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Banques cotées au 30 juin 2026 : le palmarès des douze, banque par banque
BOURSE

Banques cotées au 30 juin 2026 : le palmarès des douze, banque par banque

27/09/2026 23:24 1 vue Par Moez Hadidane

Après cinq articles consacrés au secteur dans son ensemble, place aux acteurs. Au 30 juin 2026, le résultat net des banques cotées progresse de 2,7 % à 891,0 MDT, mais derrière cette moyenne, chacune des douze banques raconte une histoire différente : croissance du crédit, collecte de dépôts, efficacité opérationnelle, retour aux bénéfices ou, à l'inverse, coût du risque qui pèse. Tour d'horizon, dans l'ordre alphabétique, de ce en quoi chacune se distingue, y compris l'ATB, seule banque déficitaire du semestre. Amen Bank : la marge nette la plus élevée de la cote Amen Bank signe le meilleur semestre de la cote en valeur absolue. Son résultat net gagne 31,1 MDT pour atteindre 161,9 MDT (+23,7 %), une progression qui dépasse à elle seule celle de l'ensemble du secteur (+23,1 MDT) : sans elle, le résultat cumulé des onze autres banques aurait reculé. Elle affiche aussi la marge nette la plus élevée des douze, avec 24,2 % des produits d'exploitation bancaire convertis en bénéfice, soit 333 pb de plus qu'un an plus tôt et près du double de la moyenne sectorielle (12,8 %). Le moteur est un PNB en hausse de 17,7 % à 362,4 MDT, porté par les revenus du portefeuille-titres (+31,8 %, soit 55,6 % du PNB) qui compensent une marge d'intérêt en repli de 4,8 %, et un coefficient d'exploitation ramené à 35,3 %, en amélioration de 299 pb. Le ROE annualisé ressort à 19,7 %, contre 16,4 % en 2025. ATB : la plus forte baisse du coût de la ressource, mais un coût du risque qui fait basculer le résultat L'ATB est l'unique banque déficitaire du semestre, avec une perte de 27,6 MDT contre un bénéfice de 2,6 MDT un an plus tôt. Ce n'est pourtant pas sur la gestion de sa ressource qu'il faut la juger : elle réalise la plus forte baisse de charges d'exploitation bancaire de la cote (175,1 MDT, soit -22,6 %), ce qui lui permet de porter son PNB à 187,0 MDT (+9,2 %) alors que ses produits d'exploitation bancaire reculent de 8,9 %. Ses dépôts à vue progressent de 14,7 % et pèsent désormais 34,6 % de ses dépôts, soit 520 pb de plus qu'à fin 2025, et son RBE gagne 12,8 % à 48,1 MDT. C'est le coût du risque, presque doublé à 72,3 MDT (+95,1 %), qui dépasse le RBE et fait plonger le résultat d'exploitation à -24,2 MDT, sur fond de crédits nets en recul de 5,8 %, la plus forte contraction de la cote. Attijari Bank : la banque des dépôts à vue Attijari Bank est la banque dont la ressource est la plus riche en dépôts à vue. Ses dépôts à vue progressent de 22,4 % en six mois à 6 589,3 MDT et représentent désormais 55,1 % de ses dépôts, le poids le plus élevé de la cote (36,7 % pour le secteur), soit 796 pb de plus qu'à fin 2025. Cette base de ressources, jointe à des revenus du portefeuille-titres en hausse de 54,1 % à 147,1 MDT, soutient un PNB en progression de 5,1 % à 374,8 MDT, malgré des crédits nets en recul de 3,5 % et une marge d'intérêt en baisse de 22,3 %. Le résultat net gagne 5,9 % à 123,1 MDT, avec une marge nette de 20,1 % et un coefficient d'exploitation de 50,9 % (-128 pb). Son ROE annualisé de 24,0 %, contre 23,1 % en 2025, la place au deuxième rang de la cote, à un souffle de la BIAT (24,2 %). BH Bank : le coût du risque le plus lourd de la cote BH Bank est la banque où le risque pèse le plus. Ses dotations pour risque de crédit atteignent 158,2 MDT (+81,3 %), soit près d'un quart (23,9 %) du coût du risque de l'ensemble de la cote, et absorbent 85,7 % de son RBE de 184,6 MDT. L'activité tient pourtant bon : le PNB progresse de 8,7 % à 345,7 MDT, la marge d'intérêt (+3,7 %) fait partie des six seules de la cote à augmenter, et le RBE gagne 6,3 % malgré un coefficient d'exploitation en hausse de 109 pb à 47,2 %. Le résultat net n'en tombe pas moins à 15,2 MDT (-72,0 %), soit une marge nette de 2,2 % et un ROE annualisé de 2,2 %, contre 3,0 % en 2025. BH Bank reste par ailleurs la banque qui recourt le plus aux ressources spéciales (1 297,9 MDT, -11,0 %), devant la BIAT (1 203,6 MDT). BIAT : le ROE le plus élevé et un coût du risque divisé par deux La BIAT est le poids lourd de la cote et, ce semestre, aussi son champion de la rentabilité. Elle dégage 271,4 MDT de résultat net (+10,3 %), soit 30,5 % du résultat de l'ensemble des banques cotées, avec un ROE annualisé de 24,2 %, le plus élevé du secteur, contre 18,3 % en 2025. Sa recette tient à un coût du risque divisé par plus de deux (25,4 MDT, -54,6 %), qui compense un RBE stable (436,2 MDT, -0,8 %) et un coefficient d'exploitation en hausse de 138 pb à 46,4 %. Elle reste aussi la première sur les volumes : un PNB de 802,7 MDT (21,1 % du secteur), des dépôts de 23 021,6 MDT et des gains de change de 105,5 MDT, soit 38,8 % de ceux de toute la cote. BNA : la plus forte collecte de dépôts et le plus gros portefeuille-titres La BNA réalise la meilleure collecte de la cote : ses dépôts progressent de 10,6 % à 15 393,0 MDT, soit 1 479 MDT de ressources nouvelles, plus du tiers (35,6 %) de l'augmentation des dépôts de tout le secteur. Cette hausse est tirée par les dépôts à terme (+17,8 %) et les dépôts à vue (+10,7 %). Elle détient aussi le portefeuille-titres le plus volumineux de la cote (9 773,2 MDT, 38,4 % de son bilan), dont les revenus, 403,4 MDT (+12,3 %), font 72,0 % de son PNB, alors que ses crédits nets, pourtant les plus importants du secteur (14 548,1 MDT), sont stables (+0,1 %) et que sa marge d'intérêt recule de 22,5 %. Le résultat net gagne 13,8 % à 156,3 MDT, avec un coefficient d'exploitation de 38,0 %, l'un des trois meilleurs du secteur, et un ROE annualisé de 13,4 %, contre 12,9 % en 2025. BT : la banque la plus efficiente La BT est la banque la plus efficiente de la cote. Son coefficient d'exploitation, à 34,6 %, est le plus bas du secteur (48,6 % pour l'ensemble) et sa marge d'exploitation, avec un RBE qui représente 40,2 % de ses produits d'exploitation bancaire, la plus élevée, en hausse de 285 pb. Elle est aussi celle qui tire le mieux profit de l'intermédiation classique : sa marge d'intérêt progresse de 18,5 % à 166,7 MDT, soit 57,1 % de son PNB, à contre-courant d'un secteur où elle recule de 8,6 %. Le PNB gagne 11,8 % à 292,1 MDT, le RBE 11,9 % à 191,8 MDT et le résultat net 12,5 % à 95,6 MDT. Son ROE annualisé s'établit à 13,1 %, contre 13,9 % en 2025, l'érosion tenant à des fonds propres moyens en hausse de 7,0 %. BTE : le retour aux bénéfices La plus petite banque de la cote signe la plus forte progression du PNB (+25,3 % à 43,6 MDT) et redevient bénéficiaire : 1,4 MDT de résultat net, contre une perte de 5,5 MDT au premier semestre 2025. Son coefficient d'exploitation, encore élevé à 82,9 %, s'améliore de 1 416 pb, la correction la plus spectaculaire du secteur, et son RBE passe de 1,0 à 7,4 MDT. La banque est aussi celle dont les dépôts à vue progressent le plus (+31,0 %), tandis que ses crédits nets gagnent 7,7 % à 1 166,9 MDT, deuxième meilleure performance après l'UBCI, et que les revenus de son portefeuille-titres bondissent de 73,4 %. Le ROE annualisé ressort à 10,2 %, contre -25,9 % en 2025, mais sur des fonds propres moyens de 27,7 MDT seulement, en recul de 27,6 % : le redressement est réel, la marge de manœuvre reste étroite. STB : le pari du portefeuille-titres le plus poussé La STB est la banque dont le modèle a le plus basculé vers le portefeuille-titres. Les revenus du portefeuille progressent de 19,7 % à 225,7 MDT et représentent 71,9 % du PNB, contre 53,8 % un an plus tôt, tandis que la marge d'intérêt s'effondre de 88,5 % à 9,2 MDT, soit 3,0 % du PNB. Le portefeuille lui-même gagne 7,9 % à 5 273,5 MDT et pèse 33,2 % du bilan, le deuxième poids de la cote après la BNA. Le compte n'y est pas : la STB est la seule banque dont le PNB recule (-10,5 % à 313,7 MDT), son RBE lâche 27,9 % à 126,7 MDT, son coefficient d'exploitation se dégrade de 982 pb à 60,0 % et son résultat net fond de 59,4 % à 9,1 MDT. Une bonne nouvelle toutefois : son coût du risque baisse de 15,4 % à 130,3 MDT, la deuxième meilleure amélioration après la BIAT. UBCI : l'accélérateur du crédit L'UBCI est la banque qui fait grossir le plus vite son bilan : +10,2 % à 6 218,2 MDT, soit 573,9 MDT de plus en six mois. Ses crédits bruts progressent de 14,1 % à 4 292,0 MDT et ses crédits nets de 14,7 % à 4 030,7 MDT : ces 515,8 MDT de crédits nets supplémentaires représentent plus que l'augmentation de l'ensemble de la cote (+372,6 MDT), où les autres banques ont, au total, réduit leurs encours. Elle finance cette expansion par des dépôts en hausse de 9,2 %, dont 53,2 % à vue, et par des ressources spéciales en hausse de 28,7 %. Le PNB gagne 10,9 % à 194,9 MDT, le RBE 14,7 % à 69,0 MDT et le résultat net 9,7 % à 30,0 MDT, malgré un coût du risque de 11,3 MDT, en forte hausse. Le coefficient d'exploitation reste élevé (64,7 %, -118 pb) et le ROE annualisé fléchit à 10,4 %, contre 12,3 % en 2025. UIB : la maîtrise des charges L'UIB se distingue par la discipline de ses frais. Ses charges opératoires n'augmentent que de 1,6 % à 148,2 MDT, la hausse la plus faible de la cote (+6,7 % pour l'ensemble), et ses salaires de 1,6 % également, contre 8,1 % pour le secteur. Le coefficient d'exploitation s'améliore de 231 pb à 54,1 % et le RBE progresse de 11,6 % à 125,8 MDT, soit une marge d'exploitation de 27,9 % (+309 pb). Son bilan reste le plus orienté vers le crédit, avec des crédits nets égaux à 74,1 % du total, le poids le plus élevé de la cote, même si l'encours recule de 0,8 % et si les dépôts fléchissent d'autant. C'est aussi elle qui développe le plus vite son portefeuille-titres (+20,9 % à 911,7 MDT), à partir d'une base encore modeste. Le résultat net gagne 6,6 % à 52,3 MDT et le ROE annualisé reste stable à 9,9 %, contre 10,2 % en 2025. WIB : l'intermédiation classique par excellence WIB est la banque de l'intermédiation classique. Sa marge d'intérêt progresse de 22,9 % à 41,6 MDT, la meilleure performance de la cote, et représente 69,7 % de son PNB, le poids le plus élevé des douze banques (30,9 % pour le secteur), alors que son portefeuille-titres ne pèse que 2,8 % du bilan (pas d’accès aux titres à revenus variables). Le PNB gagne 19,3 % à 59,6 MDT, deuxième progression après la BTE, portant le RBE à 15,0 MDT (+25,6 %). Cette dynamique s'appuie sur une collecte soutenue, avec des dépôts en hausse de 8,8 % à 1 573,9 MDT, dont des comptes d'épargne en progression de 16,3 %, la meilleure du secteur, et sur un bilan qui grossit de 7,5 %. Mais les charges opératoires bondissent de 17,4 % (salaires +20,4 %), absorbent l'essentiel du gain et laissent un résultat net quasi stable à 2,2 MDT (+1,6 %), pour un ROE annualisé de 2,6 %, contre 4,9 % en 2025.

Trésorerie des banques cotées : un retournement de 2,7 milliards de dinars, tiré par le recul des flux d'investissement
BOURSE

Trésorerie des banques cotées : un retournement de 2,7 milliards de dinars, tiré par le recul des flux d'investissement

27/09/2026 23:22 4 vues Par Moez Hadidane

Les douze banques ont généré un flux net de trésorerie positif de 1 363 MDT au premier semestre, contre une consommation de 1 366 MDT un an plus tôt, soit un retournement de 2 729 MDT. Les flux d'exploitation progressent de 20,5 % à 2 697 MDT, mais c'est surtout le repli des décaissements d'investissement, de 2 644 MDT à 379 MDT, qui explique le rebond. Ce retournement est très concentré : la BNA à elle seule en fournit 82 %. La trésorerie de clôture du secteur atteint 1 708 MDT, contre 345 MDT à fin 2025, mais elle est la somme de 9 062 MDT de liquidités détenues par sept banques et de 7 354 MDT de positions débitrices dans cinq autres. Flux d'exploitation : les dépôts collectés font le cash, trois banques en captent 92 % Le flux de trésorerie provenant des activités d'exploitation du secteur passe de 2 239 MDT à 2 697 MDT, soit +459 MDT (+20,5 %). Les états de flux des banques en donnent la mécanique. Les dépôts de la clientèle encaissés sur le semestre atteignent 3 754 MDT, contre 2 690 MDT un an plus tôt (+1 063 MDT), et constituent le moteur de la génération de cash, alors que les décaissements nets de crédits s'alourdissent de 167 MDT, de 681 MDT à 848 MDT. Autrement dit, une banque qui collecte plus de dépôts qu'elle n'octroie de crédits dégage naturellement un flux d'exploitation positif. Ce flux est très concentré. La BNA, dont le flux d'exploitation passe de -465 MDT à +1 109 MDT (+1 574 MDT), voit ses dépôts encaissés bondir de 255 MDT à 1 450 MDT alors que ses décaissements nets de crédits tombent de 559 MDT à 141 MDT. Attijari Bank (749 MDT, +112 MDT) et la BIAT (621 MDT, contre 190 MDT un an plus tôt, grâce à des dépôts encaissés de 706 MDT contre 116 MDT) complètent le podium. Ces trois banques génèrent 2 480 MDT, soit 92 % du flux sectoriel. Amen Bank dégage 497 MDT (-178 MDT), la WIB 75 MDT (+8 MDT) et la STB 6 MDT. Du côté des banques dont le flux se dégrade, la STB (de 895 MDT à 6 MDT, -888 MDT) et la BH Bank (de 798 MDT à -13 MDT, -812 MDT) perdent l'essentiel de leur flux : la première parce que ses crédits, qui avaient libéré 547 MDT au premier semestre 2025, en consomment désormais 225 MDT, la seconde parce que ses dépôts encaissés tombent de 443 MDT à 181 MDT tandis que ses crédits passent d'un encaissement de 146 MDT à un décaissement de 182 MDT. L'UIB (-205 MDT, à -48 MDT), la BT (-181 MDT, à -98 MDT) et la BTE (-11 MDT, à -32 MDT) suivent la même pente. À l'inverse, l'ATB (de -371 MDT à -4 MDT, +368 MDT) et l'UBCI (de -406 MDT à -165 MDT, +241 MDT) sortent en grande partie du rouge, l'UBCI parce que ses dépôts encaissés (355 MDT contre 156 MDT) financent en partie un crédit qui se développe (-526 MDT). Six banques sur douze affichent ainsi un flux d'exploitation négatif. Flux d'investissement : les revenus du portefeuille financent ses propres acquisitions Le flux net affecté aux activités d'investissement passe de -2 644 MDT à -379 MDT, un allègement de 2 265 MDT qui explique 83 % du retournement de la trésorerie du semestre. Les états de flux des banques en révèlent les deux ressorts. D'une part, les acquisitions nettes de titres d'investissement tombent de 3 584 MDT à 1 685 MDT (+1 899 MDT). D'autre part, les intérêts et dividendes encaissés sur le portefeuille d'investissement bondissent de 1 088 MDT à 1 446 MDT (+358 MDT, +32,9 %), ce qui prolonge la hausse des revenus du portefeuille-titres analysée dans l'article 3. Ces encaissements financent désormais 86 % des acquisitions nettes, ce qui permet de comprendre que le portefeuille d'investissement croîsse de 1 915 MDT au bilan avec un flux d'investissement de seulement -379 MDT. La BNA est l'acteur central du mouvement. Son flux d'investissement passe de -454 MDT à +196 MDT (+650 MDT), ses acquisitions nettes de titres chutant de 763 MDT à 164 MDT alors que ses intérêts et dividendes encaissés atteignent 363 MDT. Attijari Bank passe de -381 MDT à +25 MDT (+406 MDT), ses acquisitions tombant de 453 MDT à 142 MDT pendant que ses encaissements sur portefeuille bondissent de 76 MDT à 176 MDT. La STB voit son flux d'investissement passer de -490 MDT à -34 MDT (+455 MDT), l'ATB le porte de -187 MDT à +45 MDT (+232 MDT) et la BH Bank de -302 MDT à -75 MDT (+227 MDT). Sept banques sur douze affichent un flux d'investissement positif : BNA, UBCI (+83 MDT), ATB, Attijari Bank, BT (+22 MDT), UIB (+12 MDT) et BTE (+8 MDT). Deux banques continuent en revanche d'investir massivement. La BIAT reste la banque qui investit le plus : son flux d'investissement s'établit à -471 MDT contre -510 MDT, ses acquisitions nettes de titres s'élevant même à 671 MDT contre 630 MDT un an plus tôt. Amen Bank, enfin, voit son flux d'investissement passer de -288 MDT à -172 MDT (+115 MDT), tout en continuant d'acquérir 264 MDT de titres nets contre 379 MDT un an plutôt. Financement : des dividendes qui pèsent pour l'essentiel Le flux de financement du secteur reste négatif et quasi stable : -977 MDT contre -944 MDT un an plus tôt (-33 MDT). Il est dominé par les dividendes, que les états de flux des banques permettent d'estimer à environ 851 MDT contre 798 MDT au premier semestre 2025 (+53 MDT), soit 87 % des sorties de financement. Ils correspondent, rapportés au résultat net de 2025 (1 571 MDT), à un taux de distribution d'environ 54 %. La BIAT (245 MDT, stable) et Attijari Bank (210 MDT, stable) sont les deux premiers distributeurs, devant Amen Bank (126 MDT, +11 MDT), la BT (95 MDT, stable) et la BNA (74 MDT, +10 MDT). La STB reprend ses versements (31 MDT, contre zéro un an plus tôt), et l'UBCI (26 MDT) et l'UIB (35 MDT) distribuent légèrement plus. Les flux de financement des banques divergent sur la dette. La BIAT réduit sa sortie nette de 156 MDT à 48 MDT (+108 MDT), grâce à des emprunts nets de 199 MDT contre 90 MDT un an plus tôt, ce qui correspond à la hausse de 246 MDT de son encours d'emprunts et ressources spéciales analysée dans l'article 2. À l'inverse, la BH Bank voit son flux de financement se dégrader de -47 MDT à -166 MDT (-119 MDT), avec environ 150 MDT de sorties liées aux emprunts, et la STB de -102 MDT à -140 MDT (-38 MDT), avec 110 MDT de remboursements. Attijari Bank passe de -176 MDT à -211 MDT (-35 MDT). L'UBCI (de -32 MDT à +13 MDT) et l'ATB (de -41 MDT à +7 MDT) sortent du négatif grâce à de nouvelles ressources, et la WIB bascule de +26 MDT à -10 MDT. La ligne « autres », qui recouvre l'effet des variations de change sur la trésorerie, reste marginale : elle passe de -16 MDT à +22 MDT (+39 MDT), essentiellement chez la BIAT (+11 MDT, contre -25 MDT) et la BH Bank (+11 MDT). Flux net de la période : la BNA fait basculer le secteur dans le positif Le flux net de trésorerie du secteur, c'est-à-dire la variation des liquidités sur le semestre, passe de -1 366 MDT au premier semestre 2025 à +1 363 MDT au premier semestre 2026. Les quatre composantes du retournement de 2 729 MDT sont l'investissement (+2 265 MDT), l'exploitation (+459 MDT), la ligne « autres » (+39 MDT) et le financement (-33 MDT). La BNA est l'acteur du semestre : son flux net passe de -1 029 MDT à +1 205 MDT, soit un retournement de 2 233 MDT qui représente 82 % de celui du secteur. Attijari Bank passe de +79 MDT à +564 MDT (+484 MDT), la BIAT de -502 MDT à +114 MDT (+615 MDT) et l'ATB de -599 MDT à +48 MDT (+647 MDT), tandis que l'UBCI réduit sa consommation de 360 MDT à 70 MDT (+290 MDT) et la BTE de 73 MDT à 29 MDT (+44 MDT). Amen Bank génère 173 MDT (contre 258 MDT, -85 MDT) et la WIB 49 MDT (contre 78 MDT). Dans l'autre sens, quatre banques passent du positif au négatif ou aggravent leur situation. La BH Bank passe de +458 MDT à -243 MDT (-701 MDT), la STB de +303 MDT à -169 MDT (-471 MDT), l'UIB de +99 MDT à -87 MDT (-186 MDT) et la BT de -80 MDT à -190 MDT (-110 MDT). Six banques sur douze consomment ainsi de la trésorerie au premier semestre 2026 (BH Bank, BT, STB, UIB, UBCI et BTE), comme un an plus tôt, mais ce ne sont plus les mêmes : la BNA, l'ATB et la BIAT ont quitté ce groupe, la BH Bank, la STB et l'UIB l'ont rejoint. Trésorerie de clôture : 1 708 MDT, solde de deux mondes La trésorerie de fin de période du secteur s'établit à 1 708 MDT au 30 juin 2026, contre 345 MDT au 31 décembre 2025 : +1 363 MDT, soit un niveau près de cinq fois supérieur, et un contraste marqué avec la position négative de -685 MDT observée au 30 juin 2025. Ce chiffre agrégé est toutefois un solde net entre deux groupes de banques très dissemblables. Sept banques détiennent des liquidités positives, pour 9 062 MDT au total. La BIAT en détient 3 422 MDT, soit 38 % du total, en hausse de 114 MDT depuis fin 2025, devant Attijari Bank (1 960 MDT, +563 MDT), l'UIB (1 159 MDT, -87 MDT), l'ATB (1 063 MDT, +48 MDT) et la STB (896 MDT, -169 MDT). La BT (286 MDT, -190 MDT) et la WIB (276 MDT, +48 MDT) ferment la marche. À l'autre extrémité, cinq banques présentent une trésorerie négative, c'est-à-dire un recours net au refinancement, pour 7 354 MDT au total. La BNA, avec -5 292 MDT, en concentre 72 %. Elle a pourtant amélioré sa position de 1 205 MDT depuis fin 2025, de -6 497 MDT à -5 292 MDT, grâce notamment à la collecte de dépôts. La BH Bank la suit avec -1 501 MDT (une dégradation de 243 MDT), puis l'UBCI (-188 MDT, contre -118 MDT), la BTE (-188 MDT, contre -159 MDT) et Amen Bank (-186 MDT, contre -359 MDT, une amélioration de 173 MDT). La lecture de la trésorerie de clôture s'éclaire ainsi par ce qui a précédé : les banques qui ont le mieux collecté (BNA, Attijari Bank) reconstituent leurs liquidités, tandis que celles dont le flux d'exploitation s'est dégradé (BH Bank, STB, UIB, BT) voient les leurs diminuer. Ce que dit le premier semestre 2026 Ce cinquième article boucle la série par ce qui compte pour une banque, le cash. Les banques cotées ont collecté des dépôts, distribué environ 850 MDT de dividendes, financé leurs acquisitions de titres avec les revenus de leur portefeuille et reconstitué leur trésorerie, mais cette embellie repose sur peu de banques : la BNA, Attijari Bank et la BIAT génèrent 92 % des flux d'exploitation, la BNA seule 82 % du retournement du flux net. Six banques sur douze consomment encore de la trésorerie. Au terme de cette lecture, le semestre des banques cotées se résume en cinq traits. Une collecte de dépôts solide (+3,9 %) et de qualité, tirée par les dépôts à vue. Un crédit à l'arrêt (+0,4 % net), au profit d'un portefeuille-titres dont les revenus (+20,1 %) portent désormais le PNB. Des charges opératoires portées par les salaires, qui font monter le coefficient d'exploitation à 48,6 %. Un coût du risque en hausse de 13 % qui absorbe presque tout le gain d'exploitation, et un résultat net (+2,7 %, 891 MDT) qui doit sa hausse à des éléments ordinaires, avec une seule banque en perte, l'ATB. Un ROE de 6,43 % sur le semestre, en léger recul. Douze banques, donc, mais trois trajectoires : celles qui gagnent en rentabilité, celles qui la maintiennent, et celles, ATB, BH Bank et STB, dont les résultats se dégradent.

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