Valeur sélectionnée :

Sociétés Analyses financières Technique
Publicité
Publicité
BOURSE

Banques cotées - Analyse comparative — PNB : les revenus du portefeuille compensent le recul de la marge d’intérêt

Dossier spécial — Banques cotées au 30 juin 2026 | Volet 2/4

Banques cotées - Analyse comparative — PNB : les revenus du portefeuille compensent le recul de la marge d’intérêt

Au premier semestre 2026, les douze banques cotées tunisiennes ont dégagé un produit net bancaire cumulé de 3,786 milliards de dinars, contre 3,610 milliards de dinars un an auparavant, soit une progression de 4,9 %.

Cette croissance ne résulte toutefois pas d’une expansion homogène de l’activité bancaire. Elle traduit au contraire une profonde recomposition des sources de revenus.

Les produits d’exploitation bancaire n’ont progressé que de 0,6 %, tandis que les charges d’exploitation bancaire ont reculé de 4,1 %. Surtout, la marge nette d’intérêt s’est contractée de 10,3 %, pénalisée par une baisse des intérêts reçus plus forte que celle des intérêts versés.

La croissance du produit net bancaire a ainsi reposé presque entièrement sur les revenus du portefeuille-titres et des opérations de marché, qui ont bondi de 18,4 % et apporté près de 302 millions de dinars supplémentaires au secteur.

Cette évolution prolonge la transformation observée dans les bilans bancaires. Les établissements collectent davantage de dépôts, distribuent peu de nouveaux crédits et orientent une part croissante de leurs ressources vers les titres. Au premier semestre 2026, cette stratégie se traduit directement dans les comptes de résultat : les revenus du portefeuille deviennent le principal moteur du PNB, tandis que l’intermédiation classique par les intérêts perd du terrain.

Les produits d’exploitation bancaire progressent à peine.

Les produits d’exploitation bancaire cumulés des banques cotées se sont établis à 6,913 milliards de dinars au 30 juin 2026, contre 6,869 milliards de dinars au premier semestre 2025.

La progression se limite ainsi à 43,8 millions de dinars, soit 0,6 %.

Cette quasi-stagnation résulte d’évolutions opposées entre les différentes catégories de revenus. La baisse des intérêts et revenus assimilés a presque entièrement absorbé la forte progression des revenus du portefeuille.

Amen Bank enregistre la plus importante hausse du PEB en valeur, avec une progression de 41,8 millions de dinars, soit 6,7 %, à 670,5 millions de dinars.

Cette évolution est principalement portée par les revenus du portefeuille, qui ont augmenté de 55,9 millions de dinars. Leur croissance a plus que compensé la baisse des intérêts reçus par la banque.

Attijari Bank affiche la deuxième plus forte progression en valeur, avec une hausse de 28,5 millions de dinars, soit 4,9 %, portant ses produits d’exploitation bancaire à 613,1 millions de dinars.

Là encore, la hausse provient des revenus du portefeuille, en progression de 56,6 millions de dinars, alors que les intérêts et revenus assimilés ont reculé de 26,9 millions de dinars.

La BIAT enregistre une progression de 27,8 millions de dinars de son PEB, soit 2,2 %, à 1,270 milliard de dinars. UBCI affiche une hausse de 8,9 %, la plus forte parmi les banques de taille intermédiaire, tandis que Wifak International Bank réalise la meilleure croissance relative du secteur, à 12,8 %.

À l’inverse, la STB enregistre la plus forte baisse du PEB en valeur. Ses produits d’exploitation bancaire diminuent de 64,1 millions de dinars, soit 8,8 %, à 663,7 millions de dinars.

Cette contraction est principalement liée à la chute de près de 100 millions de dinars des intérêts reçus, que la progression des revenus du portefeuille n’a que partiellement compensée.

L’ATB affiche également un recul important de son PEB, de 42,5 millions de dinars, soit 10,7 %. La BH Bank enregistre une baisse de 17,7 millions de dinars, tandis que le PEB de l’UIB diminue légèrement de 0,9 %.

La baisse des charges bancaires soutient le PNB.

Les charges d’exploitation bancaire, constituées principalement des intérêts encourus et des commissions encourues, ont reculé de 133,2 millions de dinars, passant de 3,259 milliards de dinars au premier semestre 2025 à 3,126 milliards de dinars au premier semestre 2026. La diminution atteint ainsi 4,1 %.

Cette baisse a joué un rôle déterminant dans la progression du PNB. Sans l’allègement des charges bancaires, la quasi-stagnation du PEB n’aurait pas permis au secteur d’afficher une croissance de près de 5 % de ses revenus nets.

L’ATB enregistre la plus forte réduction des charges d’exploitation bancaire, avec une baisse de 51,1 millions de dinars, soit 22,6 %. Cette diminution accompagne le recul de ses produits d’intérêts et reflète une contraction importante du coût de ses ressources.

La BH Bank réduit ses charges bancaires de 30,9 millions de dinars, soit 8,1 %. La STB enregistre une baisse de 27,5 millions de dinars et l’UIB de 19,1 millions de dinars.

La Banque de Tunisie et Amen Bank diminuent également leurs charges de respectivement 12,8 millions et 12,6 millions de dinars.

À l’inverse, la BIAT enregistre une hausse de 13,2 millions de dinars de ses charges bancaires, soit 2,9 %. Attijari Bank affiche une progression de 10,2 millions de dinars, UBCI de 7,2 millions de dinars et Wifak International Bank de 1,8 million de dinars.

Pour ces établissements, la croissance ou la stabilité du PNB a donc dû être obtenue malgré une augmentation du coût des ressources bancaires.

Le PNB du secteur progresse de 177 millions de dinars

Grâce à la légère progression du PEB et à la baisse des charges d’exploitation bancaire, le produit net bancaire des banques cotées a augmenté de 177 millions de dinars, soit 4,9 %. Il est passé de 3,610 milliards de dinars au premier semestre 2025 à 3,786 milliards de dinars au premier semestre 2026.

Onze des douze banques cotées ont enregistré une progression de leur PNB. La STB constitue la seule exception.

Amen Bank réalise la plus forte augmentation en valeur, avec 54,4 millions de dinars supplémentaires. Son PNB atteint 362,4 millions de dinars, en hausse de 17,7 %.

Cette performance représente près de 31 % de l’accroissement total du PNB des banques cotées. Elle repose presque exclusivement sur la progression des revenus du portefeuille, alors que la marge d’intérêt de la banque a reculé.

La Banque de Tunisie enregistre la deuxième plus forte contribution en valeur, avec une hausse de 30,9 millions de dinars, soit 11,8 %. Contrairement à la majorité du secteur, la banque bénéficie d’une progression importante de sa marge nette d’intérêt.

La BNA augmente son PNB de 22,1 millions de dinars, soit 4,1 %, tandis qu’Attijari Bank affiche une progression de 18,3 millions de dinars, soit 5,1 %.

UBCI enregistre une croissance de 10,1 %, avec une hausse de 17,7 millions de dinars. L’UIB progresse de 5,7 %, la BIAT de 1,9 % et la BH Bank de 4,2 %.

Les plus fortes progressions relatives sont observées auprès des établissements de plus petite taille. La BTE affiche une croissance de 25,6 %, Wifak International Bank de 19,9 % et Amen Bank de 17,7 %.

La STB enregistre en revanche une baisse de 36,6 millions de dinars de son PNB, soit une contraction de 10,5 %. Son PNB revient de 350,4 millions de dinars à 313,8 millions de dinars.

Malgré une hausse de 36,1 millions de dinars de ses revenus du portefeuille, la banque n’a pas pu compenser l’effondrement de sa marge nette d’intérêt.

La baisse des intérêts reçus dépasse celle des intérêts versés

Les intérêts et revenus assimilés perçus par les banques cotées se sont élevés à 4,204 milliards de dinars au premier semestre 2026, contre 4,481 milliards de dinars un an auparavant. Ils ont ainsi reculé de 277,4 millions de dinars, soit 6,2 %.

Dans le même temps, les intérêts encourus et charges assimilées ont diminué de 145,1 millions de dinars, soit 4,5 %, pour s’établir à 3,047 milliards de dinars.

La baisse des intérêts reçus étant nettement supérieure à celle des intérêts versés, la marge nette d’intérêt du secteur s’est contractée de 132,4 millions de dinars.

La diminution des intérêts reçus peut être rapprochée de la faible progression des crédits observée au bilan. L’encours net des crédits à la clientèle des banques cotées n’avait augmenté que de 0,4 % entre la fin de 2025 et juin 2026.

Le ralentissement du crédit limite mécaniquement la croissance des produits d’intérêts. Parallèlement, les banques doivent continuer de rémunérer une partie importante de leurs dépôts et de leurs ressources d’emprunt.

La baisse des intérêts reçus est particulièrement marquée à la STB, avec un recul de 99,7 millions de dinars, soit 22,1 %.

L’ATB enregistre une diminution de 53 millions de dinars, la BH Bank de 41,7 millions, la BNA de 31,7 millions et Attijari Bank de 26,9 millions.

Amen Bank, l’UIB et la BIAT enregistrent également des baisses, mais de moindre ampleur.

Seules quatre banques affichent une progression de leurs intérêts reçus. La Banque de Tunisie enregistre une hausse de 10,6 millions de dinars, Wifak International Bank de 9,4 millions, UBCI de 4,1 millions et la BTE reste presque stable.

La marge nette d’intérêt chute de plus de 10 %.

La marge nette d’intérêt des banques cotées est passée de 1,290 milliard de dinars au premier semestre 2025 à 1,157 milliard de dinars au premier semestre 2026. Elle diminue ainsi de 132,4 millions de dinars, soit 10,3 %.

Cette contraction constitue la principale faiblesse des résultats semestriels du secteur.

La marge d’intérêt recule dans huit des douze banques cotées. Elle augmente seulement à la Banque de Tunisie, à la BTE, à l’UIB et à Wifak International Bank.

La STB affiche de loin la plus forte baisse. Sa marge nette d’intérêt chute de 80,4 millions de dinars à seulement 9,4 millions de dinars, soit une diminution de 71 millions de dinars ou 88,3 %.

La baisse des intérêts reçus par la banque a été beaucoup plus importante que la réduction des intérêts versés. Le coût des ressources demeure ainsi élevé par rapport aux revenus d’intérêts générés par ses emplois.

Attijari Bank enregistre la deuxième plus forte contraction en valeur. Sa marge nette d’intérêt diminue de 35,9 millions de dinars, soit 22,3 %, pour revenir à 125 millions de dinars.

La BIAT affiche une baisse de 27,1 millions de dinars, soit 9,5 %, tandis que la marge de la BNA recule de 20,9 millions de dinars, soit 24,9 %.

La BH Bank enregistre une contraction de 10,5 millions de dinars et Amen Bank une baisse de 3,4 millions de dinars.

À l’inverse, la Banque de Tunisie se démarque nettement. Sa marge nette d’intérêt progresse de 26 millions de dinars, soit 18,5 %, pour atteindre 166,7 millions de dinars.

Cette amélioration résulte simultanément d’une progression des intérêts reçus et d’une baisse des intérêts versés. La Banque de Tunisie est donc parvenue à améliorer les deux côtés de sa marge d’intermédiation.

Wifak International Bank enregistre la meilleure progression relative, avec une hausse de 23,6 %. L’UIB affiche une augmentation de 2,8 % et la BTE de 13,6 %.

Les commissions apportent peu de croissance supplémentaire

La marge cumulée sur commissions des banques cotées s’est élevée à 688,2 millions de dinars, contre 680,6 millions de dinars un an auparavant. La progression se limite à 7,6 millions de dinars, soit 1,1 %.

La marge sur commissions a donc apporté une contribution positive au PNB, mais son incidence demeure faible par rapport à celle des revenus du portefeuille.

La BIAT réalise la plus forte progression en valeur, avec une hausse de 10,4 millions de dinars, soit 7,7 %. Sa marge sur commissions atteint 144,9 millions de dinars, ce qui lui permet de renforcer sa première place sur cette composante.

UBCI enregistre une augmentation de 2 millions de dinars, soit 6,5 %. Amen Bank progresse de 1,9 million de dinars, la BH Bank de 1,5 million et Wifak International Bank de 1,5 million.

À l’inverse, la BNA affiche la plus forte baisse, de 3,8 millions de dinars, soit 4,5 %. Attijari Bank recule de 2,4 millions de dinars, la STB de 1,7 million et l’ATB de 1,4 million.

Pour l’ensemble du secteur, les commissions restent ainsi une source relativement stable de revenus, mais elles ne constituent pas le moteur de l’amélioration du PNB.

Les revenus du portefeuille augmentent de plus de 300 millions de dinars.

Les revenus du portefeuille-titres et des opérations de marché se sont élevés à 1,941 milliard de dinars au premier semestre 2026, contre 1,639 milliard de dinars au premier semestre 2025. Ils progressent de 301,7 millions de dinars, soit 18,4 %.

Cette hausse est supérieure à la progression totale du PNB, qui atteint 177 millions de dinars. Elle a donc non seulement généré toute la croissance du PNB, mais également compensé la baisse de la marge d’intérêt.

Attijari Bank enregistre la plus forte augmentation en valeur, avec une hausse de 56,6 millions de dinars, soit 43,9 %.

Amen Bank arrive juste derrière, avec 55,9 millions de dinars supplémentaires et une croissance de 32,2 %.

La BNA augmente ses revenus du portefeuille de 46,8 millions de dinars, soit 12,7 %. La STB affiche une progression de 36,1 millions de dinars, la BIAT de 31,3 millions et la BH Bank de 22,3 millions.

UBCI enregistre une hausse de 16,9 millions de dinars, soit 34,5 %. L’ATB et l’UIB progressent respectivement de 20,8 % et de 26,8 %.

La BTE affiche la plus forte croissance relative du secteur, avec une progression de 56,1 %, mais sur un montant plus faible. Wifak International Bank enregistre une hausse de 32 %, tandis que la Banque de Tunisie affiche la progression la plus modérée, à 6,4 %.

Aucune banque cotée n’enregistre de baisse de ses revenus du portefeuille au premier semestre 2026.

Cette progression généralisée confirme que les placements financiers ont constitué le principal levier de croissance des revenus bancaires.

Le portefeuille explique à lui seul 171 % de la hausse du PNB

La décomposition de la variation du PNB permet de mesurer précisément l’importance de chaque source de revenus.

Entre le premier semestre 2025 et le premier semestre 2026 :

  • la marge nette d’intérêt a diminué de 132,4 millions de dinars ;
  • la marge sur commissions a augmenté de 7,6 millions de dinars ;
  • les revenus du portefeuille ont progressé de 301,7 millions de dinars.

La somme de ces évolutions explique la hausse de 177 millions de dinars du PNB.

Les revenus du portefeuille ont donc représenté environ 171 % de la croissance nette du PNB. Ce taux supérieur à 100 % signifie qu’ils ont dû compenser les contributions négatives des autres composantes, principalement celle de la marge d’intérêt.

La marge nette d’intérêt a retranché l’équivalent de près de 75 % de la hausse potentielle du PNB, tandis que les commissions ont contribué pour environ 4 %.

À Amen Bank, la progression de 54,4 millions de dinars du PNB provient d’une augmentation de 55,9 millions des revenus du portefeuille et de 1,9 million de la marge sur commissions, partiellement réduite par une baisse de 3,4 millions de la marge d’intérêt.

Le même schéma est observé chez Attijari Bank. La hausse de 56,6 millions de dinars des revenus du portefeuille a compensé une contraction cumulée de 38,3 millions de dinars de la marge d’intérêt et des commissions.

À la BNA, la progression de 46,8 millions de dinars des revenus du portefeuille a permis d’absorber une baisse de 20,9 millions de la marge d’intérêt et de 3,8 millions de la marge sur commissions.

La STB constitue le cas le plus extrême. Ses revenus du portefeuille ont progressé de 36,1 millions de dinars, mais cette augmentation n’a pas suffi à compenser la chute de 71 millions de dinars de sa marge d’intérêt. Son PNB a donc diminué de 36,6 millions de dinars.

À l’opposé, la Banque de Tunisie est la seule grande banque dont la croissance du PNB repose principalement sur la marge d’intérêt. Sur les 30,9 millions de dinars de PNB supplémentaire, 26 millions proviennent de la marge nette d’intérêt.

Les revenus du portefeuille représentent désormais plus de la moitié du PNB.

La recomposition du PNB apparaît également dans le poids relatif de chaque composante.

Au premier semestre 2026, la marge nette d’intérêt ne représente plus que 30,6 % du PNB cumulé des banques cotées, contre 35,7 % au premier semestre 2025. Sa part diminue ainsi de 5,2 points de pourcentage en un an.

La marge sur commissions représente 18,2 % du PNB, contre 18,9 % un an auparavant. Son poids baisse légèrement de 0,7 point.

Les revenus du portefeuille atteignent désormais 51,3 % du PNB sectoriel, contre 45,4 % au premier semestre 2025, soit une progression de 5,8 points.

Plus de la moitié du PNB des banques cotées provient donc désormais des revenus de portefeuille et des opérations de marché.

Cette structure montre que le modèle de revenu du secteur bancaire coté est devenu majoritairement dépendant des placements financiers plutôt que de la marge traditionnelle entre les intérêts reçus et les intérêts versés.

La STB et la BNA sont les plus dépendantes des revenus du portefeuille

Les différences entre les banques sont très importantes.

À la STB, les revenus du portefeuille représentent 78,7 % du PNB au premier semestre 2026, contre 60,2 % un an auparavant. Leur poids augmente de 18,5 points.

La marge nette d’intérêt ne représente plus que 3 % du PNB de la banque. La structure de ses revenus est ainsi devenue extrêmement dépendante du portefeuille-titres.

La BNA présente également une forte concentration. Les revenus du portefeuille représentent 74,4 % de son PNB, contre 68,7 % un an auparavant.

Amen Bank se situe à 63,4 %, soit une progression de près de sept points. La BTE atteint 52,6 %, la BH Bank 51,9 % et la BIAT 49,8 %.

Attijari Bank enregistre l’une des transformations les plus fortes. Le poids des revenus du portefeuille dans son PNB passe de 36,2 % à 49,5 %, soit une augmentation de 13,3 points.

À l’inverse, les revenus du portefeuille ne représentent que 18,4 % du PNB de l’UIB et 28,9 % de celui de la Banque de Tunisie.

Wifak International Bank demeure un cas particulier. Les revenus du portefeuille ne représentent que 3,1 % de son PNB, tandis que la marge nette d’intérêt en constitue près de 69,8 %.

Wifak, Banque de Tunisie et UIB conservent le poids de marge d’intérêt le plus élevé.

Wifak International Bank affiche la plus forte contribution de la marge nette d’intérêt au PNB, à 69,8 %. Cette proportion progresse encore de 2,1 points par rapport au premier semestre 2025.

La Banque de Tunisie arrive en deuxième position, avec une marge d’intérêt représentant 57,1 % du PNB, contre 53,9 % un an auparavant.

L’UIB se situe à 53,5 %, suivie par UBCI à 49 % et l’ATB à 45,7 %.

Ces banques conservent ainsi une structure de revenus plus proche du modèle traditionnel d’intermédiation bancaire, même si UBCI et l’ATB ont également enregistré une baisse du poids de leur marge d’intérêt.

La part de la marge d’intérêt diminue dans dix des douze établissements. Les seules exceptions sont la Banque de Tunisie et Wifak International Bank.

Les plus fortes baisses sont enregistrées par la STB, avec une contraction de près de 20 points, et par Attijari Bank, avec une baisse de 11,8 points.

L’UIB conserve la plus forte contribution des commissions

La marge sur commissions représente 18,2 % du PNB sectoriel. L’UIB se distingue avec un poids de 28,1 %, soit la proportion la plus élevée parmi les banques de taille significative. Wifak International Bank affiche un niveau proche, à 27,1 %, tandis que la BTE se situe à 25,3 %.

La BH Bank présente également un poids supérieur à la moyenne, à 20,3 %.

À l’inverse, la Banque de Tunisie et la BNA affichent les proportions les plus faibles, respectivement de 14 % et 14,3 %.

La STB est l’une des rares banques dont le poids des commissions dans le PNB progresse, passant de 16,9 % à 18,3 %. Cette hausse résulte toutefois davantage de la baisse de la marge d’intérêt que d’une progression des commissions elles-mêmes.

Une croissance du PNB soutenue par une source de revenus plus volatile

Les résultats du premier semestre 2026 témoignent d’une résistance globale du produit net bancaire des banques cotées. Malgré la faiblesse de la marge d’intérêt, le secteur parvient à augmenter son PNB de près de 5 %.

Cette performance repose toutefois sur une profonde modification de la structure des revenus.

La marge nette d’intérêt, qui constituait historiquement le cœur du modèle bancaire, recule de plus de 10 %. Les commissions restent pratiquement stables. Toute la croissance provient donc des revenus du portefeuille-titres et des opérations de marché.

Cette évolution est cohérente avec les choix d’allocation observés au bilan. Les banques ont fortement augmenté leurs portefeuilles de titres, alors que les crédits à la clientèle sont restés presque stables.

Les revenus financiers offrent ainsi une solution immédiate pour valoriser les liquidités collectées et soutenir le PNB. Ils peuvent également procurer des rendements attractifs, notamment dans un environnement de taux élevés.

Cette stratégie introduit néanmoins une dépendance croissante à une source de revenus potentiellement plus sensible aux conditions de marché, aux taux d’intérêt et aux besoins de financement de l’État.

Le secteur bancaire coté est ainsi parvenu à préserver la croissance de son PNB, mais cette croissance ne traduit pas une accélération de l’intermédiation classique. Elle repose avant tout sur le portefeuille-titres.

Le premier semestre 2026 consacre donc un changement majeur : pour les banques cotées, les revenus du portefeuille ne constituent plus un simple complément à la marge d’intérêt. Ils sont devenus la première composante du produit net bancaire et le principal moteur de sa croissance.

0 Connectez-vous pour aimer et mettre en favori.

Commentaires (0)

Connectez-vous pour commenter.