À fin septembre 2026, la Société Tunisienne de Banque (STB) affiche un produit net bancaire de 507,7 millions de dinars (MD), en retrait de 15,0 MD, soit -2,9 %, sur un an. Derrière cette quasi-stabilité se dessine une recomposition marquée des sources de revenus : la marge d'intérêt s'est contractée de près des deux tiers, tandis que les revenus du portefeuille titres représentent désormais près des trois quarts du PNB. Au bilan, la banque poursuit la collecte de dépôts et renforce son portefeuille d'investissement, dans un contexte de crédits stables.
Les emplois : des crédits stables, un portefeuille d'investissement en expansion
L'encours des crédits nets à la clientèle s'établit à 8 625,3 MD au 30 septembre 2026, contre 8 643,6 MD à fin décembre 2025, soit un léger repli de 18,3 MD (-0,2 %). Rapporté aux dépôts de la clientèle, cet encours représente 65,3 % à fin septembre 2026, contre 69,1 % à la clôture de l'exercice 2025, ce qui traduit une progression des ressources plus rapide que celle des emplois en crédits.
Le portefeuille titres, pris dans sa globalité, atteint 5 289,1 MD, en hausse de 403,4 MD (+8,3 %) par rapport à fin 2025. Cette évolution recouvre deux mouvements de sens opposés. Le portefeuille titres commercial, constitué des titres de transaction et de placement (trading book), recule à 28,7 MD, contre 100,9 MD à fin décembre 2025, soit une baisse de 72,2 MD (-71,5 %). À l'inverse, le portefeuille titres d'investissement (banking book) progresse de 475,5 MD (+9,9 %) pour s'établir à 5 260,4 MD. Il concentre ainsi 99,5 % du portefeuille total, contre 97,9 % à fin 2025, et équivaut à près de 61 % de l'encours des crédits nets à la clientèle.
Les ressources : une collecte soutenue, une structure de dépôts préservée
Les dépôts de la clientèle totalisent 13 209,1 MD au 30 septembre 2026, contre 12 508,1 MD à fin 2025, soit une progression de 701,0 MD (+5,6 %) en neuf mois.
Les dépôts à vue, ressource la moins coûteuse pour la banque, augmentent de 289,6 MD (+6,6 %) pour atteindre 4 670,6 MD. Leur poids dans le total des dépôts s'élève à 35,4 %, contre 35,0 % à fin 2025. Les dépôts d'épargne, ressource la plus stable et relativement moins onéreuse que les placements à terme, progressent de 221,2 MD (+4,4 %) à 5 214,5 MD. Ils demeurent la première composante des dépôts, avec une part de 39,5 %, en léger retrait par rapport aux 39,9 % de fin 2025. Par déduction, les dépôts à terme et autres dépôts, ressources les plus coûteuses, s'établissent à 3 324,1 MD, en hausse de 190,2 MD (+6,1 %), pour une part de 25,2 %, contre 25,1 % à fin 2025.
Au total, les ressources à faible coût (dépôts à vue et épargne) représentent 74,8 % des dépôts de la clientèle, une proportion quasiment inchangée par rapport à fin 2025 (75,0 %).
Les emprunts et ressources spéciales poursuivent leur décrue : ils s'établissent à 350,7 MD, contre 500,9 MD à fin 2025, soit une baisse de 150,2 MD (-30,0 %). Les capitaux propres, présentés hors résultat de la période, atteignent quant à eux 1 308,6 MD, en hausse de 31,0 MD (+2,4 %) par rapport à fin décembre 2025.
L'activité : des produits et des charges bancaires en repli
Les produits d'exploitation bancaire s'élèvent à 1 035,9 MD au 30 septembre 2026, contre 1 088,9 MD un an plus tôt, soit un recul de 53,1 MD (-4,9 %). Les charges d'exploitation bancaire reculent dans une proportion plus forte, de 38,1 MD (-6,7 %), à 528,2 MD. Il en résulte un produit net bancaire de 507,7 MD, en baisse de 15,0 MD (-2,9 %) par rapport aux 522,7 MD de fin septembre 2025.
Une recomposition profonde du PNB
L'analyse par composante révèle des évolutions contrastées. La marge d'intérêt s'établit à 40,0 MD, contre 113,9 MD un an plus tôt, soit une contraction de 73,9 MD (-64,9 %). Ce repli tient à la baisse des intérêts et revenus assimilés, en recul de 113,7 MD (-17,0 %) à 554,3 MD, plus marquée que celle des intérêts encourus, en retrait de 39,8 MD (-7,2 %) à 514,3 MD. Le poids de la marge d'intérêt dans le PNB chute ainsi à 7,9 %, contre 21,8 % à fin septembre 2025 et 20,7 % à fin décembre 2025.
La marge sur commissions fait preuve de résilience. Elle s'établit à 88,3 MD, contre 89,6 MD, soit un léger repli de 1,3 MD (-1,5 %), les commissions perçues progressant de 0,4 MD (+0,4 %) à 102,1 MD, tandis que les commissions encourues augmentent de 1,8 MD (+14,5 %) à 13,8 MD. Sa contribution au PNB s'élève à 17,4 %, contre 17,1 % un an plus tôt.
Les revenus du portefeuille titres et gains de change constituent le principal moteur de l'activité. Ils atteignent 379,4 MD, en hausse de 60,2 MD (+18,9 %) par rapport à fin septembre 2025. Leur poids dans le PNB grimpe à 74,7 %, contre 61,1 % à fin septembre 2025 et 62,2 % à fin décembre 2025.
En définitive, la progression des revenus du portefeuille (+60,2 MD) a absorbé l'essentiel du recul de la marge d'intérêt (-73,9 MD), la marge sur commissions n'ayant contribué qu'à hauteur de -1,3 MD à la baisse de 15,0 MD du PNB.
Des charges opératoires en hausse, tirées par la masse salariale
Les charges opératoires s'élèvent à 268,4 MD au 30 septembre 2026, contre 252,8 MD un an plus tôt, soit une hausse de 15,7 MD (+6,2 %). Cette évolution est portée par les frais de personnel, qui progressent de 24,2 MD (+13,6 %) à 202,1 MD, et représentent désormais 75,3 % des charges opératoires, contre 70,4 % un an auparavant. Les charges générales d'exploitation reculent en revanche de 8,6 MD (-11,4 %) pour s'établir à 66,3 MD. Les autres produits d'exploitation, de faible montant, atteignent 1,6 MD, en hausse de 0,1 MD (+6,6 %).
Conclusion
Au terme des neuf premiers mois de 2026, la STB présente un bilan en expansion, porté par une collecte de dépôts dynamique (+701,0 MD depuis fin 2025) à la structure peu coûteuse, et par le renforcement de son portefeuille d'investissement, dans un contexte de quasi-stabilité des crédits à la clientèle et de reflux des emprunts. Sur le plan de l'activité, le PNB ne cède que 2,9 %, mais sa composition s'est profondément modifiée : la marge d'intérêt ne pèse plus que 7,9 % du PNB, tandis que les revenus du portefeuille titres en assurent près des trois quarts. Conjuguée à une hausse de 6,2 % des charges opératoires, essentiellement salariales, cette évolution fait du rendement du portefeuille d'investissement et de la maîtrise des coûts les variables déterminantes pour le dernier trimestre de l'exercice.




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