tunisie.
Les deux chiffres remplissent des fonctions différentes : les 10 MW désignent la puissance du stockage, tandis que les 20 MWh indiquent sa capacité énergétique. Leur rapport correspond théoriquement à deux heures de restitution à pleine puissance, avant prise en compte des pertes et des contraintes d’exploitation.
Le stockage permettra ainsi de décaler une partie de l’électricité disponible vers les périodes où elle est davantage nécessaire. Il apportera de la souplesse au réseau, sans pour autant permettre de maintenir toute la centrale de 50 MW à pleine puissance pendant deux heures.
La BERD finance le projet porté par la STEG
La fiche officielle prévoit un prêt BERD pouvant atteindre 30 millions d’euros à la STEG, complété par un prêt pouvant atteindre 20 millions d’euros du Clean Technology Fund. Le projet y figure avec le statut « approuvé », qui ne suffit pas à établir le décaissement des fonds.
Le financement est donc destiné au projet de l’entreprise publique. L’entreprise qui remportera le marché sera rémunérée pour les prestations contractuelles qu’elle exécutera ; elle ne devient pas, du seul fait de cette attribution, bénéficiaire du prêt de la BERD.
La réalisation comprend la conception, l’approvisionnement en équipements, la construction et la mise en service : les principales composantes d’un montage EPC, ou Engineering, Procurement and Construction.
Un coût à préciser entre les documents
L’avis général évalue le projet à 53,5 millions d’euros, alors que la fiche de financement affiche 50 millions d’euros. Cet écart nécessite une clarification sur le périmètre et l’actualisation des coûts. Les infrastructures prévues comprennent également un poste et des ouvrages de raccordement à 225 kV.
Pour Béni Mhira, l’enjeu est désormais de transformer cette étape de mise en concurrence en contrats exécutés, puis en capacités effectivement raccordées. Le projet doit associer une production renouvelable supplémentaire à une première expérience de stockage à cette échelle, dont les résultats pourront éclairer les futurs investissements du réseau tunisien.
Sources : appel d’offres — ECEPP · avis général · fiche du projet — BERD.



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