Tunis Stock Exchange
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Après avoir culminé à près de 5 595 dollars l’once le 29 janvier 2026, l’or a subi une correction particulièrement brutale, revenant sous la barre des 4 000 dollars au début de l’été. Le métal jaune vient toutefois de rebondir vers 4 340 dollars, porté par la baisse du dollar, le recul des anticipations de hausse des taux américains et le retour des achats défensifs. Cette reprise reste néanmoins insuffisante pour effacer la tendance baissière engagée depuis le sommet de janvier. Après une ascension spectaculaire en 2025 et au début de 2026, le marché de l’or a connu un profond retournement. Le cours spot a atteint un sommet intrajournalier historique de 5 595,47 dollars l’once le 29 janvier 2026, avant d’entrer dans une phase de correction prolongée. Le mouvement baissier a ramené le métal jaune à 3 959,33 dollars le 24 juin, selon les données reprises par le World Gold Council. Le cours est ensuite revenu à plusieurs reprises au voisinage de 4 000 dollars, passant notamment sous ce seuil à la mi-juillet. Entre le sommet de janvier et son point bas, l’or a ainsi abandonné environ 29 % de sa valeur. La baisse n’efface toutefois pas entièrement le parcours antérieur du métal précieux. Malgré cette correction, l’or demeure nettement supérieur à ses niveaux de l’été 2025. Le mouvement observé depuis janvier doit donc être interprété à la fois comme une correction cyclique sévère et comme une phase de consolidation au sein d’une tendance de plus long terme qui reste encore favorable. Un sommet devenu difficile à soutenir Le pic de janvier avait été alimenté par une combinaison exceptionnellement favorable : recherche de valeurs refuges, tensions géopolitiques, défiance envers le dollar, achats des banques centrales et importants flux d’investissement vers les produits adossés à l’or. Cette accélération avait toutefois conduit les cours à des niveaux très élevés en un temps relativement court. Les prises de bénéfices sont devenues inévitables dès que l’environnement monétaire a commencé à évoluer. Le principal facteur de la correction a été la révision des anticipations concernant la politique de la Réserve fédérale américaine. Les investisseurs ont progressivement repoussé l’hypothèse d’un assouplissement monétaire et ont commencé à envisager le maintien de taux élevés, voire de nouvelles hausses. Cette évolution a soutenu le dollar et les rendements obligataires américains. Or, contrairement aux obligations, l’or ne verse aucun intérêt. Lorsque les taux réels progressent, le coût d’opportunité de sa détention augmente, ce qui tend à réduire son attractivité. Les sorties des ETF ont amplifié la correction. La baisse a également été alimentée par les retraits enregistrés sur les fonds indiciels adossés à l’or. En juin, les ETF aurifères mondiaux ont subi des sorties nettes de 8,9 milliards de dollars, correspondant à une diminution de 74 tonnes de leurs avoirs. Les désengagements ont concerné toutes les grandes régions, avec 5,5 milliards de dollars de sorties en Amérique du Nord. Ce mouvement a renforcé la pression vendeuse au moment où le marché testait la zone psychologique des 4 000 dollars. Les prix records ont parallèlement pesé sur la demande de joaillerie. Même si les achats de lingots et de pièces sont restés relativement soutenus, une partie de la demande physique a attendu une correction plus profonde avant de revenir sur le marché. Un rebond marqué au début du mois d’août Après plusieurs semaines de stabilisation autour de 4 000 dollars, l’or a amorcé une reprise rapide. Selon les données de marché du 7 août, son cours spot a atteint environ 4 340 dollars l’once, contre 4 053 dollars le 3 août. Il a ainsi progressé de près de 7,1 % entre ces deux niveaux. La hausse du 7 août a dépassé 2 %, portant le métal jaune à son plus haut niveau depuis environ sept semaines. La reprise depuis le point bas de juin atteint désormais près de 10 %. Ce rebond a été déclenché par des statistiques américaines de l’emploi plus faibles que prévu. Le recul inattendu de l’emploi non agricole en juillet a diminué la probabilité d’une prochaine hausse des taux de la Fed. Cette révision des anticipations a pesé sur le dollar et les rendements obligataires, recréant un environnement plus favorable à l’or. Le retour des investisseurs vers les ETF constitue un autre signal encourageant. En juillet, ces produits ont enregistré environ 3 milliards de dollars d’entrées nettes et leurs avoirs ont augmenté de 23 tonnes, à 4 068 tonnes. Les fonds européens ont été les principaux moteurs de cette reprise. Les achats des banques centrales continuent également d’offrir un soutien structurel. La Banque populaire de Chine a notamment accru ses réserves d’or en juillet pour le cinquième mois consécutif, avec sa plus forte acquisition mensuelle depuis octobre 2023. Le rebond doit encore être confirmé. D’un point de vue technique, le retour au-dessus de 4 200 dollars améliore la configuration de court terme. La zone comprise entre 3 950 et 4 000 dollars apparaît désormais comme un support majeur : elle a contenu plusieurs tentatives de baisse depuis la fin juin. La poursuite du redressement dépendra cependant de la capacité du cours à franchir successivement plusieurs résistances : entre 4 350 et 4 400 dollars, correspondant à la première zone de blocage immédiate ; autour de 4 500 dollars, seuil psychologique et ancienne zone de consolidation ; entre 4 700 et 4 800 dollars, dont le dépassement donnerait davantage de crédibilité à un véritable retournement haussier. Tant que l’or demeure sous 4 500, puis sous 4 800 dollars, la hausse actuelle peut encore être considérée comme un rebond technique à l’intérieur de la tendance baissière engagée après le sommet de janvier. À l’inverse, une rechute sous 4 200 dollars fragiliserait rapidement cette amélioration. Un retour sous 4 000 dollars exposerait de nouveau le point bas proche de 3 960 dollars. Une tendance de fond encore soutenue La correction du premier semestre a montré que l’or n’est pas à l’abri de mouvements baissiers violents, même dans un environnement structurellement favorable. À court terme, sa trajectoire restera étroitement dépendante de la politique de la Fed, des rendements réels américains, du dollar et des tensions géopolitiques. À plus long terme, plusieurs facteurs continuent néanmoins de soutenir le métal jaune : diversification des réserves officielles, niveau élevé des dettes publiques*, recherche de protection contre les risques financiers et géopolitiques, ainsi que reprise récente des investissements dans les ETF. Le rebond d’août constitue donc un premier signal positif, mais pas encore la confirmation d’un nouveau cycle haussier. L’or a retrouvé de l’élan après avoir défendu la zone des 4 000 dollars, mais il reste encore environ 22 % en dessous de son record de janvier. La prochaine étape décisive sera sa capacité à reconquérir durablement la zone de 4 500 à 4 800 dollars. *Un niveau élevé des dettes publiques peut soutenir le prix de l’or pour plusieurs raisons. Lorsqu’un État est très endetté, les investisseurs peuvent craindre qu’il ait davantage de difficultés à stabiliser ses finances. Pour alléger le poids réel de cette dette, les autorités peuvent être tentées de tolérer une inflation plus forte, de maintenir des taux d’intérêt réels faibles ou de laisser la monnaie se déprécier. L’or est alors recherché comme réserve de valeur, car il ne dépend directement de la solvabilité d’aucun État. Une dette publique élevée entraîne également d’importantes charges d’intérêts. Cela peut limiter la capacité des banques centrales à maintenir durablement des taux très élevés, car ceux-ci renchérissent le refinancement de la dette et peuvent fragiliser l’économie. La perspective de taux réels plus faibles devient généralement favorable à l’or, qui ne verse lui-même aucun rendement.
La Tunisie entend concilier justice sociale, relance de l’investissement et préservation des équilibres financiers dans son projet de loi de finances pour 2027. Les grandes orientations ont été examinées lors d’un conseil ministériel restreint, mais les hypothèses macroéconomiques, les moyens de financement et les objectifs budgétaires précis n’ont pas encore été rendus publics. La cheffe du gouvernement, Sarra Zaafrani Zenzri, a présidé, mardi 4 août 2026 au palais du gouvernement à la Kasbah, un conseil ministériel restreint consacré aux grandes orientations du projet de loi de finances pour 2027. Selon le communiqué publié par la présidence du gouvernement, le prochain budget de l’État devra s’inscrire dans le cadre du Plan de développement 2026-2030, fondé sur une approche participative et ascendante associant les différents acteurs nationaux, régionaux et locaux à la définition des priorités de développement. Le gouvernement présente l’année 2027 comme une étape importante dans la mise en œuvre de ce plan, avec l’ambition d’accélérer la réalisation des projets de développement et des réformes stratégiques qui y sont inscrites. Soutenir la création de richesse et renforcer la résilience Le projet de budget devrait chercher à stimuler les moteurs de création de richesse à travers une meilleure valorisation des ressources nationales, la modernisation du tissu économique et le développement des secteurs à forte valeur ajoutée. L’exécutif entend également renforcer les systèmes de production et encourager les initiatives collectives, dans un environnement international toujours marqué par les tensions géopolitiques, la volatilité des marchés de l’énergie et des matières premières, les perturbations des chaînes d’approvisionnement ainsi que les effets du changement climatique. Dans ce contexte, le gouvernement affirme vouloir bâtir un budget capable de mieux résister aux crises extérieures et d’améliorer la capacité d’adaptation de l’économie tunisienne. Cette orientation devrait notamment passer par une diversification accrue de l’activité économique et par un soutien à l’investissement public et privé. Les sécurités alimentaire, hydrique et énergétiques érigées en priorités Le renforcement des sécurités alimentaire, hydrique, énergétique et pharmaceutique figure parmi les principaux axes annoncés. Pour y parvenir, le gouvernement prévoit de poursuivre le soutien à la production agricole, de développer les capacités de stockage et d’approvisionnement et d’améliorer la gestion des ressources en eau. Il compte également accélérer les investissements dans les énergies renouvelables et renforcer l’efficacité énergétique. Ces objectifs sont présentés comme des composantes de la sécurité nationale et de la souveraineté économique, dans un contexte où la Tunisie demeure exposée aux fluctuations des prix internationaux et aux risques d’approvisionnement. Préserver le rôle social de l’État Le projet de loi de finances pour 2027 devrait également consacrer la poursuite du rôle social de l’État, à travers l’accompagnement des catégories à revenu limité et des populations vulnérables, l’amélioration du pouvoir d’achat et le relèvement de la qualité des services publics. Parmi les autres priorités citées figurent la réforme du système de santé, la consolidation de la couverture médicale et la restructuration des régimes de sécurité sociale. Le gouvernement souhaite, par ailleurs, soutenir l’emploi, notamment celui des jeunes diplômés, et promouvoir un développement régional plus équilibré afin d’améliorer la répartition des richesses et l’égalité des chances entre les territoires. Entreprises publiques, fiscalité et transformation numérique La réforme et la restructuration des entreprises et établissements publics figurent également dans la feuille de route budgétaire. Le communiqué ne précise toutefois ni les entreprises concernées, ni les mécanismes envisagés, ni le calendrier des opérations. Le gouvernement prévoit en parallèle de renforcer la transformation numérique et de rendre le système fiscal plus équitable et plus performant. L’intégration progressive de l’économie informelle dans le circuit organisé est présentée comme l’un des leviers permettant d’élargir l’assiette fiscale et d’améliorer les recettes de l’État. Une équation budgétaire encore à préciser La ministre des Finances, Michket Slama Khaldi, a présenté au conseil un état d’avancement de l’exécution du budget 2026 ainsi que les principales orientations envisagées pour 2027. Son exposé a également porté sur les hypothèses relatives à l’évolution de la conjoncture nationale et internationale. La communication officielle met ainsi en avant un large éventail de priorités économiques et sociales : investissement, emploi, pouvoir d’achat, services publics, sécurité énergétique, réforme des entreprises publiques et développement régional. La traduction de ces orientations dépendra toutefois des arbitrages qui seront retenus lors de l’élaboration du projet de loi. Le communiqué ne fournit, à ce stade, aucune indication chiffrée sur le taux de croissance attendu, le déficit budgétaire, le niveau d’endettement, les besoins de financement, les dépenses de compensation ou les ressources nécessaires à la réalisation des programmes annoncés. Le principal enjeu du budget 2027 consistera donc à concilier trois objectifs difficiles à mener simultanément : préserver les équilibres financiers, maintenir le rôle social de l’État et dégager des marges suffisantes pour financer l’investissement et soutenir la croissance. Les prochaines étapes de préparation du projet devront permettre de mesurer comment ces priorités seront hiérarchisées et financées.