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BOURSE

AMEN BANK accélère au premier semestre 2026 et porte sa marge brute à 35 %

AMEN BANK accélère au premier semestre 2026 et porte sa marge brute à 35 %

AMEN BANK a achevé le premier semestre 2026 sur une performance opérationnelle solide, caractérisée par une progression soutenue du produit net bancaire, une amélioration sensible de la productivité et un renforcement significatif de la collecte. La banque a également poursuivi le développement de ses emplois, avec une augmentation modérée des crédits nets à la clientèle et une croissance beaucoup plus marquée de son portefeuille de titres. L’évolution de la structure des revenus montre toutefois que la progression du PNB repose de plus en plus sur les revenus du portefeuille, alors que la marge d’intérêt s’est légèrement contractée.

Une progression modérée des crédits, accompagnée d’un renforcement du portefeuille de titres

Au 30 juin 2026, l’encours net des créances à la clientèle s’est établi à 7 573,8 millions de dinars, contre 7 537,8 millions de dinars à la clôture de l’exercice 2025. La progression ressort ainsi à 36,0 millions de dinars, soit 0,5 %. Cette évolution demeure relativement modérée sur les six premiers mois de l’année, même si, sur une base annuelle, la banque indique que ses crédits nets ont augmenté de 5,6 % par rapport à fin juin 2025.

Le portefeuille de titres a connu une évolution beaucoup plus soutenue. Son encours total a atteint 3 654,4 millions de dinars au 30 juin 2026, contre 3 284,5 millions de dinars à fin décembre 2025, soit une hausse de 369,9 millions de dinars ou 11,3 %.

Cette progression provient principalement du portefeuille de titres d’investissement, assimilable au banking book, dont l’encours est passé de 3 163,3 millions de dinars à 3 516,9 millions de dinars. L’augmentation atteint ainsi 353,6 millions de dinars, soit 11,2 %. Le portefeuille commercial, qui correspond aux titres de transaction ou trading book, a également progressé, passant de 121,2 millions de dinars à 137,5 millions de dinars, soit une hausse de 13,5 %.

La structure du portefeuille demeure très largement dominée par les titres d’investissement, qui représentent 96,2 % de l’encours total au 30 juin 2026. Les titres commerciaux n’en constituent que 3,8 %. Cette répartition confirme que les placements financiers d’AMEN BANK répondent essentiellement à une logique de détention à moyen et long terme plutôt qu’à une activité de négociation à court terme.

Une forte progression des dépôts, soutenue par les ressources les moins coûteuses

Les dépôts et avoirs de la clientèle ont atteint 9 332,1 millions de dinars au 30 juin 2026, contre 8 720,4 millions de dinars à fin 2025. La banque a ainsi renforcé sa collecte de 611,7 millions de dinars en six mois, ce qui correspond à une progression de 7,0 %.

Cette hausse est principalement portée par les dépôts à vue, qui sont passés de 2 501,0 millions de dinars à 2 926,0 millions de dinars. Leur progression atteint 425,0 millions de dinars, soit 17,0 %. Les dépôts à vue constituent généralement la ressource la moins coûteuse pour une banque. Leur croissance soutenue représente donc une évolution favorable, susceptible de réduire le coût moyen de la collecte et de soutenir la marge d’intermédiation.

Les comptes d’épargne ont, pour leur part, augmenté plus modérément. Ils se sont établis à 2 948,3 millions de dinars, contre 2 891,6 millions de dinars à fin 2025, soit une hausse de 56,7 millions de dinars ou 2,0 %. Ces ressources sont habituellement un peu plus onéreuses que les dépôts à vue, tout en demeurant moins coûteuses que les dépôts à terme.

Les dépôts à échéance et les autres sommes dues à la clientèle, qui ne sont pas directement détaillés dans les indicateurs publiés, peuvent être calculés par différence entre le total des dépôts et la somme des dépôts à vue et des comptes d’épargne. Leur encours ressort ainsi à 3 457,9 millions de dinars au 30 juin 2026, contre 3 327,8 millions de dinars à fin 2025. Ils ont donc progressé de 130,1 millions de dinars, soit 3,9 %.

Au 30 juin 2026, les dépôts à vue représentent 31,4 % du total de la collecte, tandis que les comptes d’épargne en constituent 31,6 %. Les dépôts à échéance et les autres sommes dues à la clientèle conservent le poids le plus important, avec 37,1 % des dépôts. Cette dernière catégorie demeure généralement la plus onéreuse pour la banque. Néanmoins, l’essentiel de l’augmentation de la collecte au cours du semestre provient des dépôts à vue, ce qui traduit une amélioration qualitative de la structure des ressources.

Les emprunts et ressources spéciales sont restés pratiquement stables. Leur encours s’est élevé à 709,4 millions de dinars au 30 juin 2026, contre 709,9 millions de dinars à fin décembre 2025, soit une légère diminution de 0,5 million de dinars. Cette stabilité montre que la croissance des emplois a principalement été financée par la collecte auprès de la clientèle plutôt que par un recours supplémentaire aux ressources longues externes.

Les capitaux propres hors résultat de la période se sont également maintenus à un niveau quasiment inchangé, à 1 581,6 millions de dinars, contre 1 581,7 millions de dinars à fin 2025.

Une croissance du PNB alimentée par la hausse des revenus et la baisse du coût des ressources

Les produits d’exploitation bancaire ont atteint 670,5 millions de dinars au premier semestre 2026, contre 628,7 millions de dinars au premier semestre 2025. Leur progression s’est ainsi élevée à 41,8 millions de dinars, soit 6,7 %.

Dans le même temps, les charges d’exploitation bancaire ont diminué de 320,6 millions de dinars à 308,1 millions de dinars. La baisse atteint 12,6 millions de dinars, soit 3,9 %. Cette évolution favorable traduit notamment une réduction des intérêts encourus et des charges assimilées, qui sont passés de 308,2 millions de dinars à 293,6 millions de dinars.

Grâce à la combinaison de la progression des produits et du recul des charges bancaires, le produit net bancaire s’est établi à 362,4 millions de dinars au 30 juin 2026, contre 308,0 millions de dinars un an auparavant. La hausse atteint ainsi 54,4 millions de dinars, soit 17,7 %. Le PNB correspond bien à la différence entre 670,5 millions de dinars de produits d’exploitation bancaire et 308,1 millions de dinars de charges d’exploitation bancaire.

Les revenus du portefeuille deviennent le principal moteur du PNB

L’analyse des différentes composantes du produit net bancaire fait apparaître une évolution contrastée. La marge d’intérêt, calculée par différence entre les intérêts et revenus assimilés et les intérêts encourus et charges assimilées, s’est établie à 67,9 millions de dinars au premier semestre 2026. Elle atteignait 71,3 millions de dinars au premier semestre 2025. Elle enregistre donc un recul de 3,4 millions de dinars, soit 4,8 %.

Cette baisse s’explique par le recul des intérêts et revenus assimilés, qui sont passés de 379,4 millions de dinars à 361,4 millions de dinars. La diminution du coût des ressources, matérialisée par la baisse des intérêts encourus, n’a pas suffi à compenser totalement la contraction des revenus d’intérêts.

La marge sur commissions a évolué plus favorablement. Les commissions perçues ont atteint 79,3 millions de dinars, tandis que les commissions encourues se sont élevées à 14,5 millions de dinars. La marge nette sur commissions ressort ainsi à 64,8 millions de dinars, contre 62,9 millions de dinars au premier semestre 2025, soit une progression de 3,0 %.

Le principal moteur de la croissance demeure toutefois les revenus du portefeuille, qui sont passés de 173,8 millions de dinars à 229,8 millions de dinars. Leur hausse atteint 55,9 millions de dinars, soit 32,2 %. À eux seuls, ces revenus expliquent plus que la totalité de la progression du PNB, puisqu’ils ont permis de compenser le recul de la marge d’intérêt.

Cette évolution modifie sensiblement la structure des revenus de la banque. La marge d’intérêt représentait 23,2 % du PNB au 30 juin 2025. Son poids est tombé à 18,7 % au 30 juin 2026. Sur l’ensemble de l’exercice 2025, elle représentait 24,6 % du PNB. La contribution de la marge d’intérêt est donc devenue sensiblement plus faible au cours du premier semestre 2026.

À l’inverse, les revenus du portefeuille représentaient 56,4 % du PNB au premier semestre 2025. Leur poids a progressé à 63,4 % au premier semestre 2026, contre 53,6 % sur l’ensemble de l’exercice 2025. Près des deux tiers du produit net bancaire d’AMEN BANK proviennent désormais des revenus du portefeuille de titres. Cette évolution soutient fortement la rentabilité à court terme, mais elle accroît également la dépendance des performances de la banque aux revenus générés par ses placements financiers.

Des charges opératoires maîtrisées par rapport à la progression des revenus

Les charges opératoires ont atteint 128,0 millions de dinars au premier semestre 2026, contre 118,0 millions de dinars au premier semestre 2025. Elles ont ainsi progressé de 10,0 millions de dinars, soit 8,5 %. Leur hausse demeure toutefois nettement inférieure à celle du produit net bancaire, qui a augmenté de 17,7 %.

Les frais de personnel se sont élevés à 91,1 millions de dinars, contre 84,4 millions de dinars un an auparavant, enregistrant une progression de 7,9 %. Les charges générales d’exploitation ont atteint 31,0 millions de dinars, contre 28,8 millions de dinars, soit une hausse de 7,8 %.

Les dotations aux amortissements des immobilisations, se sont élevées à  5,8 millions de dinars au premier semestre 2026, contre 4,8 millions de dinars au premier semestre 2025. Leur progression atteint ainsi 22,3 %.

Malgré cette hausse des dépenses, l’évolution plus rapide du PNB a permis une nette amélioration de la productivité. Le coefficient d’exploitation, calculé en rapportant les charges opératoires au produit net bancaire, s’est établi à 35,3 % au 30 juin 2026, contre 38,3 % au 30 juin 2025. Plus ce ratio est faible, meilleure est l’efficacité opérationnelle de la banque. AMEN BANK a ainsi amélioré son coefficient d’exploitation de près de trois points en un an. Sur l’ensemble de l’exercice 2025, ce ratio s’établissait à 41,1 %, ce qui souligne davantage encore la performance réalisée au cours du premier semestre 2026.

Une forte progression du résultat brut d’exploitation et de la marge brute

Le résultat brut d’exploitation, calculé avant coût du risque par différence entre le produit net bancaire et les charges opératoires, a atteint 234,4 millions de dinars au premier semestre 2026. Il s’élevait à 190,0 millions de dinars un an auparavant. La progression atteint ainsi 44,4 millions de dinars, soit 23,4 %.

Cette croissance, supérieure à celle du PNB, traduit l’effet positif de la maîtrise des charges opérationnelles. La banque a donc réussi à convertir une part plus importante de ses revenus bancaires en résultat avant impôt sur les sociétés (IS) et coût du risque.

Le taux de marge brute, calculé en rapportant le résultat brut d’exploitation aux produits d’exploitation bancaire, s’est établi à 35,0 % au 30 juin 2026. Il était de 30,2 % au 30 juin 2025 et de 28,1 % sur l’ensemble de l’exercice 2025. L’amélioration atteint ainsi près de cinq points par rapport au premier semestre 2025 et près de sept points par rapport à l’ensemble de l’exercice précédent.

Cette progression montre que la hausse des produits d’exploitation bancaire et la baisse des charges bancaires ont eu un effet favorable sur la capacité de la banque à générer un résultat opérationnel avant prise en compte du coût du risque.

Un semestre également marqué par plusieurs initiatives stratégiques

Au-delà de ses réalisations financières, AMEN BANK a poursuivi sa transformation technologique en lançant AMEN Pay’App. Cette solution de paiement électronique de type SoftPOS permet de transformer un smartphone Android compatible NFC en terminal de paiement sans contact. Elle offre ainsi aux commerçants et aux professionnels une solution d’encaissement mobile, sans recours obligatoire à un terminal de paiement traditionnel.

La banque a également été désignée « Meilleure Banque Verte en Tunisie 2026 » par Global Banking and Finance Review, pour la troisième année consécutive. Cette distinction met en avant les efforts engagés par AMEN BANK pour développer des solutions de financement adaptées aux enjeux environnementaux et accompagner ses clients dans leurs démarches de durabilité.

Le premier semestre a par ailleurs été marqué par l’arrangement d’un financement bancaire syndiqué de 160 millions de dinars au profit d’Enda Tamweel. AMEN BANK a coordonné cette opération en partenariat avec la BIAT, l’ATB et la BTK. Le financement doit permettre à Enda Tamweel de renforcer ses capacités d’intervention dans le domaine de la microfinance et de soutenir l’inclusion financière, notamment auprès des jeunes, des femmes et des populations des régions défavorisées.

Conclusion

AMEN BANK a réalisé un premier semestre 2026 solide, marqué par une forte progression de son produit net bancaire et une nette amélioration de son efficacité opérationnelle. La banque a bénéficié simultanément de la hausse des produits d’exploitation bancaire, de la baisse du coût de ses ressources et de la forte croissance des revenus de son portefeuille de titres.

La progression des dépôts constitue également un point favorable, d’autant plus qu’elle a été largement portée par les dépôts à vue, qui représentent la ressource la moins coûteuse. Cette évolution contribue à améliorer la structure de financement de la banque et limite son recours à des ressources longues supplémentaires.

La principale évolution à surveiller concerne néanmoins la structure du produit net bancaire. La contribution de la marge d’intérêt a diminué, tandis que celle des revenus du portefeuille a fortement augmenté pour dépasser 63 % du PNB. Cette configuration a largement soutenu les performances du semestre, mais elle traduit une dépendance croissante aux revenus issus des placements financiers.

Dans l’ensemble, AMEN BANK aborde la seconde moitié de l’exercice 2026 avec une rentabilité opérationnelle renforcée, un coefficient d’exploitation en nette amélioration et une base de dépôts en forte progression. La performance finale de l’exercice dépendra toutefois de la capacité de la banque à maintenir cette dynamique tout en maîtrisant le coût du risque, qui n’est pas présenté dans les indicateurs d’activité trimestriels.

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