Tunis Stock Exchange
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Le projet de budget de l'État pour 2027 lève le voile sur l'un des défis macroéconomiques les plus pressants du pays : la charge de la compensation. Avec une enveloppe globale des subventions fixée à 11 846 millions de dinars (contre 9 772 millions initialement prévus pour 2026), le soutien de l'État s'intensifie. Au cœur de cette dynamique, l'énergie s'arroge la part du lion. Près de 59,9 % de ce budget (contre 51,1 % dans la loi de finances 2026) seront engloutis par la compensation des hydrocarbures et de l'électricité, totalisant un montant vertigineux de 7 090 millions de dinars. Des hypothèses 2027 sous le signe de l'équilibrisme Pour modéliser cette enveloppe de 7 090 millions de dinars — un niveau qui s'approche de la facture ex-post enregistrée en 2025 (7 112 millions de dinars) —, les concepteurs du budget se sont appuyés sur un triptyque d'hypothèses : Un baril de Brent à 80 dollars, marquant un saut de réalisme par rapport aux 63 dollars espérés au démarrage de 2026. Une stabilité de la parité du dinar face au dollar, bien que le seuil de change ne soit pas explicitement chiffré. Une croissance de 2 % de la demande nationale en produits pétroliers et en électricité. Une cartographie sociale du soutien énergétique Au-delà des agrégats macroéconomiques, le document budgétaire illustre l'effort de l'État pour amortir le coût de la vie. En 2027, le taux moyen de subvention par rapport au coût réel s’établira à 29 % pour l’ensemble des produits pétroliers, en légère hausse par rapport aux 27 % de 2026. Ce bouclier tarifaire, conçu pour protéger l'ensemble des catégories sociales et particulièrement les ménages à revenus faibles et moyens, se déploie de manière très ciblée selon les usages : Le spectre de 2026 : un dérapage budgétaire inévitable Si l'horizon 2027 semble défini, c'est l'exercice en cours qui concentre toutes les inquiétudes. L'hypothèse initiale de 2026, bâtie sur un baril à 63 dollars pour une enveloppe énergétique de 4 993 millions de dinars, a volé en éclats face à la réalité des marchés. À fin août 2026, le taux d’exécution des dépenses de subventions globales s’élevait déjà à 4 496 millions de dinars (soit 46 % de l'enveloppe annuelle budgétisée, marquant une hausse de 6 % par rapport à la même période en 2025). Le véritable choc est attendu pour la fin d'année. Si le Brent termine 2026 sur une moyenne de 88,1 dollars — nécessitant virtuellement un retour et un maintien des cours à 80 dollars jusqu'en décembre —, la règle de sensibilité marginale de l'État est implacable. Avec un coût additionnel de 164 millions de dinars pour chaque dollar de hausse, ce différentiel de 24,8 dollars propulsera le besoin de financement énergétique à au moins 9 054 millions de dinars (soit une rallonge massive de 4 060 millions de dinars). Par effet domino, toutes choses étant égales par ailleurs, l’enveloppe totale de la compensation pour 2026 devrait crever le plafond pour s’établir à 13 833,1 millions de dinars, pulvérisant les 9 772 millions prévus dans la loi de finances initiale. Le scénario du pire : Et si le baril s'emballait ? L'élaboration du budget 2027 sur une moyenne de 80 dollars le baril ressemble à un pari audacieux alors que les cours actuels naviguent au-dessus de la barre des 100 dollars, s'aventurant même vers les 110 dollars lors des récentes poussées de fièvre. Si ce scénario de tension extrême venait à se cristalliser en une moyenne annuelle de 110 dollars en 2027, le surcoût mécanique pour les finances publiques serait dramatique : une enveloppe additionnelle estimée à 4 920 millions de dinars viendrait s'ajouter au budget initial. Une perspective qui rappelle que face à la volatilité des marchés pétroliers mondiaux, la marge de manœuvre budgétaire reste extrêmement étroite.
La société a profité au cours des neuf premiers mois de 2026 d’un effet de levier opérationnel vertueux, marqué par une hausse du produit net de 12,5 % conjuguée à une évolution des charges d’exploitation maîtrisée à 1,8 %. Le résultat brut d’exploitation rebondit ainsi de 20,3 % pour s'établir à 45,6 millions de dinars. Par conséquent, le taux de marge brute gagne 4 points de pourcentage additionnels, culminant à 42,9 %. Dynamique commerciale et expansion des activités Sur les neuf premiers mois de l’année 2026, Tunisie Leasing & Factoring démontre une vigueur commerciale soutenue, illustrée par la progression de l'ensemble de ses indicateurs de production. Le montant total des approbations a atteint 520,7 millions de dinars au 30 septembre 2026, marquant une progression de 5,9 % par rapport aux 491,6 millions de dinars enregistrés sur la même période en 2025. Cette accélération se traduit logiquement par une hausse des concrétisations : le montant total des mises en force s’établit à 388,3 millions de dinars, en croissance de 3,2 % face aux 376,1 millions de dinars cumulés à fin septembre de l'année précédente. Bien que la répartition sectorielle soit diversifiée, l'essentiel des volumes d'approbation et de décaissement reste porté par les secteurs des services et du commerce ainsi que du tourisme (principalement location de voiture). Solidité et Maîtrise des Engagements La croissance de l'activité s'accompagne d'une consolidation notable des actifs portés au bilan. L’encours financier du leasing s’établit à 913,2 millions de dinars au 30 septembre 2026, affichant une progression de 3,4 % par rapport aux 883,0 millions de dinars clôturés à la fin de l’exercice 2025. Parallèlement, l’encours financier de l'activité factoring croît de 2,8 % pour atteindre 123,7 millions de dinars, contre 120,4 millions de dinars au 31 décembre 2025. L'analyse de la qualité du portefeuille révèle une dynamique contrastée selon les métiers depuis le début de l'année. Le total des engagements liés au leasing s'élève à 1 013,7 millions de dinars (+3,4 %), se décomposant en 931,4 millions de dinars d'engagements courants (+3,4 %) et 82,3 millions de dinars d'engagements classés. Le taux des engagements classés sur cette activité ressort ainsi à 8,12 % contre 8,11% fin 2025. Comparativement à la clôture de l'exercice 2025, le volume absolu de ces engagements classés leasing s'inscrit en légère hausse de 3,5 %. Du côté du factoring, la maîtrise du risque est en revanche probante : le total des engagements atteint 130,1 millions de dinars (+0,5 %), dont 125,1 millions de dinars courants (+0,9 %) et 5,0 millions de dinars classés. Le taux d'engagements classés factoring recule de 4,20 % fin 2025 à 3,84 % au 30 septembre 2026, marquant une réduction de 8,2 % du volume de ces créances litigieuses par rapport au 31 décembre 2025. Performances financières et efficacité opérationnelle La dynamique commerciale se répercute très favorablement sur les niveaux de rentabilité. Les revenus nets (regroupant les revenus du leasing et du factoring) ont progressé de 9,2 % pour s’établir à 106,3 millions de dinars sur les neuf premiers mois de 2026, contre 97,3 millions de dinars une année auparavant. Après intégration des produits de placements et déduction des charges d'intérêts et commissions, le produit net fait un bond de 12,5 % pour s'élever à 73,4 millions de dinars, contre 65,2 millions de dinars à fin septembre 2025. Cette forte appréciation des revenus s'associe à une maîtrise structurelle des coûts. Les charges d’exploitation, qui s'élèvent à 27,8 millions de dinars, n'ont connu qu'une hausse marginale de 1,8 % par rapport aux 27,4 millions de dinars supportés lors des trois premiers trimestres de 2025. Cette évolution asymétrique entre des produits en forte croissance et des charges stabilisées se traduit par une excellente optimisation du coefficient d’exploitation. Ce ratio mesurant la productivité s’améliore significativement, passant de 41,9 % au 30 septembre 2025 à un niveau performant de 37,9 % au 30 septembre 2026. Le résultat brut d’exploitation (RBE), calculé avant le coût du risque, confirme cette trajectoire vertueuse : il atteint 45,6 millions de dinars (contre 37,9 millions un an plus tôt), soit un saut de 20,3 %. Par conséquent, le taux de marge brute (calculé par rapport aux revenus nets) s'apprécie nettement pour atteindre 42,9 % sur ces neuf premiers mois de 2026, témoignant d'une création de valeur supérieure comparativement aux 38,9 % dégagés au 30 septembre 2025, et aux 36,5 % réalisés sur l'ensemble de l'exercice 2025. Structure financière et trésorerie Afin de soutenir le rythme de ses décaissements, l'établissement a logiquement recouru à des financements externes. Les ressources d'emprunts (dette financière brute) atteignent 693,7 millions de dinars au 30 septembre 2026, en augmentation par rapport aux 638,2 millions de dinars affichés au 31 décembre 2025. Dans le même temps, les capitaux propres se sont renforcés pour s'établir à 221,2 millions de dinars, contre 204,3 millions de dinars en fin d'année 2025. L'évaluation du levier financier par le taux d'endettement (Gearing) illustre une structure de capital maîtrisée malgré la croissance. Le ratio s'établit à 3,14x au 30 septembre 2026, un niveau comparable aux 3,12x constatés en fin d'exercice 2025 et très légèrement supérieur aux 3,06x observés à la clôture du troisième trimestre 2025. Enfin, l’optimisation des flux financiers a permis de générer un matelas de liquidité confortable, la trésorerie nette clôturant à 7,3 millions de dinars à fin septembre 2026, marquant une nette amélioration face aux 4,8 millions de dinars disponibles au terme de l'exercice 2025. Au terme de ces neuf premiers mois de l’année 2026, Tunisie Leasing & Factoring affiche des réalisations très robustes, caractérisées par une expansion de ses volumes de financements et une amélioration continue de sa rentabilité opérationnelle. La contraction de ses engagements classés factoring, couplée à une excellente optimisation de son coefficient d'exploitation, démontre que la stratégie de croissance n'a pas altéré la sélectivité des risques, garantissant à l'institution une structure financière solide pour poursuivre son développement.
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