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Crédits d’honneur : la BCT impose un parcours entièrement numérique et un suivi en temps réel
ECONOMIE

Crédits d’honneur : la BCT impose un parcours entièrement numérique et un suivi en temps réel

02/09/2026 01:06 9 vues Par Moez Hadidane

La circulaire n° 2026-08, publiée le 1er septembre 2026, complète le cadre réglementaire des crédits et microfinancements d’honneur. À compter du 1er octobre, les demandes devront être déposées exclusivement sur une plateforme numérique, tandis que les banques seront soumises à des obligations renforcées de traçabilité, de contrôle et de reporting. Le cadre des crédits d’honneur est désormais complet. Après l’introduction du dispositif dans l’article 412 ter du Code de commerce, puis la publication du décret n° 2026-148 du 23 juillet 2026 précisant ses conditions d’application, la Banque centrale de Tunisie vient d’en fixer les modalités opérationnelles. Datée du 1er septembre 2026, la circulaire aux banques n° 2026-08 fait entrer le mécanisme dans une nouvelle phase. Elle ne modifie ni les bénéficiaires ni les plafonds arrêtés par le décret, mais organise concrètement le traitement des demandes, leur traçabilité et le contrôle de l’utilisation des fonds. Son entrée en vigueur est fixée au 1er octobre 2026. Le dispositif impose aux banques d’accorder chaque année, au titre de la ligne de financement d’honneur, un volume minimal de concours correspondant à au moins 8 % du bénéfice net de l’exercice précédent. Pour la première année d’application, ce seuil est calculé par référence au bénéfice net de l’exercice 2025. Les financements sont accordés à court terme, sans intérêts et sans garanties. Les opérations relatives à cette ligne sont retracées dans un compte spécifique ouvert dans les livres de chaque banque. Le dispositif peut bénéficier aux particuliers, aux porteurs de microprojets, aux petites et moyennes entreprises ainsi qu’aux sociétés communautaires. Le montant de chaque financement est plafonné à 25 000 dinars pour une PME ou une société communautaire, à 10 000 dinars pour un porteur de microprojet et à 5 000 dinars pour un particulier souhaitant financer des besoins de consommation. Sauf pour les banques dont les statuts limitent le champ d’intervention, au moins 50 % de l’enveloppe annuelle doit être réservé aux PME et aux sociétés communautaires. Les financements sont remboursables sur une durée maximale de deux ans, avec la possibilité d’un délai de grâce pouvant atteindre six mois. Aucun intérêt, frais d’étude ou commission ne peut être facturé et aucune sûreté, quelle qu’en soit la nature, ne peut être exigée. Une plateforme exclusive pour chaque banque La principale innovation introduite par la circulaire réside dans la dématérialisation intégrale du parcours de demande. Chaque banque devra mettre en place une plateforme électronique exclusivement consacrée aux crédits et financements d’honneur. Tout dossier transmis par une autre voie sera considéré comme irrecevable. Cette plateforme devra respecter les règles relatives à la protection des données personnelles ainsi que les exigences de sécurité informatique. Elle assurera surtout l’horodatage électronique de chaque demande, en établissant avec précision sa date et son heure de dépôt. L’horodatage n’est pas une simple formalité technique. Il permettra d’établir l’ordre d’arrivée des dossiers, le décret imposant aux banques de tenir compte de l’antériorité des demandes et de respecter le principe d’équité. Il constituera également le point de départ du délai réglementaire accordé à la banque pour se prononcer. Après chaque dépôt, un récépissé devra être généré automatiquement et transmis au demandeur par un moyen laissant une trace écrite. La banque disposera ensuite de dix jours ouvrables bancaires pour notifier sa décision. Tout refus devra être motivé. Cette numérisation transforme ainsi la plateforme en véritable instrument de preuve et de transparence. Elle rend vérifiables à la fois la chronologie des demandes et le respect des délais de traitement. Son efficacité dépendra toutefois de sa disponibilité, de sa simplicité d’utilisation et de l’accompagnement offert aux bénéficiaires les moins familiers des démarches numériques. Un financement solidaire qui reste soumis aux règles bancaires L’absence d’intérêts et de garanties ne signifie pas que ces concours échappent aux règles de gestion du risque. La BCT précise qu’ils demeurent soumis aux politiques et procédures internes appliquées par les banques en matière d’octroi de crédits. Les établissements devront donc continuer à respecter les exigences de gouvernance, de contrôle interne, de classification des engagements et de couverture des risques. Le caractère social du dispositif ne crée pas un droit automatique au financement : les banques conservent leur responsabilité dans l’examen des dossiers, sous réserve de respecter les conditions, les délais et les principes d’équité fixés par les textes. La circulaire instaure parallèlement un contrôle destiné à empêcher le cumul des financements. Avant tout décaissement, la banque devra consulter la situation des engagements du demandeur auprès de la Centrale d’informations de la BCT et vérifier qu’il ne bénéficie pas déjà d’un crédit ou d’un financement non intégralement remboursé relevant de la même catégorie. Dès la mise à disposition des fonds, l’opération devra être déclarée en temps réel à la Centrale selon les nouveaux codes créés par la circulaire. La BCT pourra ainsi suivre immédiatement les concours accordés et repérer les éventuelles demandes multiples. Un suivi mensuel détaillé, jusqu’à l’échelle régionale Le nouveau cadre renforce également le suivi de l’utilisation des dotations. Chaque banque devra transmettre mensuellement à la BCT un état des crédits et financements accordés, ventilés par gouvernorat et par catégorie de bénéficiaires. Ce reporting précisera le nombre de financements, les montants distribués, la part de chaque gouvernorat dans l’enveloppe totale ainsi que les sommes recouvrées et non recouvrées. Les banques communiqueront en parallèle un relevé du compte dédié, retraçant l’ensemble des opérations inscrites à son débit et à son crédit, les décaissements réalisés et le solde restant disponible. Ces déclarations devront parvenir à la Banque centrale par le système d’échange de données au plus tard quinze jours après la fin de chaque mois. Elles s’ajouteront aux états trimestriels destinés au ministère des Finances et au rapport annuel que les commissaires aux comptes devront consacrer au respect du dispositif. La circulaire ouvre ainsi la voie à une lecture plus fine de la distribution des financements : montants mobilisés, répartition territoriale, catégories soutenues et évolution des impayés. Elle permettra notamment de vérifier si les ressources atteignent effectivement les petites structures et les régions auxquelles le mécanisme entend faciliter l’accès au financement. Un mois pour achever la mise en place L’entrée en vigueur au 1er octobre laisse aux banques un délai court pour adapter leurs systèmes. Elles devront créer la plateforme, sécuriser l’horodatage, intégrer les nouveaux codes de déclaration, organiser la consultation préalable de la Centrale d’informations et ajuster leurs procédures internes. Elles devront également informer le public des conditions d’éligibilité, des modalités de dépôt, des différentes étapes d’instruction et des délais de réponse. Cet effort de communication sera déterminant pour éviter que le dispositif, malgré son ambition, demeure peu connu ou difficilement accessible. Le véritable enjeu résidera désormais dans la capacité des établissements à transformer rapidement l’obligation réglementaire en financements effectivement distribués. Les dotations doivent en effet être versées dans le compte dédié dans les quinze jours suivant l’assemblée générale appelée à statuer sur l’affectation des bénéfices, puis être intégralement employées dans un délai maximal d’un an. Avec la circulaire n° 2026-08, la BCT cherche ainsi à concilier la vocation solidaire des crédits d’honneur avec les impératifs de discipline bancaire. Le financement est gratuit pour le bénéficiaire et affranchi de toute garantie, mais son octroi devient entièrement traçable : chaque demande est horodatée, chaque décision encadrée, chaque décaissement déclaré et chaque dinar suivi jusqu’à son remboursement.

UIB : les revenus de portefeuille et la détente du coût des ressources portent le résultat semestriel
BOURSE

UIB : les revenus de portefeuille et la détente du coût des ressources portent le résultat semestriel

02/09/2026 00:04 7 vues Par La rédaction

Au premier semestre 2026, l’UIB a accru son produit net bancaire de 5,9 %, à 273,8 MDT, malgré le recul de ses produits d’exploitation bancaire. La baisse des charges d’intérêts, la progression des revenus de portefeuille et l’amélioration du coefficient d’exploitation ont permis au résultat net d’atteindre 52,3 MDT, en hausse de 6,6 %. Des dépôts en léger retrait, mais une structure plus liquide À fin juin 2026, les dépôts et avoirs de la clientèle s’établissent à 7 185,6 MDT, contre 7 240,7 MDT au 31 décembre 2025, soit une diminution de 55,1 MDT ou 0,8 %. Cette évolution globale masque une nette recomposition des ressources. Les dépôts à vue ont progressé de 148,1 MDT, soit 7 %, à 2 260,6 MDT. Leur poids dans les dépôts est ainsi passé de 29,2 % à 31,5 %. Les comptes d’épargne ont, pour leur part, augmenté de 89,9 MDT ou 3,3 %, pour atteindre 2 807,9 MDT et représenter 39,1 % des dépôts, contre 37,5 % six mois auparavant. Ces hausses ont néanmoins été plus que compensées par le recul des comptes à terme et bons de caisse, en baisse de 276,1 MDT ou 12,5 %, à 1 941,3 MDT. Leur poids a été ramené de 30,6 % à 27 %. Les certificats de dépôt ont également chuté de 34,3 MDT, à seulement 0,5 MDT. À l’inverse, les autres dépôts et avoirs ont progressé de 17,3 MDT, à 173,9 MDT, tandis que le compte de recouvrement SG est demeuré stable à 1,5 MDT. Les créances nettes sur la clientèle ont parallèlement reculé de 49,9 MDT ou 0,8 %, passant de 6 530,3 MDT à fin décembre 2025 à 6 480,4 MDT à fin juin 2026. Les crédits bruts ressortent à 7 144,8 MDT, contre 7 163,3 MDT, soit un repli limité de 18,5 MDT ou 0,3 %. L’écart entre les évolutions brute et nette reflète notamment la hausse des provisions et des agios réservés. À fin juin 2026, les engagements sains, bilan et hors bilan, totalisent 6 961,4 MDT, contre 759,4 MDT d’engagements classés. Rapportés aux 7 720,8 MDT d’engagements bruts effectivement ventilés entre ces deux catégories, les engagements classés représentent 9,8 % contre 10,04 % au 30 juin 2025.  Le portefeuille-titres global a, de son côté, progressé de 157,5 MDT ou 20,9 %, à 911,7 MDT. Cette hausse provient presque entièrement du portefeuille commercial, qui a bondi de 150,9 MDT à 337,1 MDT, sous l’effet de l’augmentation des bons du Trésor à court terme. Le portefeuille d’investissement a progressé plus modérément de 6,5 MDT ou 1,2 %, à 574,6 MDT, principalement grâce à l’accroissement des titres d’investissement. Un PNB tiré aux deux tiers par les revenus de portefeuille Les produits d’exploitation bancaire ont diminué de 0,8 %, à 451,3 MDT. Toutefois, les charges d’exploitation bancaire ont reculé de 9,7 %, à 177,5 MDT. Le PNB ressort ainsi à 273,8 MDT, en hausse de 15,4 MDT ou 5,9 %. La marge nette d’intérêts a augmenté de 4,5 MDT ou 3,2 %, à 146,7 MDT, grâce au recul des charges d’intérêts, plus rapide que celui des revenus d’intérêts. Elle a contribué à hauteur de 29,5 % à la croissance du PNB, mais son poids dans celui-ci a légèrement diminué, de 55 % à 53,6 %. La marge sur commissions est restée presque stable à 76,9 MDT, contre 76,6 MDT, et représente désormais 28,1 % du PNB, contre 29,7 %. Le résultat de change a progressé de 0,2 MDT, à 18,1 MDT, soit 6,6 % du PNB. Le principal moteur de croissance a été constitué par les revenus de portefeuille. Les gains sur titres commerciaux hors change, ont atteint 9,9 MDT, contre 1,3 MDT, tandis que les revenus du portefeuille d’investissement ont progressé à 22,1 MDT. Ensemble, ces revenus ont augmenté de 10,4 MDT, à 32,1 MDT, expliquant 67,7 % de la hausse du PNB. Leur poids est passé de 8,4 % à 11,7 %. Une efficacité opérationnelle améliorée, malgré la fiscalité exceptionnelle Les frais de personnel ont progressé de 1,6 %, à 109,1 MDT, tandis que les charges générales d’exploitation ont légèrement reculé à 31,5 MDT. Les dotations aux amortissements et provisions sur immobilisations ont augmenté de 14 %, à 7,6 MDT. Au total, les charges opérationnelles ont atteint 148,2 MDT, en hausse de 1,6 %, soit un rythme nettement inférieur à celui du PNB. Le coefficient d’exploitation s’est amélioré de 56,5 % à 54,1 %. Cette meilleure maîtrise des charges a permis au résultat d’exploitation avant coût du risque de progresser de 11,6 %, à 125,8 MDT. Dans le même temps, le coût du risque économique a reculé de 27,4 à 25,3 MDT, ramenant son poids dans le PNB de 10,6 % à 9,2 %. Cette évolution favorable a amplifié la progression du résultat d’exploitation, qui atteint 100,5 MDT, en hausse de 17,7 %. Le solde positif des autres éléments ordinaires a diminué de 0,6 MDT à 0,4 MDT. La charge d’impôt a augmenté de 17,7 %, à 43,5 MDT. Le semestre a également supporté une charge extraordinaire de 5,1 MDT. Elle se compose d’une taxe conjoncturelle de 4,2 MDT au profit du budget de l’État et de 0,9 MDT d’autres éléments extraordinaires. Malgré cette charge, le résultat net a progressé de 6,6 %, à 52,3 MDT. La marge nette s’est améliorée de 10,8 % à 11,6 % des produits d’exploitation bancaire. Rapporté aux capitaux propres de clôture hors résultat semestriel, le ROE non annualisé ressort à 5 %, quasiment stable par rapport au premier semestre 2025.

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