Les Industries Chimiques du Fluor (ICF) ont traversé un premier semestre 2026 particulièrement difficile, marqué par une forte contraction de leur activité. Le spécialiste tunisien du fluorure d'aluminium a réalisé un chiffre d'affaires de 64,2 millions de dinars, contre 104,7 millions un an auparavant, soit un recul de 38,7 %. Cette contre-performance s'explique principalement par les interruptions de production intervenues au cours des premiers mois de l'année, auxquelles se sont ajoutées des difficultés d'approvisionnement en soufre dans un contexte de fortes tensions géopolitiques au Moyen-Orient.
Un deuxième trimestre encore loin des niveaux de 2025
Les performances du deuxième trimestre ne traduisent pas encore un véritable retour à la normale.
Le chiffre d'affaires s'est établi à 37,2 millions de dinars, contre 53,0 millions au deuxième trimestre 2025, soit une baisse de 29,9 %. Certes, ce recul apparaît moins prononcé que celui observé sur l'ensemble du semestre, mais les niveaux d'activité demeurent nettement inférieurs à ceux enregistrés un an auparavant.
La société indique que ses installations ont redémarré à la fin du mois de mars après le remplacement d'un tronçon du four. Toutefois, cette reprise a été rapidement perturbée par des difficultés temporaires d'approvisionnement en soufre, liées notamment à la fermeture du détroit d'Hormuz, qui ont entraîné un nouvel arrêt de production durant le mois de mai. Selon ICF, les approvisionnements n'ont repris qu'au début du mois de juin, permettant un redémarrage progressif des installations.
Une production en recul de plus de 60 %
Les difficultés opérationnelles se reflètent également dans les volumes produits.
ICF fait état d'une baisse de 61,5 % de sa production au premier semestre 2026 par rapport à la même période de 2025, illustrant l'ampleur des perturbations ayant affecté son outil industriel durant les six premiers mois de l'année.
Des investissements en nette progression
Malgré ce contexte défavorable, la société a poursuivi ses investissements.
Les dépenses d'investissement atteignent 1,9 million de dinars au premier semestre 2026, contre 1,2 million un an auparavant, soit une progression de 65,6 %. Au seul deuxième trimestre, elles se sont élevées à 777 mille dinars, contre 871 mille dinars durant la même période de 2025.
Ces investissements concernent notamment le développement de projets photovoltaïques, l'optimisation de la consommation d'eau, les projets environnementaux ainsi que la modernisation des installations industrielles.
Une trésorerie toujours sous pression
La dégradation de l'activité continue de peser sur la situation de trésorerie.
Les liquidités et équivalents de liquidité s'établissent à 5,2 millions de dinars au 30 juin 2026, contre 42,7 millions un an plus tôt. Elles ressortent également en dessous du niveau observé à la clôture de l'exercice 2025 (8,8 millions de dinars), ce qui confirme la poursuite des tensions sur la trésorerie.
Les crédits de gestion repartent à la hausse depuis le début de l'année
Les crédits de gestion ressortent à 36,8 millions de dinars à fin juin 2026, en baisse de 12,4 % par rapport aux 42,0 millions enregistrés un an auparavant.
En revanche, ils dépassent le niveau constaté à la clôture de l'exercice 2025 (32,6 millions de dinars), traduisant une augmentation des besoins liés au cycle d'exploitation depuis le début de l'année.
Des coûts de production sous pression
Au-delà des difficultés de production, ICF évolue dans un environnement marqué par une forte hausse du coût de certaines matières premières.
La société souligne que le prix du soufre a plus que triplé pour dépasser 1 300 dollars la tonne, un niveau historique, tandis que la progression des cours internationaux de l'aluminium continue de soutenir les prix de vente du fluorure d'aluminium. Dans ce contexte, elle poursuit ses efforts de maîtrise des coûts afin de préserver ses marges.
Une visibilité encore limitée pour le second semestre
Les perspectives demeurent étroitement dépendantes de l'évolution du contexte géopolitique et de la normalisation des chaînes d'approvisionnement.
Si la société indique avoir progressivement redémarré ses installations au mois de juin, les indicateurs publiés à fin juin ne montrent pas encore d'amélioration tangible de l'activité. Le redressement attendu au second semestre dépendra principalement de la capacité d'ICF à retrouver un rythme de production normal et à sécuriser durablement ses approvisionnements en matières premières.


Commentaires (0)
Connectez-vous pour commenter.