La Banque Internationale Arabe de Tunisie (BIAT) a clôturé le premier semestre 2026 sur des réalisations globalement positives, confirmant la solidité de son modèle économique et sa capacité à poursuivre le développement de son activité dans un environnement toujours exigeant. La banque a continué d'accroître ses ressources clientèle, de renforcer ses emplois et d'améliorer son produit net bancaire. En revanche, la hausse des charges d'exploitation, plus rapide que celle des revenus, a légèrement pesé sur la rentabilité opérationnelle.
Une progression modérée des crédits et un renforcement marqué du portefeuille de titres
Au 30 juin 2026, l'encours net des créances à la clientèle s'est établi à 13 203,5 millions de dinars, contre 13 045,4 millions à la clôture de l'exercice 2025, soit une progression limitée de 1,2 %. Cette évolution traduit une croissance prudente de l'activité de financement.
Le portefeuille de titres affiche en revanche une progression beaucoup plus soutenue. Son encours global atteint 7 790,9 millions de dinars, contre 7 084,4 millions à fin 2025, en hausse de 10,0 %.
Cette progression provient presque exclusivement du portefeuille d'investissement (Banking Book), qui représente désormais 7 781,9 millions de dinars, contre 7 080,1 millions six mois auparavant, soit une augmentation de 9,9 %. Le portefeuille commercial (Trading Book) demeure marginal avec 9,0 millions de dinars, contre 4,3 millions à fin 2025.
Cette structure confirme que la BIAT privilégie largement une stratégie de détention à moyen et long terme de ses actifs financiers plutôt qu'une activité de négociation.
Les dépôts poursuivent leur progression avec une structure toujours très favorable
Les ressources clientèle continuent d'être le principal moteur du bilan.
Les dépôts de la clientèle atteignent 23 022,1 millions de dinars au 30 juin 2026 contre 22 291,0 millions à fin 2025, soit une progression de 3,3 %.
Les dépôts à vue demeurent la première composante des ressources avec 10 740,5 millions de dinars, en légère hausse de 0,6 % par rapport à fin 2025. Ils représentent désormais 46,7 % des dépôts totaux. Cette catégorie constitue la ressource la moins coûteuse pour une banque et contribue directement à préserver les marges.
Les comptes d'épargne poursuivent leur progression plus soutenue pour atteindre 5 919,5 millions de dinars, contre 5 742,2 millions à fin 2025, soit une augmentation de 3,1 %. Leur poids représente 25,7 % des dépôts.
Par différence, les dépôts à échéance et autres sommes dues à la clientèle ressortent à 6 362,1 millions de dinars, contre 5 874,8 millions à fin 2025, en progression de 8,3 %. Ils représentent désormais 27,6 % des ressources clientèle.
Une forte hausse des emprunts subordonnés
Les emprunts et ressources spéciales s'établissent à 1 203,6 millions de dinars, contre 958,1 millions à fin 2025, soit une progression de 25,6 %.
Cette hausse provient essentiellement des emprunts subordonnés, qui passent de 877,1 millions à 1 125,0 millions de dinars (+28,3 %), tandis que les ressources spéciales reculent légèrement à 78,6 millions de dinars.
Des revenus bancaires en progression grâce aux commissions et au portefeuille de titres
Les produits d'exploitation bancaires atteignent 1 270,3 millions de dinars, contre 1 242,5 millions un an auparavant, soit une progression de 2,2 %.
Dans le même temps, les charges d'exploitation bancaires augmentent de 2,9 %, passant de 454,4 millions à 467,6 millions de dinars.
Le produit net bancaire (PNB), qui représente la richesse créée par l'activité bancaire, ressort ainsi à 802,7 millions de dinars, contre 788,1 millions un an auparavant, soit une progression de 1,9 %.
Les commissions et le portefeuille compensent le recul de la marge d'intérêt
La marge d'intérêt, calculée par différence entre les intérêts perçus et les intérêts servis, s'établit à 258,4 millions de dinars, contre 285,5 millions un an auparavant, soit une baisse de 9,5 %.
À l'inverse, la marge sur commissions poursuit sa progression pour atteindre 144,9 millions de dinars, contre 134,5 millions, soit une hausse de 7,7 %.
Les revenus du portefeuille de titres progressent également de manière significative pour atteindre 399,5 millions de dinars, contre 368,2 millions, soit une croissance de 8,5 %.
Cette évolution traduit un changement dans la composition du PNB. La marge d'intérêt ne représente plus que 32,2 % du produit net bancaire au 30 juin 2026, contre 36,2 % au 30 juin 2025 et 35,5 % sur l'ensemble de l'exercice 2025.
À l'inverse, la contribution des revenus du portefeuille atteint désormais 49,8 % du PNB, contre 46,7 % un an auparavant et 46,5 % sur l'ensemble de l'exercice 2025.
Cette évolution confirme que la croissance des revenus de la BIAT repose davantage sur ses activités de portefeuille et de marché que sur son activité traditionnelle d'intermédiation.
Les charges d'exploitation progressent plus rapidement que les revenus
Les charges opératoires atteignent 372,3 millions de dinars, contre 354,6 millions au premier semestre 2025, soit une progression de 5,0 %.
Les frais de personnel augmentent de 8,5 % pour atteindre 221,5 millions de dinars. Les charges générales d'exploitation reculent légèrement de 1,7 %, à 124,7 millions de dinars. Les dotations aux amortissements des immobilisations ressortent à 26,1 millions de dinars, contre 23,6 millions un an auparavant.
Le coefficient d'exploitation, calculé en rapportant les charges d'exploitation au produit net bancaire, s'établit ainsi à 46,4 %, contre 45,0 % au 30 juin 2025. Cette légère hausse traduit une dégradation modérée de la productivité opérationnelle, les charges ayant progressé plus rapidement que les revenus.
Un résultat brut d'exploitation en léger recul
Le résultat brut d'exploitation, calculé par différence entre le produit net bancaire et les charges d'exploitation, ressort à 430,5 millions de dinars, contre 433,5 millions un an auparavant, soit un recul limité de 0,7 %.
Le taux de marge brute, calculé en rapportant le résultat brut d'exploitation aux produits d'exploitation bancaires, s'établit à 33,9 % au 30 juin 2026. Il ressortait à 34,9 % au 30 juin 2025 et à 34,9 % sur l'ensemble de l'exercice 2025.
Cette légère contraction traduit une pression croissante des coûts d'exploitation qui a neutralisé une partie des gains générés par la progression du produit net bancaire.
Conclusion
Au terme du premier semestre 2026, la BIAT confirme la robustesse de son activité commerciale avec une progression continue des dépôts, un renforcement de son portefeuille d'investissement et une amélioration de son produit net bancaire. La banque bénéficie également d'une diversification croissante de ses sources de revenus, les commissions et les revenus du portefeuille prenant une place de plus en plus importante dans la formation du PNB.
En revanche, le recul de la marge d'intérêt et l'accélération des charges d'exploitation limitent l'amélioration de la rentabilité opérationnelle. Malgré cette légère pression sur les marges, la BIAT conserve des fondamentaux particulièrement solides, soutenus par une base de dépôts abondante, une structure de financement favorable et un niveau élevé de fonds propres, qui lui permettent d'aborder la seconde moitié de l'exercice dans des conditions financières robustes.


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