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Financement du Trésor : un recours progressif à la facilité de 11 milliards de dinars
ECONOMIE

Financement du Trésor : un recours progressif à la facilité de 11 milliards de dinars

08/10/2026 00:01 18 vues Par Moez Hadidane

Au 20 septembre 2026, le Trésor avait mobilisé 5,650 milliards de dinars sur les 11 milliards autorisés auprès de la Banque centrale de Tunisie, soit 51,4 % de l’enveloppe. Répartis sur quatre tirages, ces financements ont notamment accompagné le règlement d’une importante échéance de dette extérieure en juillet. À cette date, 5,350 milliards de dinars restaient ainsi non mobilisés. À l’approche du dernier trimestre, le Trésor n’avait utilisé qu’un peu plus de la moitié de la facilité de caisse prévue par la loi de finances pour 2026. Selon les données des situations comptables décadaires de la Banque centrale de Tunisie (BCT), reprises dans les graphiques de Tera Finances, les montants mobilisés atteignaient 5,650 milliards de dinars au 20 septembre, pour une autorisation totale de 11 milliards. Ce dispositif est encadré par l’article 12 de la loi n° 2025-17 du 12 décembre 2025, portant loi de finances pour 2026. Celui-ci autorise la BCT à accorder au Trésor des facilités sans intérêts, remboursables sur quinze ans, dont trois années de grâce. Les modalités de mise à disposition et de remboursement sont fixées par une convention entre le ministre chargé des Finances et le gouverneur de la Banque centrale. Quatre tirages, dont le plus important en juillet Le recours à cette ligne s’est effectué en quatre étapes : 1 milliard de dinars en février, 1,250 milliard en mars, 2,400 milliards en juillet et 1 milliard en septembre. Le tirage le plus important, réalisé le 14 juillet, est intervenu à la veille du remboursement de l’Eurobond de 700 millions d’euros, en date de valeur du 15 juillet 2026. Le règlement de cette échéance représentait, en principal et intérêts, l’équivalent de 2,512 milliards de dinars. Lire aussi : La Tunisie honore le remboursement de son Eurobond : les réserves en devises reculent à 92 jours d'importation La facilité a ainsi contribué à accompagner le Trésor dans le respect d’un engagement extérieur majeur. La répartition des tirages montre une mobilisation ponctuelle de l’enveloppe, avec une concentration en juillet, plutôt qu’une utilisation uniforme au fil des mois. Une enveloppe encore disponible de 5,350 milliards de dinars Au 20 septembre, 48,6 % de la ligne autorisée restaient non mobilisés, soit 5,350 milliards de dinars. Ce solde constituait une capacité de financement encore disponible dans le cadre du dispositif prévu pour 2026. Il convient toutefois de distinguer cette autorisation de tirage d’une trésorerie déjà encaissée : les montants non mobilisés ne constituent pas des fonds présents sur le compte du Trésor. De même, le taux d’utilisation de la facilité ne permet pas, à lui seul, de conclure à une diminution des besoins globaux de financement de l’État. Il renseigne avant tout sur le recours, à une date donnée, à cet instrument particulier. Un encours de 19,650 milliards de dinars au titre des facilités de 2024 à 2026 Les tirages de l’année portent à 19,650 milliards de dinars l’encours cumulé des facilités accordées au Trésor au titre des dispositifs de 2024, 2025 et 2026. La facilité de 2024 représente 7 milliards de dinars. Autorisée à titre exceptionnel par la loi n° 2024-10 du 7 février 2024, elle est remboursable sur dix ans, dont trois années de grâce, sans intérêts. Celle de 2025 représente également 7 milliards de dinars. Prévue par l’article 12 de la loi de finances pour 2025, elle bénéficie d’une durée de remboursement de quinze ans, incluant trois années de grâce, et ne produit pas d’intérêts. Cette deuxième ligne avait notamment été sollicitée en janvier 2025, avec un tirage de 2 milliards de dinars, auquel s’ajoutaient 300 millions correspondant au reliquat de la facilité de 2024. Ces ressources avaient contribué au financement du remboursement de l’emprunt obligataire international d’un milliard de dollars, émis sur dix ans au taux de 5,75 % et arrivé à échéance le 30 janvier 2025. Le règlement représentait alors l’équivalent de 3,368 milliards de dinars en principal et intérêts. Enfin, la facilité de 2026 contribue à cet encours à hauteur des 5,650 milliards effectivement mobilisés au 20 septembre, et non du plafond de 11 milliards autorisé par la loi. La facilité de 2020 intégralement remboursée Ces encours se distinguent de la facilité exceptionnelle d’environ 2,8 milliards de dinars, mobilisée en décembre 2020 dans le contexte de la crise sanitaire. Son fondement juridique était l’article 5 de la loi n° 2020-45 du 14 décembre 2020, portant loi de finances rectificative pour 2020. Le texte autorisait un montant maximal de 2,810 milliards de dinars, pour une durée de remboursement ne dépassant pas cinq ans, dont une année de grâce. D’après les données présentées, cette facilité a été amortie progressivement jusqu’à son remboursement intégral en décembre 2025. Elle ne figure donc plus dans l’encours observé au 20 septembre 2026. Un appui à la gestion des échéances publiques L’absence d’intérêts et l’étalement des remboursements offrent au Trésor des conditions favorables pour organiser son financement dans le temps. Les opérations de janvier 2025 et de juillet 2026 illustrent notamment la contribution de ces facilités à la couverture de grandes échéances extérieures. Ces concours demeurent néanmoins des engagements remboursables. Leur apport doit ainsi s’apprécier dans une trajectoire plus large, associant mobilisation des recettes, financement de l’investissement et préparation des échéances futures. Au 20 septembre 2026, le constat est celui d’une utilisation progressive de la ligne annuelle, dont près de la moitié restait disponible. Une souplesse de financement pour le Trésor, appelée à accompagner la gestion des besoins de l’État sur le reste de l’exercice.

Le Conseil d'administration de la BCT réunit le 7 octobre 2026 maintient le taux directeur à 7,0%
ECONOMIE

Le Conseil d'administration de la BCT réunit le 7 octobre 2026 maintient le taux directeur à 7,0%

07/10/2026 21:30 9 vues Par Moez Hadidane

Réuni le 7 octobre 2026, le Conseil d'administration de la Banque Centrale de Tunisie a décidé de laisser son taux directeur inchangé à 7,00%, dans un contexte marqué par la flambée des prix internationaux de l'énergie, la remontée graduelle de l'inflation et la dégradation des équilibres extérieurs. Le Conseil d'administration de la Banque Centrale de Tunisie (BCT) a tenu, mercredi 7 octobre 2026, sa réunion périodique consacrée à l'examen des évolutions économiques, monétaires et financières, tant sur le plan international que national, ainsi que de la dynamique de l'inflation et des risques pesant sur ses perspectives. À l'issue de cette réunion, il a décidé de maintenir le taux directeur de l'Institut d'émission à 7,00%. Un environnement international marqué par la hausse des prix de l'énergie Sur le plan international, le Conseil relève que les prix de l'énergie ont enregistré une hausse sensible au cours de la période récente. Ils évoluent désormais à des niveaux nettement supérieurs aux hypothèses retenues dans les prévisions établies en juin dernier. Les incertitudes entourant le rétablissement des conditions d'approvisionnement sur les marchés énergétiques demeurent élevées et continuent d'alimenter des pressions haussières sur les coûts de production et de distribution. La transmission de ces tensions aux prix à la consommation se poursuit à l'échelle mondiale, ce qui retarde la convergence de l'inflation vers les objectifs fixés par les banques centrales. Dans ce contexte, la plupart des banques centrales des économies avancées ont opté pour un resserrement de leurs politiques monétaires, afin de contenir le regain des pressions inflationnistes et de favoriser un retour durable de l'inflation vers leurs cibles. Ralentissement de la croissance au deuxième trimestre Sur le plan national, la croissance économique a marqué le pas au deuxième trimestre 2026, revenant à 2,3% en glissement annuel, contre 2,6% au trimestre précédent, soit un recul de 0,3 point de pourcentage. Selon la BCT, cette évolution traduit notamment le net ralentissement de l'activité industrielle. Creusement du déficit courant sous l'effet de la facture énergétique Le secteur extérieur a été le plus directement affecté par la forte hausse des prix internationaux de l'énergie. La facture des importations énergétiques s'est établie à 11,3 milliards de dinars à fin août 2026, contre 8,8 milliards de dinars un an auparavant, soit une augmentation de 2,5 milliards de dinars (+28,4%). Cette évolution a contribué à la détérioration de la balance commerciale et au creusement du déficit courant. Ce dernier s'est élevé à 4 694 MDT, soit 2,5% du PIB, au cours des huit premiers mois de 2026, contre 2 724 MDT, soit 1,6% du PIB, durant la même période de 2025. Le déficit courant s'est ainsi alourdi de 1 970 MDT (+72,3%), gagnant 0,9 point de PIB. Dans le même temps, les avoirs nets en devises se sont établis à 23,7 milliards de dinars au 6 octobre 2026, soit l'équivalent de 92 jours d'importations, contre 24,3 milliards de dinars et 104 jours d'importations un an plus tôt. Ils ont ainsi reculé de 0,6 milliard de dinars (-2,5%) et de 12 jours d'importations. Le Conseil souligne, à cet égard, l'importance de préserver un niveau adéquat des réserves de change, notamment à travers une meilleure maîtrise du déficit énergétique et de ses incidences sur les paiements extérieurs. L'inflation poursuit sa remontée, tirée par les produits frais L'inflation a poursuivi sa remontée graduelle pour atteindre 5,6% en septembre 2026, contre 5,4% en août, soit une hausse de 0,2 point de pourcentage. Cette accélération est principalement imputable au renforcement de la hausse des prix des produits alimentaires frais, dont le glissement annuel est passé de 11,7% à 13,0% d'un mois à l'autre, soit une progression de 1,3 point. En revanche, l'inflation sous-jacente, mesurée par l'indice des prix à la consommation hors produits alimentaires frais et produits à prix administrés, s'est stabilisée à 5,1% pour le troisième mois consécutif. Des risques inflationnistes orientés à la hausse S'agissant des perspectives, le Conseil relève la persistance de facteurs de tensions inflationnistes d'origine tant externe qu'interne. Il estime qu'un maintien prolongé des prix internationaux de l'énergie à des niveaux élevés serait de nature à réduire sensiblement les marges de manœuvre de l'économie et à accentuer les vulnérabilités macroéconomiques et financières. Selon la BCT, la trajectoire de l'inflation à court et moyen termes dépendra notamment de la dynamique de la demande de consommation, dans un contexte de rétablissement encore progressif des capacités de production, ainsi que de la capacité à maîtriser les déséquilibres budgétaires et leurs répercussions sur les équilibres macroéconomiques. Considérant que les risques entourant la trajectoire future de l'inflation demeurent orientés à la hausse, le Conseil indique qu'il continuera d'assurer un suivi étroit de l'évolution des prix, de la demande, de la liquidité bancaire et des équilibres extérieurs. Il se dit prêt à prendre les mesures qu'il jugera nécessaires pour contenir les pressions sur la formation des prix et favoriser le retour durable de l'inflation à des niveaux soutenables. Dans l'immédiat, il a décidé de maintenir le taux directeur inchangé à 7,00%.

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