Le projet de budget de l’État pour 2027 se prépare sur une hypothèse de prix moyen du Brent comprise entre 75 et 80 dollars le baril. Selon un document du ministère des Finances consulté par l’agence TAP, ce cadrage associe une amélioration attendue de la conjoncture internationale à plusieurs objectifs internes : maîtrise du déficit, renforcement des ressources propres et accélération des investissements publics.
La Tunisie précise les hypothèses qui guideront la préparation de son budget pour 2027. Dans une dépêche publiée le 5 octobre 2026, l’agence Tunis Afrique Presse rapporte que le scénario élaboré par le ministère des Finances retient un prix moyen du pétrole brut Brent variant entre 75 et 80 dollars le baril. L’agence indique avoir obtenu une copie du document présentant les principales hypothèses et orientations du projet.
Cette fourchette constitue une référence de travail pour construire les prévisions budgétaires. Elle demeure, à ce stade, une hypothèse préparatoire : la dépêche précise que les services du ministère des Finances poursuivent l’élaboration du projet de loi de finances et du budget 2027, avant leur soumission au Conseil des ministres, puis au Parlement.
Le scénario international retenu repose sur une amélioration de la demande extérieure. La croissance mondiale atteindrait 3,4 % en 2027, contre 3 % attendus en 2026, tandis que celle de la zone euro passerait de 0,9 % à 1,2 %. L’inflation mondiale ralentirait à 3,9 %, selon les hypothèses rapportées par la TAP. Ces indicateurs concernent l’environnement extérieur sur lequel repose le cadrage ; ils ne correspondent pas aux prévisions de croissance et d’inflation de la Tunisie.
Pour les finances publiques, l’hypothèse pétrolière représente un paramètre important, mais elle ne suffit pas à déterminer la charge budgétaire de l’énergie. Celle-ci dépend également du taux de change, des volumes concernés et des mécanismes de prise en charge des coûts. La dépêche ne fournit ni l’enveloppe prévue pour la compensation énergétique ni une estimation de la sensibilité du budget aux variations du baril. Aucun montant d’économie ou de dépense supplémentaire ne peut donc être établi à partir de cette seule fourchette.
Sur le plan intérieur, le document du ministère des Finances met l’accent sur la poursuite de l’amélioration de la croissance, la stabilité du taux de change du dinar et la maîtrise de l’inflation. Il réaffirme également l’objectif d’honorer les engagements de l’État, notamment le remboursement de la dette publique aux échéances prévues.
Le financement du budget doit, parallèlement, accorder une place accrue aux ressources propres. Selon la TAP, les orientations prévoient de renforcer les recettes non fiscales et d’augmenter leur poids dans ces ressources, tout en poursuivant la digitalisation du système fiscal et financier. Aucun objectif chiffré de recettes ou de déficit pour 2027 n’est toutefois précisé dans la dépêche.
L’efficacité de l’investissement public constitue l’autre axe majeur de cette préparation. Le document insiste sur l’exécution des projets dans les délais, notamment dans les régions : aménagement de zones industrielles, renforcement des réseaux d’eau et d’électricité, développement des infrastructures et des services essentiels.
Ces orientations rejoignent celles exposées par la Présidence du gouvernement dans son communiqué consacré à l’examen du projet de budget 2027. La relance de l’investissement public et privé, l’amélioration du climat des affaires et les transitions énergétique et numérique y occupent une place centrale. La cheffe du gouvernement a également demandé de hiérarchiser les projets selon leur maturité, leur faisabilité financière et leur impact socio-économique.
Deuxième année de mise en œuvre du Plan de développement 2026-2030, l’exercice 2027 doit ainsi traduire les orientations stratégiques en réalisations concrètes. Selon la TAP, qui rappelle la circulaire de la cheffe du gouvernement n° 2 du 14 avril 2026, la préparation budgétaire recherche un équilibre entre soutenabilité financière et relance économique et sociale. Les documents détaillés du projet permettront de mesurer les moyens effectivement consacrés à ces ambitions.
Sources : TAP, dépêche du 5 octobre 2026 à 15 h 53, « Projet de budget de l’État 2027 : Poursuite de l’amélioration de la croissance économique et renforcement des recettes non fiscales » ; Présidence du gouvernement, communiqué consacré au projet de budget 2027.


Commentaires (0)
Connectez-vous pour commenter.