Tunis Stock Exchange
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La France étend, à compter du 17 août 2026, son contrôle sur les prises de participation non européennes dans ses entreprises stratégiques cotées. En Tunisie, le dispositif répond à une logique différente : dans les secteurs non libéralisés, une première autorisation est nécessaire lorsque la participation étrangère atteint 50 %, puis une seconde lorsqu’elle dépasse 66,66 %. L’exercice du commerce intérieur demeure également interdit aux étrangers sans autorisation spécifique. La France a décidé de renforcer son dispositif de contrôle des investissements étrangers. Un décret et un arrêté datés du 30 juillet 2026 étendent aux entreprises françaises cotées sur certains marchés étrangers le seuil de 10 % à partir duquel une prise de participation non européenne peut être examinée par le ministère de l’Économie. Ce seuil existait déjà depuis le 1er janvier 2024 pour les sociétés françaises sensibles cotées sur un marché réglementé. La nouveauté consiste principalement à élargir son application aux entreprises françaises cotées sur certains marchés situés hors de l’Union européenne. La réforme ne crée toutefois ni interdiction générale d’investir en France ni plafond de participation fixé à 10 %. Elle donne à l’État la possibilité d’examiner l’opération avant sa réalisation. Un contrôle à partir de 10 % des droits de vote Lorsqu’un investisseur non européen envisage de franchir, directement ou indirectement, seul ou de concert, le seuil de 10 % des droits de vote d’une société française cotée exerçant une activité stratégique, il doit notifier son projet à la Direction générale du Trésor. Le seuil porte sur les droits de vote et non nécessairement sur le capital. Les deux proportions peuvent être différentes, notamment lorsque certaines actions bénéficient de droits de vote doubles. L’administration française examine notamment : l’identité de l’investisseur et de son contrôleur ultime ; l’ensemble de sa chaîne de contrôle ; l’origine et le mode de financement de l’acquisition ; ses intentions concernant l’entreprise ; les risques pour la sécurité et les intérêts nationaux ; les conséquences sur les activités et les technologies stratégiques. Le ministre de l’Économie peut laisser l’opération se réaliser, demander un examen approfondi, l’autoriser sous conditions ou la refuser. L’utilisation d’une société européenne comme véhicule d’acquisition ne permet pas nécessairement d’échapper au dispositif. L’administration prend en considération les personnes ou entités qui contrôlent réellement l’investisseur. Des entreprises stratégiques précisément ciblées La mesure ne concerne pas toutes les entreprises françaises cotées. La société cible doit exercer une activité susceptible d’affecter la défense nationale, l’ordre public ou la sécurité publique. Le périmètre couvre notamment : la défense et les technologies à double usage ; la cybersécurité ; l’intelligence artificielle ; les semi-conducteurs ; la robotique et les technologies quantiques ; l’énergie et les télécommunications ; les transports et les infrastructures essentielles ; la santé publique et les biotechnologies ; certaines activités stratégiques de recherche et développement. Le simple franchissement de 10 % des droits de vote d’une société française cotée ne suffit donc pas. L’entreprise doit également exercer une activité entrant dans le champ des secteurs protégés. Les entreprises françaises cotées à New York sont concernées Le dispositif couvre trois catégories de marchés : les marchés réglementés de l’Union européenne et de l’Espace économique européen ; les marchés de pays tiers reconnus comme équivalents par la Commission européenne ; plusieurs marchés expressément désignés par la France. Cette dernière catégorie comprend le London Stock Exchange, le SIX Swiss Exchange, le Toronto Stock Exchange, le Singapore Exchange, le Japan Exchange et le Korea Exchange. Cette liste n’est cependant pas exhaustive. D’autres places boursières sont couvertes grâce aux décisions d’équivalence de la Commission européenne. C’est notamment le cas de plusieurs marchés américains. La décision européenne 2017/2320 reconnaît notamment le New York Stock Exchange, le Nasdaq Stock Market, NYSE Arca et NYSE American. Une entreprise française sensible cotée au NYSE ou au Nasdaq peut donc entrer dans le périmètre du contrôle français, même si les États-Unis ne figurent pas dans la liste des six marchés expressément cités par l’arrêté. Et si le marché étranger n’est pas reconnu ? Lorsqu’une entreprise française est exclusivement cotée sur un marché ne bénéficiant d’aucune équivalence européenne et ne figurant pas dans la liste complémentaire française, le seuil spécial de 10 % ne devrait pas s’appliquer sur le seul fondement de cette cotation. L’investissement peut néanmoins rester soumis au régime général lorsque l’investisseur non européen : franchit 25 % des droits de vote ; acquiert le contrôle de l’entreprise ; acquiert tout ou partie d’une branche d’activité sensible. L’absence du marché dans le nouveau périmètre n’entraîne donc pas nécessairement une absence de contrôle. Elle peut seulement écarter l’examen anticipé déclenché au seuil de 10 %. Une première décision dans un délai de dix jours ouvrés Après la notification préalable, le ministre dispose de dix jours ouvrés pour déterminer si l’opération nécessite un examen approfondi. En l’absence d’opposition pendant ce délai, l’investisseur bénéficie d’une dispense de demande d’autorisation complète. Si Bercy réclame un examen plus poussé, la procédure générale s’applique. Le ministère dispose alors d’une première période de 30 jours ouvrés, suivie, si nécessaire, d’un examen complémentaire pouvant atteindre 45 jours ouvrés. Le nouveau périmètre entrera en application le 17 août 2026, soit le onzième jour ouvré suivant la publication des textes au Journal officiel. En Tunisie, une liberté d’investissement encadrée La Tunisie applique une logique différente. La participation étrangère dans les sociétés commerciales n’y est pas frappée d’une interdiction générale, mais elle reste soumise à des restrictions liées à la nature de l’activité et au pourcentage de capital détenu. La loi n° 2016-71 du 30 septembre 2016 a posé un principe général de liberté d’investissement et consacré le traitement national de l’investisseur étranger dans des situations comparables. Cette liberté n’est cependant pas absolue. L’article 4 de cette même loi précise que les opérations d’investissement doivent respecter la législation relative à l’exercice des activités économiques. Les autorisations et restrictions sectorielles continuent donc de s’appliquer. Une première autorisation lorsque la participation atteint 50 % Dans les secteurs non libéralisés à la constitution, l’acquisition de titres ou de parts sociales par un investisseur étranger est soumise à autorisation lorsque la participation étrangère globale, opération comprise, atteint 50 % au moins du capital d’une société établie en Tunisie. Le dispositif ne concerne donc pas indistinctement toutes les sociétés tunisiennes. Il s’applique lorsque trois conditions sont cumulativement réunies : l’acquéreur est une personne physique ou morale de nationalité étrangère ; l’opération porte la participation étrangère globale à 50 % au moins du capital ; la société concernée ou l’une de ses filiales exerce dans un secteur non libéralisé à la constitution. L’autorisation était historiquement accordée par la Commission supérieure d’investissement. À la suite de la réforme de 2016, les références légales à cette commission ont été remplacées par celles du Conseil supérieur de l’investissement. Une dispense entre 50 % et 66,66 % Le décret n° 2014-3629 du 18 septembre 2014 a assoupli ce régime sans supprimer l’autorisation initiale exigée au seuil de 50 %. Une fois ce premier seuil atteint avec l’autorisation requise, les acquisitions supplémentaires portant la participation étrangère au-delà de 50 %, mais sans dépasser 66,66 % du capital, sont dispensées d’une nouvelle autorisation. Cette dispense ne signifie donc pas qu’un investisseur étranger peut librement acquérir jusqu’à 66,66 % du capital dès le départ. Le mécanisme comporte deux étapes distinctes : l’investisseur doit d’abord obtenir une autorisation lorsque sa participation atteint 50 %. Après cette première autorisation, il peut réaliser de nouvelles acquisitions dans l’intervalle compris entre 50 % et 66,66 % sans présenter une nouvelle demande pour chaque opération. Une nouvelle autorisation au-delà de 66,66 % Lorsque l’investisseur envisage ensuite de dépasser 66,66 % du capital, une nouvelle autorisation devient nécessaire. Le dispositif tunisien peut ainsi être résumé de la manière suivante : en dessous de 50 %, aucune autorisation fondée sur ce mécanisme particulier ; lorsque la participation étrangère atteint 50 %, première autorisation ; entre 50 % et 66,66 %, dispense de nouvelle autorisation après le premier accord ; au-delà de 66,66 %, nouvelle autorisation. Ces règles s’appliquent sous réserve des réglementations propres à chaque secteur, qui peuvent prévoir d’autres plafonds, agréments ou conditions. Le commerce intérieur reste interdit sans autorisation La Tunisie maintient parallèlement des restrictions spécifiques concernant l’exercice du commerce par les étrangers. Le décret-loi n° 61-14 du 30 août 1961 pose le principe selon lequel une personne étrangère ne peut exercer en Tunisie une activité commerciale, industrielle, artisanale ou libérale sans y avoir été préalablement autorisée. Pour le commerce intérieur, l’exercice de l’activité par une personne physique étrangère ou par une société ne remplissant pas les conditions lui permettant d’être considérée comme tunisienne demeure, en principe, interdit sans autorisation spécifique, notamment sous la forme d’une carte de commerçant étranger. Il faut donc distinguer deux questions juridiquement différentes : le droit de détenir une participation dans le capital d’une société tunisienne ; le droit d’exercer effectivement une activité de commerce intérieur. Un investisseur étranger peut être autorisé à participer au capital d’une société sans disposer automatiquement du droit d’exercer une activité commerciale sur le marché local. Le cas des sociétés non résidentes Les sociétés non résidentes totalement exportatrices relèvent d’un régime différent. Leur capital peut être détenu à 100 % par des non-résidents lorsqu’elles remplissent les conditions prévues par la réglementation des changes, notamment en matière d’importation de devises convertibles. La détention de la totalité du capital ne leur donne cependant pas automatiquement le droit d’exercer une activité de commerce intérieur. Elles restent soumises aux règles propres à leur activité et aux conditions d’accès au marché tunisien. France et Tunisie : deux philosophies de contrôle La France et la Tunisie encadrent toutes deux les investissements étrangers, mais selon des mécanismes différents. En France, le seuil de 10 % des droits de vote ne constitue pas une limite de détention. Il déclenche un contrôle préalable lorsque l’investissement non européen concerne une entreprise française cotée exerçant une activité stratégique. L’objectif principal est de protéger la sécurité nationale, les infrastructures essentielles et les technologies critiques. En Tunisie, les seuils de 50 % et de 66,66 % organisent un système d’autorisations successives dans les secteurs non libéralisés : une première autorisation lorsque la participation étrangère atteint 50 %, une dispense pour les acquisitions intermédiaires, puis une nouvelle autorisation en cas de dépassement de 66,66 %. À ce contrôle du capital s’ajoutent des restrictions portant directement sur l’accès à certaines activités. Le commerce intérieur demeure ainsi interdit aux étrangers en l’absence d’une autorisation spécifique. La France contrôle donc prioritairement la sensibilité stratégique de l’entreprise et l’influence acquise par l’investisseur. La Tunisie combine, pour sa part, le contrôle du niveau de participation étrangère avec des restrictions sectorielles et des conditions relatives à l’exercice de certaines activités économiques. Dans les deux pays, il serait inexact de parler d’une interdiction générale des investissements étrangers. Mais leur liberté reste subordonnée au respect des seuils, des autorisations préalables et des réglementations sectorielles. Sources : décret français n° 2026-718 et arrêté du 30 juillet 2026 ; Code monétaire et financier français ; communiqué du gouvernement français du 3 août 2026 ; décision d’exécution (UE) 2017/2320 ; décret-loi tunisien n° 61-14 du 30 août 1961 ; décret tunisien n° 2014-3629 du 18 septembre 2014 ; loi tunisienne n° 2016-71 du 30 septembre 2016.
Les sociétés cotées à la Bourse de Tunis ont poursuivi leur croissance au premier semestre 2026, mais derrière la progression d’ensemble se dessinent des trajectoires profondément contrastées. Portés principalement par les sociétés financières, les groupes agroalimentaires et certaines valeurs industrielles, leurs revenus cumulés ont atteint 12,686 milliards de dinars à fin juin, contre 12,171 milliards de dinars un an auparavant, soit une hausse de 4,2 %. Cette évolution représente un apport supplémentaire de près de 515 millions de dinars en un an. La croissance demeure toutefois concentrée : les sociétés financières et les biens de consommation expliquent, à eux seuls, l’essentiel de l’augmentation observée. À l’opposé, les matériaux de base enregistrent une contraction marquée, tandis que la santé, le pétrole et gaz ainsi que plusieurs entreprises de distribution ou de biens durables terminent le semestre en recul. Sur les 71 sociétés ayant publié leurs indicateurs à la date d’élaboration du rapport, 46 ont amélioré leurs revenus par rapport au premier semestre 2025, soit près des deux tiers de l’échantillon. Les données de quatre sociétés — AETECH, TUNISAIR, SIPHAT et UADH — n’étaient pas encore disponibles. Les sociétés financières, premier moteur de la croissance Avec 5,203 milliards de dinars de revenus cumulés, contre 4,910 milliards un an plus tôt, les sociétés financières affichent une progression de 6 %. Elles génèrent ainsi près de 57 % de l’augmentation totale des revenus des sociétés cotées. Les banques, qui constituent le premier compartiment de ce secteur, ont réalisé un produit net bancaire cumulé de 3,786 milliards de dinars, en hausse de 4,9 %. Onze des douze établissements cotés améliorent leur PNB, mais avec des rythmes très différenciés. La BTE enregistre la plus forte progression relative, avec une hausse de 25,6 %, à 43,8 millions de dinars. Elle devance Wifack International Bank, dont le PNB augmente de 19,9 %, et Amen Bank, qui affiche une croissance de 17,7 %, à 362,4 millions de dinars. En valeur absolue, Amen Bank réalise l’une des contributions les plus importantes du secteur, avec près de 54,4 millions de dinars de PNB supplémentaire. La Banque de Tunisie se distingue également par une progression de 11,8 %, tandis que l’UBCI enregistre une hausse de 10,1 %. La BIAT conserve, de loin, le premier PNB du secteur, à 802,7 millions de dinars, mais sa croissance se limite à 1,9 %. Elle devance la BNA, dont le PNB atteint 559,1 millions de dinars, en hausse de 4,1 %. La STB constitue la seule exception à la tendance positive. Son PNB recule de 10,5 %, passant de 350,4 à 313,8 millions de dinars, soit une diminution de 36,6 millions de dinars. Les assurances accélèrent. Les compagnies d’assurances cotées réalisent une performance plus soutenue. Leurs primes émises cumulées progressent de 9,8 %, pour atteindre 1,082 milliard de dinars contre 985,2 millions un an auparavant. BH Assurance signe la plus forte croissance du compartiment, avec une hausse de 28,1 % de ses primes émises, à 140,1 millions de dinars. Assurances Maghrebia Vie progresse de 14,2 %, tandis qu’Assurances Maghrebia affiche une augmentation de 12,1 %. STAR demeure la première compagnie cotée en matière de primes émises, avec 271,3 millions de dinars au premier semestre 2026, en progression de 7,6 %. Toutes les sociétés du compartiment enregistrent une évolution positive, même si Tunis Re affiche une croissance plus modérée de 2,2 %. Les services financiers progressent, pour leur part, de 6,3 %, à 334,9 millions de dinars. La hausse est notamment portée par CIL, BH Leasing et Tunisie Leasing et Factoring. Les évolutions spectaculaires de certaines petites structures doivent néanmoins être interprétées avec prudence : la progression de 835,3 % de Tuninvest Sicar repose sur une base de comparaison particulièrement faible, ses revenus passant de 305 000 dinars à 2,9 millions de dinars. Distribution : la grande distribution compense le recul de l’automobile Les services aux consommateurs affichent une croissance plus contenue de 2,6 %, avec des revenus cumulés de 1,957 milliard de dinars. Cette évolution masque une nette divergence entre la grande distribution et les concessionnaires automobiles. Magasin Général et Monoprix enregistrent respectivement des progressions de 7,3 % et 7,5 %. Leurs chiffres d’affaires cumulés dépassent désormais le milliard de dinars, atteignant près de 1,003 milliard. Dans la distribution de produits technologiques, Smart Tunisie réalise une croissance de 15,3 %, à 222,3 millions de dinars. STA se distingue également avec une hausse de 23,2 %, portant son chiffre d’affaires à 90,6 millions de dinars. Le bilan est en revanche beaucoup moins favorable pour plusieurs concessionnaires. Le chiffre d’affaires d’ARTES recule de 26,7 %, soit une baisse de près de 49 millions de dinars, tandis que City Cars enregistre une contraction de 8,6 %. ENNAKL Automobiles résiste mieux, avec une progression de 2,2 %. Cellcom affiche, de son côté, une baisse de 30,2 %, son chiffre d’affaires revenant de 27,3 à 19,1 millions de dinars. L’agroalimentaire consolide son rôle de pilier. Les biens de consommation réalisent un chiffre d’affaires cumulé de 4,016 milliards de dinars, en progression de 5 %. Ce secteur apporte près de 192 millions de dinars de revenus supplémentaires par rapport au premier semestre 2025. L’agroalimentaire et les boissons en constituent le principal moteur, avec une croissance de 6,3 %, à 3,361 milliards de dinars. Poulina Group Holding joue un rôle déterminant dans cette évolution. Son chiffre d’affaires augmente de 7,9 %, passant de 1,964 à 2,118 milliards de dinars. À elle seule, la holding génère près de 154,5 millions de dinars de revenus supplémentaires, soit environ 30 % de la hausse globale enregistrée par l’ensemble des sociétés cotées. Land’Or réalise la plus forte progression du compartiment, avec une croissance de 14,9 %, à 110,8 millions de dinars. SFBT améliore son chiffre d’affaires de 6 %, à 379,3 millions de dinars, tandis que Délice Holding affiche une progression plus limitée de 1 %, à 752,8 millions. La situation est nettement plus difficile dans les produits ménagers et de soins personnels, dont les revenus cumulés stagnent, avec une légère baisse de 0,1 %. La progression de SAH Lilas, dont le chiffre d’affaires augmente de 5,5 %, et celle d’OfficePlast, en hausse de 4,8 %, compensent presque entièrement les fortes contractions d’Euro-Cycles et de New Body Line. Euro-Cycles voit ainsi son chiffre d’affaires chuter de 45 %, à 30,8 millions de dinars, tandis que celui de New Body Line recule de 41 %, à 2,6 millions. Dans les automobiles et équipementiers, le chiffre d’affaires cumulé diminue de 5,2 %. La hausse de 7,1 % enregistrée par la STIP ne suffit pas à compenser la baisse de 19,7 % d’ASSAD. L’industrie progresse malgré les difficultés des cimentiers. Les sociétés industrielles cotées réalisent un chiffre d’affaires cumulé de 1,022 milliard de dinars, en hausse de 5,4 %. Les biens et services industriels enregistrent une progression de 7 %, portée notamment par One Tech Holding, dont les revenus atteignent 576 millions de dinars, en hausse de 5,7 %. SOTUVER affiche une croissance plus vigoureuse de 27,2 %, avec un chiffre d’affaires de 69,8 millions de dinars. À l’inverse, SIAME accuse un recul de 11,6 %. Dans le bâtiment et les matériaux de construction, la croissance globale se limite à 2,3 %. MPBS progresse de 22 %, SOMOCER de 11,6 % et SITS de 50,7 %. La hausse de 1 691,1 % affichée par SIMPAR doit cependant être relativisée, le chiffre d’affaires de la société passant d’une base exceptionnellement faible de 697 000 dinars à 12,5 millions de dinars. Les cimentiers demeurent sous pression. Le chiffre d’affaires de Carthage Cement recule de 5,7 %, à 173,1 millions de dinars, tandis que celui des Ciments de Bizerte diminue de 16,9 %. Essoukna enregistre également une contraction prononcée de 35,1 %. Les matériaux de base enregistrent la plus forte contraction Les matériaux de base constituent le principal point faible du semestre. Les revenus cumulés du secteur chutent de 21,4 %, passant de 379,2 à 297,9 millions de dinars, soit une perte de plus de 81 millions. La branche chimique est la plus touchée, avec une contraction de 33,6 %. ICF voit son chiffre d’affaires diminuer de 38,7 %, à 64,2 millions de dinars, tandis qu’Alkimia accuse un recul de 31,2 %. Les revenus d’Air Liquide Tunisie baissent, pour leur part, de 8,5 %. La tendance reste également négative dans les matières premières. SOTIPAPIER enregistre une baisse de 19,7 %, alors que le chiffre d’affaires de TPR recule de 11,2 %, à 152,3 millions de dinars. Les télécommunications en tête des progressions sectorielles Avec une hausse de 23,3 %, les télécommunications réalisent la meilleure performance sectorielle du premier semestre. Leur chiffre d’affaires cumulé atteint 69,6 millions de dinars. SOTETEL affiche une croissance de 24,8 %, à 20,2 millions de dinars, tandis que Tawasol Group Holding progresse de 22,7 %, à 49,3 millions. Le poids encore limité de ce secteur dans les revenus globaux des sociétés cotées réduit toutefois son influence sur la croissance d’ensemble. La technologie progresse plus modérément de 3,3 %, sur la seule base des indicateurs publiés par Telnet Holding. Le secteur du pétrole et gaz, représenté par SOTRAPIL, recule de 11,9 %, tandis que la santé affiche une baisse de 5,6 %, correspondant aux revenus d’Unimed, les indicateurs de SIPHAT n’ayant pas encore été communiqués. Une croissance solide en apparence, mais fortement concentrée La hausse de 4,2 % des revenus des sociétés cotées confirme la résilience de l’activité au premier semestre 2026. Elle ne traduit cependant pas une dynamique uniforme. La progression repose principalement sur quelques grands contributeurs, au premier rang desquels Poulina Group Holding, les sociétés financières, les enseignes de grande distribution et certaines valeurs industrielles. Parallèlement, plusieurs branches subissent des contractions importantes, notamment la chimie, les matières premières, certains concessionnaires automobiles et les biens de consommation durables. Cette concentration invite à nuancer la lecture du chiffre global. La croissance reste positive, mais elle repose davantage sur la solidité de quelques grands pôles que sur une amélioration généralisée de l’activité au sein de la cote. Les revenus correspondent au produit net bancaire pour les banques, aux primes émises pour les assurances, aux revenus nets de leasing pour les sociétés de leasing et au chiffre d’affaires hors taxes pour les autres secteurs. Leur agrégation constitue donc un indicateur général du niveau d’activité, et non une mesure homogène de la rentabilité.