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Le football tunisien peut-il encore rester une association ?
ECONOMIE

Le football tunisien peut-il encore rester une association ?

02/07/2026 18:42 7 vues Par Moez Hadidane

L'introduction en Bourse de Taraji Holding, annoncée en 2025 avant d'être finalement abandonnée, aura eu au moins un mérite : ouvrir un débat que le football tunisien ne peut plus éluder. Derrière cette opération inédite se cachait une question beaucoup plus profonde que celle d'une simple levée de fonds : le statut juridique actuel des clubs sportifs est-il encore adapté aux réalités du football professionnel ? Depuis plusieurs décennies, le football est devenu une véritable industrie mondiale. Les grands clubs ne sont plus de simples associations sportives ; ils sont des entreprises qui investissent dans leurs infrastructures, développent leur marque, exploitent des droits audiovisuels, commercialisent des produits dérivés, gèrent des académies de formation et réalisent des transferts de joueurs représentant parfois plusieurs centaines de millions d'euros. En Tunisie, pourtant, les clubs professionnels continuent d'évoluer dans un cadre juridique conçu pour des associations à but non lucratif. Ce décalage entre le droit et la réalité économique constitue probablement l'un des principaux freins au développement du football tunisien. Le décret-loi n° 2011-88 du 24 septembre 2011 portant organisation des associations repose sur une philosophie parfaitement légitime. Son article 2 définit l'association comme une convention par laquelle plusieurs personnes poursuivent des objectifs autres que la réalisation de bénéfices. L'article 4 interdit, quant à lui, aux associations d'exercer des activités commerciales en vue de distribuer des fonds au profit de leurs membres dans leur intérêt personnel. Cette approche répond à une logique claire. Une association n'est pas créée pour enrichir ses membres, mais pour servir une mission d'intérêt collectif. Dans le domaine sportif, cette mission consiste à promouvoir la pratique sportive, former les jeunes, favoriser la cohésion sociale et contribuer à l'intérêt général. À ce titre, il est parfaitement cohérent que les associations puissent bénéficier de subventions publiques, de dons ou d'avantages fiscaux. Le problème n'est donc pas la philosophie du texte. Elle demeure pleinement pertinente pour l'immense majorité des associations tunisiennes. En revanche, le football professionnel n'est plus une activité associative au sens classique du terme. Aujourd'hui, un club de Ligue 1 ne se limite plus à organiser des compétitions sportives. Il négocie des contrats de sponsoring, vend des espaces publicitaires, commercialise des produits dérivés, développe son image de marque, investit dans la formation des jeunes joueurs et réalise des opérations de transferts qui représentent parfois sa principale source de revenus. Son activité est devenue profondément économique. Pourtant, son statut juridique continue de le priver de l'un des principaux leviers de développement de toute entreprise : l'accès au capital. Un club organisé sous forme associative ne peut pas ouvrir son capital à des investisseurs. Il ne peut pas émettre d'actions. Il ne peut pas attirer durablement des fonds propres destinés à financer un projet de développement. Son modèle économique repose essentiellement sur les recettes des matchs, les contrats de sponsoring, les droits audiovisuels, les subventions publiques et, trop souvent, sur les contributions personnelles de son président. C'est probablement là que réside la principale faiblesse du football tunisien. Depuis des années, les grands clubs vivent au rythme de leurs dirigeants. Lorsqu'un président fortuné accepte d'injecter des ressources importantes, le club retrouve de l'ambition. Lorsqu'il se retire ou rencontre des difficultés financières, tout l'équilibre économique vacille. Cette dépendance à une personne physique empêche l'émergence d'une véritable stratégie de long terme et fragilise la pérennité des institutions sportives. Or, un grand club ne devrait jamais dépendre de la fortune ou de la générosité d'un seul homme. À l'inverse, une société anonyme dispose d'une gouvernance plus pérenne. Son capital peut être détenu par plusieurs investisseurs. Son patrimoine est distinct de celui de ses actionnaires. Son financement peut être assuré par des augmentations de capital, des émissions obligataires ou, éventuellement, par un recours au marché financier. Cette architecture permet de financer des projets structurants sans faire reposer l'avenir du club sur un mécène providentiel. Les bénéfices d'une telle évolution dépasseraient largement la seule question financière. Des clubs mieux capitalisés pourraient investir dans des centres de formation modernes, améliorer leurs infrastructures, professionnaliser leur encadrement technique, développer la médecine sportive, renforcer le recrutement et bâtir de véritables académies capables de produire des joueurs de haut niveau. Les transferts de joueurs ne seraient plus seulement une nécessité financière destinée à combler des déficits, mais le résultat d'une stratégie de création de valeur reposant sur la formation et la valorisation des talents. Une telle réforme favoriserait également une gouvernance plus transparente. Les sociétés anonymes sont soumises à des règles strictes en matière de publication d'informations financières, de contrôle interne et de responsabilité des dirigeants. Elles offrent ainsi un cadre plus rassurant pour les investisseurs, les partenaires économiques et les établissements financiers. Faut-il pour autant abandonner le modèle associatif ? Certainement pas. Les associations sportives jouent un rôle historique et social qu'il convient de préserver. Elles incarnent l'identité des clubs, leurs valeurs, leur ancrage territorial et leur mission de promotion du sport auprès des jeunes. La solution ne réside donc pas dans la disparition des associations, mais dans l'introduction d'une option juridique nouvelle. L'association pourrait conserver son rôle institutionnel, son identité sportive et son patrimoine moral, tout en ayant la possibilité de transférer son activité professionnelle à une société anonyme qu'elle contrôlerait. Cette société serait chargée de l'exploitation commerciale du football professionnel, de la recherche d'investisseurs et du financement des projets de développement. C'est précisément dans cette direction que s'inscrivait le projet Taraji Holding. Au-delà de son issue, cette initiative avait le mérite de poser les bases d'une réflexion sur l'évolution du modèle économique du sport en Tunisie. Le football tunisien ne manque ni de passion, ni de talents. Il souffre surtout d'un cadre juridique qui ne correspond plus aux exigences d'un sport devenu une véritable industrie. La question n'est donc plus de savoir si le modèle associatif a rendu de précieux services au football tunisien. Il l'a fait, incontestablement. La véritable question est désormais de savoir s'il peut, à lui seul, accompagner les ambitions du football tunisien des vingt prochaines années. L'histoire du sport montre que les plus grandes réformes sont souvent celles qui permettent de préserver l'esprit des institutions tout en leur donnant les moyens d'évoluer. Il est peut-être temps d'offrir aux clubs tunisiens cette liberté : celle de choisir, s'ils le souhaitent, de devenir de véritables entreprises sportives, sans renoncer à leur identité ni à leur mission sociale.

Classement des OPCVM au 30 juin 2026 : des performances comprises entre 2,4 % et 64,3 %
OPCVM

Classement des OPCVM au 30 juin 2026 : des performances comprises entre 2,4 % et 64,3 %

02/07/2026 01:37 297 vues Par Moez Hadidane

Au 30 juin 2026, l'industrie tunisienne des OPCVM compte 128 organismes de placement collectif en valeurs mobilières, représentant un actif sous gestion de 11 205,9 millions de dinars. Ces 128 OPCVM se répartissent en deux grandes catégories : 56 OPCVM de taux, composés de 53 OPCVM obligataires, d'un OPCVM monétaire et de deux OPCVM obligataires de fait, pour un actif global de 9 362,9 MDT ; 72 OPCVM mixtes et actions, dont 21 OPCVM CEA. Au cours du premier semestre 2026, le Taux du Marché Monétaire (TMM) s'est établi en moyenne à 7,0 % en rythme annuel. Sur cette période, le rendement de l'indice TMM, correspondant à un placement quotidien capitalisé au TMM avant fiscalité, s'est élevé à 3,63 %, soit un rendement net de fiscalité de 2,90 %, après application de la retenue à la source de 20 % sur les revenus des capitaux mobiliers. Voir notre article : Taille des OPCVM au premier semestre 2026 : les encours franchissent les seuils des 10 puis des 11 milliards de dinars. Dans le même temps, le marché actions de la Bourse de Tunis a poursuivi son exceptionnelle dynamique, le TUNINDEX enregistrant une performance historique au cours des six premiers mois de l'année. Performances extrêmes des OPCVM toutes catégories confondues En excluant les deux nouveaux fonds lancés en 2026 — FCP VALEURS MONÉTAIRE, premier OPCVM monétaire ouvert au public, et FCP LEPTIS CEA, OPCVM mixte orienté CEA — les performances semestrielles des OPCVM affichent une dispersion particulièrement importante. La moins bonne performance ressort à 2,4 %, réalisée par un FCP obligataire, tandis que la meilleure atteint 64,3 % sur seulement six mois. Cette performance exceptionnelle est signée par FCP PROSPER+ CEA, un FCP mixte CEA géré par BTK Conseil. Meilleures performances des OPCVM obligataires au 30 juin 2026. Notre indice de référence, le Tera Training Fixed Income Collective Placement Fund Index, indice de capitalisation mesurant la performance moyenne pondérée des OPCVM obligataires de la place, a progressé de 3,17 % au cours du premier semestre 2026, soit un rendement annualisé par capitalisation de 6,49 %. Les 55 OPCVM obligataires retenus dans cette étude — sur un total de 56, FCP VALEURS MONÉTAIRE, ouvert au public le 30 mars 2026, n'ayant pas été intégré en raison de son lancement récent — ont enregistré une performance moyenne pondérée par l'actif net de 3,15 %, pour une performance médiane de 3,01 %. Les rendements semestriels de cette catégorie s'échelonnent entre 2,38 % et 5,17 %, illustrant une dispersion relativement limitée des performances. La première place du classement revient à FCP HELION SEPTIM II, qui réalise une performance de 5,17 % sur les six premiers mois de l'année, soit un rendement annualisé de 10,4 %. Géré par Helion Capital, ce fonds commun de placement obligataire de type distribution affiche un actif net de 34,2 millions de dinars au 30 juin 2026. À ses trousses, un autre fonds de Helion Capital complète le duo de tête. « FCP HELION SEPTIM III » signe une performance très proche, avec un rendement semestriel de 5,06 %. Également fonds commun de placement obligataire de type distribution, il se distingue par une taille plus importante que SEPTIM II, avec un actif net de 42,3 millions de dinars. Les deux fonds présentent une allocation d’actifs quasiment identique. Selon leurs états financiers arrêtés au 31 décembre 2025, la totalité des 80 % réglementaires de l’actif net devant être investis en valeurs mobilières est concentrée sur une seule ligne de bons de trésor de maturité proche de quatre ans. Ce positionnement traduit une stratégie de gestion active de type Bullet Carry & Roll-Down, consistant à concentrer le portefeuille sur le sweet spot de la courbe des taux (point ou portion de la courbe où la pente est maximale avant son aplatissement), c’est-à-dire la maturité offrant le meilleur compromis entre rendement, duration et potentiel de revalorisation lié au roll-down. Au regard des performances enregistrées au premier semestre 2026, cette approche a manifestement porté ses fruits et témoigne de la pertinence des choix de gestion opérés par Helion Capital. La troisième marche du podium revient à FCP MAGHREBIA PRUDENCE, un fonds commun de placement obligataire de type capitalisation géré par L'Union Financière. Le fonds affiche une performance semestrielle de 4,05 %, soit un rendement annualisé de 8,10 %. Au 30 juin 2026, son actif net s'établit à 8,3 millions de dinars. FCP SMART CASH occupe la quatrième place avec un rendement de 3,91 %, correspondant à un rendement annualisé de 7,83 % sur une base arithmétique. Géré par Smart Asset Management, ce fonds commun de placement obligataire de type distribution dispose d'un actif net de 19,5 millions de dinars. Le Top 5 est complété par FCP LEPTIS Obligataire CAP, qui enregistre une performance de 3,79 % sur le semestre. Géré par Leptis Asset Management, ce fonds commun de placement obligataire de type capitalisation affiche un actif net de 58,3 millions de dinars. Meilleures performances des OPCVM mixtes prudents Cette catégorie regroupe 16 OPCVM, représentant un actif net cumulé de 606,6 millions de dinars. Au terme du premier semestre 2026, les performances s'échelonnent entre 6,39 % et 29,79 %, traduisant une dispersion importante des rendements. En tête du classement, en revanche, la concurrence est restée particulièrement serrée, les cinq premiers fonds affichant des performances très proches les unes des autres. La première place du classement revient à FCP SÉCURITÉ, un fonds commun de placement de type distribution géré par BNA Capitaux, avec une performance semestrielle de 29,79 %. Les deux fonds de MAC SA, MAC HORIZON 2033 FCP et MAC HORIZON 2032 FCP, complètent le podium en affichant des performances respectives de 27,36 % et 26,50 %. Le Top 5 est complété par les deux fonds gérés par Maxula Bourse, FCP JASMINS 2033 et FCP FUTURE 10, qui enregistrent des performances respectives de 25,77 % et 25,40 %. Meilleures performances des OPCVM mixtes équilibrés Sur les huit OPCVM de catégorie mixte et d'orientation équilibrée recensés, le rendement affiché au 30 juin 2026 s'étend de 4,83% pour Union Financière Hannibal Sicav à 29,93% pour FCP Kounouz, soit un écart de plus de 25 points entre les deux extrêmes. La moyenne simple des rendements ressort à 20,41%, proche de la médiane (21,60%), ce qui traduit une majorité de fonds regroupés dans la partie haute de la fourchette. Le rendement moyen pondéré par la taille des actifs nets s'établit en revanche à 13,08%, sensiblement inférieur à la moyenne simple. Cet écart s'explique par le poids de Union Financière Hannibal Sicav, qui concentre à lui seul 64,4 MDT sur un total de 139,6 MDT d'actifs nets (soit près de 46% de l'échantillon) pour un rendement de 4,83%, contre des fonds plus performants mais de taille plus modeste, à l'image de FCP Kounouz (1,0 MDT) ou FCP Axis Placement Équilibré (2,1 MDT). SICAV Opportunity, avec 43,0 MDT d'actifs nets et un rendement de 18,09%, constitue le seul fonds combinant taille significative et performance proche de la médiane du groupe. Meilleures performances des OPCVM mixtes dynamiques Sur les 27 OPCVM de catégorie actions et mixte dynamique recensés, le rendement au 30 juin 2026 s'échelonne de 10,81% à 39,75% pour FCP Maghrebia Select Actions. La moyenne simple des rendements ressort à 27,90%, en ligne avec la médiane (27,47%), ce qui traduit une répartition relativement homogène des performances au sein de l'échantillon. Le rendement moyen pondéré par la taille des actifs nets s'établit à 30,72%, supérieur à la moyenne simple. Cette configuration s'explique par le poids de FCP Optima, qui concentre à lui seul 129,9 MDT sur un total de 511,8 MDT d'actifs nets (soit plus de 25% de l'échantillon) pour un rendement de 39,33%, l'un des plus élevés du classement. MAC FCP Dynamique (65,3 MDT, 27,47%) et SICAV Croissance (45,1 MDT, 22,63%) figurent également parmi les fonds de taille significative. À l'inverse, les fonds les moins performants du classement, représentent un poids marginal dans l'actif net total. Meilleures performances des OPCVM CEA Sur les 21 OPCVM d'orientation CEA (Compte Epargne en Actions) recensés au 30 juin 2026, cinq fonds affichent un rendement supérieur à 40% depuis le début de l'année : FCP Prosper + CEA (64,29%), FCP CEA Maxula (46,83%), FCP Iradett CEA (43,49%), FCP CEA BMCE Capital Value (40,74%) et FCP Amen CEA (40,18%). Ces cinq fonds présentent des tailles d'actifs nets contrastées, allant de 3,4 MDT pour FCP CEA BMCE Capital Value à 46,9 MDT pour FCP IRADETT CEA. Le fait marquant de ce classement demeure la performance de FCP Prosper + CEA, géré par BTK Conseil, qui se distingue non seulement comme le premier fonds de la catégorie CEA, mais surtout comme le seul à dépasser le TUNINDEX sur la période, l'indice de référence de la Bourse de Tunis ayant progressé de 47,69% depuis le début de l'année. Avec un rendement de 64,29% pour un actif net de 17,2 MDT, FCP Prosper + CEA devance le TUNINDEX de plus de 16,5 points de pourcentage, une surperformance rare pour un OPCVM investi en actions cotées, dont l'univers de placement recoupe largement la composition de l'indice. Les quatre autres fonds du top 5, bien que largement supérieurs à la moyenne de la catégorie, restent en deçà du TUNINDEX, à l'image de FCP CEA Maxula (46,83%) qui s'en approche le plus. À l'échelle de l'ensemble de l'échantillon, le rendement moyen pondéré par la taille des actifs nets s'établit à 34,52%, proche de la moyenne simple (34,99%) et de l'indice OPCVM CEA à dividendes capitalisés (34,19%), traduisant une relative homogénéité entre les 492,8 MDT d'actifs nets gérés par la catégorie. Ce niveau de rendement demeure toutefois nettement supérieur à celui de l'indice TMM (3,63%), confirmant l'attrait du compartiment actions sur la période sous revue.

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