PhosCo précise, dans un communiqué publié le 30 octobre 2026, que la subvention américaine destinée à accompagner le projet phosphatier Gasaat est attribuée à CrossBoundary et ne sera pas versée à l’entreprise. Le programme vise à attirer jusqu’à 100 millions de dollars d’investissements, mais aucun accord d’investissement, de financement ou d’achat de production n’a été conclu à ce titre.
Après l’annonce du lancement d’un programme américain d’accompagnement, PhosCo en précise la portée financière et commerciale. Dans sa communication officielle du 30 octobre à la Bourse australienne, la société indique que le département d’État américain a retenu CrossBoundary pour conduire un dispositif de mobilisation d’investisseurs et de partenaires autour de Gasaat, dans le bassin phosphatier du Nord tunisien.
Cette communication complète l’annonce de l’ambassade des États-Unis en Tunisie, présentée dans notre article « Phosphate tunisien : CrossBoundary entre dans le dispositif américain d’appui à PhosCo ». Elle confirme le passage à la mise en œuvre du programme, tout en distinguant les moyens consacrés à l’accompagnement des capitaux recherchés pour le projet.
Une subvention à CrossBoundary, sans versement à PhosCo
PhosCo annonce une subvention américaine d’environ 1,5 million de dollars accordée à CrossBoundary. Le communiqué rappelle que l’appel à projets initial prévoyait une enveloppe pouvant atteindre 1 536 511 dollars, destinée à un organisme tiers chargé de faciliter la mobilisation de capitaux privés américains.
La société précise qu’elle n’est pas partie à l’attribution de cette subvention et ne recevra aucun fonds au titre de celle-ci. Elle bénéficiera de l’accompagnement mis en place autour de son projet : recherche d’investisseurs, structuration de partenariats commerciaux et accès à des compétences techniques.
Cette distinction rejoint l’analyse publiée par Tera Finances le 17 août dans « Projet Gasaat : ce que prépare réellement l’appui américain de 1,536 million de dollars ». Nous soulignions alors que l’enveloppe devait préparer la mobilisation de capitaux privés, sans constituer un financement de la construction ou de l’exploitation de la mine.
Jusqu’à 100 millions de dollars recherchés, sans engagement acquis
Prévu sur deux ans, le programme vise, selon la formulation retenue par PhosCo, à attirer jusqu’à 100 millions de dollars d’investissements.
Ce montant reste un objectif. Le communiqué indique expressément que le dispositif ne constitue un engagement d’aucune partie à investir dans PhosCo, à la financer ou à acheter sa production. Aucun accord d’investissement, de financement ou d’achat de production n’a été conclu à la suite du programme, et son aboutissement à de telles transactions n’est pas garanti.
Toute opération éventuelle restera soumise aux vérifications préalables, aux négociations et aux approbations des parties concernées. L’annonce porte donc sur l’organisation d’une démarche de recherche de capitaux et de débouchés, sans établir de levée de fonds réalisée.
Trois axes de travail pour préparer les transactions
Le mandat de CrossBoundary s’articule autour de trois volets.
Le premier concerne la mobilisation de capitaux privés : identification et sélection d’investisseurs, mise en relation avec le projet, organisation de rencontres et préparation d’un espace documentaire permettant les vérifications financières, juridiques et techniques.
Le deuxième porte sur les partenariats commerciaux et les accords d’approvisionnement à long terme, avec un accompagnement juridique et commercial pour structurer d’éventuelles coentreprises et négocier les conditions d’achat de la future production.
Le troisième prévoit une évaluation technique et économique de la récupération éventuelle de sous-produits. PhosCo pourra également accéder à un consortium réuni par CrossBoundary, associant des compétences en ingénierie, en traitement du phosphate et en droit tunisien.
Un rôle américain dans la sélection des partenaires
Le communiqué précise que le gouvernement américain participera substantiellement à la mise en œuvre du programme, notamment en approuvant la sélection des investisseurs et des participants commerciaux.
Il prévoit aussi une coordination avec la Société américaine de financement du développement international (DFC) et d’autres institutions de financement du développement pour examiner des instruments de dette, de financement mixte et de réduction des risques. Cette coordination ne constitue toutefois pas l’annonce d’un financement accordé par la DFC à Gasaat.
PhosCo poursuivra parallèlement ses études techniques, ses travaux d’exploration et ses propres discussions avec des investisseurs et partenaires stratégiques. Pour Gasaat, la prochaine étape décisive sera la traduction de cet accompagnement en engagements financiers et commerciaux effectifs.



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