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ECONOMIE

Tunisie : un plan pour renforcer la production électrique, développer le stockage et maîtriser les pics de consommation

Tunisie : un plan pour renforcer la production électrique, développer le stockage et maîtriser les pics de consommation

Nouvelles capacités de production, remise à niveau des installations existantes, stockage par batteries et accélération des énergies renouvelables : le gouvernement tunisien a examiné, vendredi 9 octobre 2026, une feuille de route destinée à renforcer la sécurité énergétique du pays. Présenté lors d’un conseil ministériel restreint présidé par la cheffe du gouvernement, Sarra Zaafrani Zenzri, ce programme prévoit également des mesures visant à réduire de 300 mégawatts la demande d’électricité pendant les périodes de pointe.

La sécurité énergétique s’impose comme une priorité de l’État. C’est le message réaffirmé par la cheffe du gouvernement à l’ouverture du conseil ministériel restreint consacré au suivi du plan d’action opérationnel des projets énergétiques à court, moyen et long terme, issu de la stratégie nationale dans ce domaine.

Conformément aux orientations du président de la République, Kaïs Saïed, cette démarche vise à garantir la continuité de l’approvisionnement en électricité, à améliorer l’efficacité de la production et à réduire le déficit énergétique ainsi que les coûts de production. L’enjeu est également économique : soutenir la compétitivité des entreprises tout en répondant aux besoins des ménages, dans un contexte de hausse de la demande, de contraintes climatiques et de volatilité géopolitique des marchés de l’énergie.

Une approche combinant production, stockage et maîtrise de la demande

Présenté par Salah Zouari, ministre de l’Équipement et de l’Habitat, chargé de la gestion du ministère de l’Industrie, des Mines et de l’Énergie, le plan repose sur plusieurs leviers complémentaires : mobiliser des capacités de production supplémentaires, récupérer les capacités disponibles, développer les énergies renouvelables et les dispositifs de stockage de l’électricité.

À ces investissements s’ajoutent le renforcement des mesures de rationalisation de la consommation et l’activation des mécanismes de gestion de la demande. L’objectif est de mieux équilibrer l’offre et les besoins du système électrique, notamment pendant les périodes de forte consommation.

À l’issue des échanges sur cette feuille de route, le président-directeur général et le directeur général adjoint de la Société tunisienne de l’électricité et du gaz (STEG) ont détaillé son volet à court terme.

Améliorer les installations existantes et renforcer la production au gaz

Le programme prévoit d’abord l’installation de systèmes de refroidissement de l’air à l’entrée des turbines. Cette intervention doit améliorer les performances des unités de production existantes et permettre de dégager une puissance supplémentaire d’environ 250 mégawatts (MW).

Le renforcement du parc de production passe également par l’acquisition et l’installation de moteurs à gaz totalisant 200 MW, ainsi que par l’acquisition et la mise en service d’une troisième turbine à gaz de 300 MW à la centrale de Borj El Amri.

Autre chantier annoncé : la récupération de la totalité de la capacité de production des centrales de Kechabta et de Metline, estimée à environ 190 MW. Cette mesure vise à remettre pleinement à contribution des capacités existantes pour soutenir l’approvisionnement électrique.

Un dispositif de stockage par batteries de 300 MW et 600 MWh

Le stockage constitue un autre axe majeur du plan. La STEG prévoit l’installation d’un système de stockage d’énergie par batteries d’une puissance de 300 MW, pour une capacité de stockage de 600 mégawattheures (MWh).

Ces deux indicateurs désignent des caractéristiques distinctes : les mégawatts mesurent la puissance du dispositif, tandis que les mégawattheures correspondent à la quantité d’énergie qu’il peut stocker. Le stockage doit ainsi être distingué des nouvelles capacités de production annoncées dans le programme.

Son développement s’inscrit dans la volonté de renforcer la souplesse du système électrique et sa capacité à faire face aux périodes de pointe.

Environ 300 MW renouvelables à intégrer avant l’été 2027

Sur le volet des énergies renouvelables, le programme prévoit l’intégration d’environ 300 MW de projets avant l’été 2027, auxquels doit s’ajouter une capacité d’environ 40 MW dans le cadre du cinquième round du régime des autorisations.

Le plan comprend aussi l’extension du parc éolien de Sidi Daoud, qui doit permettre d’intégrer une puissance supplémentaire de l’ordre de 30 MW.

Deux projets photovoltaïques associés à des dispositifs de stockage figurent également parmi les opérations présentées :

  • À Béni Mhira, une centrale photovoltaïque de 50 MW, accompagnée d’un système de stockage de 20 MWh.
  • À Tataouine, une centrale photovoltaïque de 200 MW, dotée d’un système de stockage de 100 MWh.

Le communiqué fixe explicitement l’échéance d’avant l’été 2027 pour l’intégration des quelque 300 MW renouvelables. Il ne précise toutefois pas de calendrier individuel de mise en service pour chacun des autres projets énumérés.

Réduire la demande de 300 MW pendant les pointes

Le renforcement de l’offre s’accompagne d’un volet consacré à la maîtrise de la consommation. Le plan vise une réduction de la demande de 300 MW pendant les périodes de pointe, afin de diminuer la pression sur le système électrique.

Cette démarche repose sur la gestion de la demande et la rationalisation des usages. Elle est complétée par l’amélioration du dispositif de délestage, également mentionnée parmi les mesures présentées par la STEG.

La cheffe du gouvernement a souligné, à cet égard, l’importance de la participation des citoyens et des entreprises aux programmes nationaux de rationalisation de la consommation d’électricité, particulièrement aux heures de pointe.

Accélérer les projets pour atteindre 35 % d’électricité renouvelable en 2030

Au terme du conseil, Sarra Zaafrani Zenzri a insisté sur la nécessité d’accélérer la réalisation de l’ensemble des projets présentés par la STEG, avec un suivi sur le terrain pour assurer l’atteinte des objectifs fixés.

Elle a également appelé à intensifier le déploiement des projets de production d’électricité renouvelable dans tous les cadres disponibles : autoproduction, autorisations et concessions.

Le cap national a été réaffirmé : porter à 35 % la part des énergies renouvelables dans la production d’électricité à l’horizon 2030. Le développement de ces filières est présenté comme un choix stratégique pour renforcer la sécurité énergétique et assurer un approvisionnement durable.

Moderniser le réseau et déployer les compteurs intelligents

La feuille de route englobe enfin le développement du réseau électrique, l’installation de compteurs intelligents, l’augmentation des capacités de stockage et le renforcement de l’efficacité énergétique dans les différents secteurs économiques.

Ces mesures doivent améliorer l’autonomie et la flexibilité du système face aux pointes de consommation et aux contraintes climatiques, tout en sécurisant les besoins énergétiques du pays.

Le programme associe ainsi des interventions sur le parc existant, de nouveaux moyens de production, une montée en puissance des renouvelables et une action sur la consommation. Le communiqué ne fournit pas d’enveloppe financière globale ni de modalités de financement des projets annoncés.

Source : Présidence du gouvernement tunisien, services de l’information et de la communication, communiqué du 9 octobre 2026.

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