Tunis Stock Exchange
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Le Conseil du marché financier a annoncé la reprise de la cotation du titre ASSAD à partir du vendredi 14 août 2026. Cette décision intervient après la publication par L’Accumulateur Tunisien ASSAD d’une proposition de règlement amiable de 16,034 millions de dinars destinée à mettre fin au volet douanier du contentieux engagé en juillet 2024. Très inférieur à l’amende initiale de 234 millions de dinars, ce montant serait payé sur cinq ans. La proposition, datée du 31 juillet, n’a toutefois été communiquée au marché que le 12 août. Le titre L’Accumulateur Tunisien ASSAD retrouvera la cote de la Bourse de Tunis le vendredi 14 août 2026, après trois séances de suspension. Dans un communiqué publié le 12 août, le Conseil du marché financier (CMF) indique qu’à la suite de la publication par ASSAD d’un communiqué de presse au Bulletin officiel du CMF, « la cotation du titre ASSAD reprendra le vendredi 14 août 2026 ». La suspension avait été décidée à la demande du CMF à compter du mardi 11 août, dans l’attente de la publication d’une information par la société. Comme nous l’avions envisagé dans notre précédent article, intitulé « ASSAD : la cotation suspendue dans l’attente d’une information majeure », cette décision était bien liée à une évolution du contentieux opposant ASSAD à l’Administration des Douanes. Une proposition de règlement ramenée à 16,034 millions de dinars Dans son communiqué du 12 août, L’Accumulateur Tunisien ASSAD annonce avoir reçu une proposition de règlement amiable de l’Administration des Douanes visant à mettre fin au volet douanier de l’affaire engagée en juillet 2024. Cette proposition, datée du 31 juillet 2026, fixe le montant total de la transaction à 16,034 millions de dinars, contre une amende initiale de 234 millions de dinars prononcée en première instance par le Tribunal de Ben Arous. La transaction envisagée représente ainsi une diminution de près de 218 millions de dinars, soit environ 93 %, par rapport au montant de l’amende initiale. Cette comparaison doit néanmoins être interprétée avec prudence. La proposition ne constitue pas une annulation judiciaire de l’amende prononcée en première instance, mais un mécanisme transactionnel destiné à mettre fin au seul volet douanier du contentieux. Pour ASSAD, la finalisation de cette transaction réduirait considérablement l’incertitude financière qui pèse sur la société depuis l’ouverture de l’affaire. Une première tranche de 1,603 million de dinars déjà réglée Les modalités proposées prévoient le règlement immédiat d’une première échéance de 1,603 million de dinars. ASSAD indique avoir déjà procédé au paiement de cette tranche. Le solde serait payable trimestriellement sur une période de cinq ans, à raison de 759 545 dinars par trimestre. Après le versement initial, le montant restant à payer ressort à environ 14,431 millions de dinars. Ce solde correspond approximativement à 19 échéances trimestrielles de 759 545 dinars. Le calendrier détaillé de la transaction devra donc préciser le nombre exact de versements et leurs dates d’exigibilité. L’étalement du paiement réduit la pression immédiate exercée sur la trésorerie de l’entreprise. Il représente néanmoins une sortie de fonds proche de 3,04 millions de dinars par année pleine, hors éventuels frais ou ajustements. L’incidence financière effective dépendra également du traitement comptable retenu, des provisions déjà constituées dans les comptes et de la date à laquelle la transaction deviendra juridiquement définitive. Une proposition qui n’est pas encore définitive ASSAD précise que la proposition reçue ne présente, à ce stade, aucun caractère exécutoire ou opposable. Elle ne vaut donc pas encore transaction définitive. Sa mise en œuvre demeure soumise à plusieurs conditions : son application au seul volet douanier de l’affaire ; la souscription, auprès du Receveur des Douanes territorialement compétent, d’un engagement de paiement des sommes dues à leurs échéances respectives ; l’établissement formel de l’acte de transaction. Tant que cet acte n’est pas établi, la proposition ne peut être invoquée devant une juridiction ou une autorité administrative. Cette précision est importante : le paiement de la première échéance témoigne de l’engagement de la société dans le processus, mais ne signifie pas encore que le contentieux est juridiquement et définitivement clos. Il reste également à déterminer la situation du volet non douanier de l’affaire, puisque le communiqué limite explicitement la portée de la proposition au seul contentieux avec l’Administration des Douanes. Pourquoi une publication le 12 août pour une proposition datée du 31 juillet ? Le calendrier de communication constitue l’un des principaux points d’interrogation entourant cette affaire. La proposition de règlement est datée du 31 juillet 2026, alors que le marché n’en a été informé que le 12 août, soit douze jours plus tard et au lendemain de la suspension de la cotation du titre à la demande du CMF. Entre-temps, la société a procédé au paiement de la première tranche de 1,603 million de dinars. Elle disposait donc de la proposition et avait commencé à en exécuter les modalités avant la diffusion du communiqué au marché. Plusieurs explications sont envisageables : délai de réception et d’examen du document, consultations juridiques, validation par les organes de gouvernance, accomplissement des formalités nécessaires, réalisation du premier paiement ou coordination de la communication avec les autorités du marché. Aucune de ces raisons n’est toutefois précisée dans le communiqué. Une question demeure donc posée : à quelle date exacte ASSAD a-t-elle effectivement reçu la proposition et pourquoi le marché n’en a-t-il été informé qu’après l’intervention du CMF et la suspension de la cotation ? La date portée sur la proposition ne correspond pas nécessairement à celle de sa réception effective par la société. Cette dernière information est indispensable pour apprécier correctement le délai de communication. ASSAD indique seulement avoir reçu une proposition « datée du 31 juillet 2026 », sans préciser le jour où elle lui a été remise. Compte tenu de l’importance financière du dossier et de son influence potentielle sur la valorisation du titre, une clarification de cette chronologie permettrait de lever toute ambiguïté sur les conditions dans lesquelles l’information a été portée à la connaissance du marché. Reprise de la cotation le vendredi 14 août La publication du communiqué d’ASSAD ouvre la voie au retour du titre sur le marché. Après avoir été suspendue le 11 août à la demande du Conseil du marché financier, la cotation reprendra le vendredi 14 août 2026. Cette reprise permettra aux investisseurs de réagir à la proposition de règlement amiable dévoilée par la société. Le marché devra désormais apprécier l’ampleur de la réduction du risque douanier, le montant de la transaction étant ramené à 16,034 millions de dinars contre une amende initiale de 234 millions de dinars. L’attention portera également sur les modalités d’étalement du paiement, la finalisation juridique de l’accord et son incidence comptable sur les comptes d’ASSAD. La séance du 14 août constituera ainsi le premier véritable test de l’accueil réservé par le marché à cette évolution majeure du dossier douanier. Une issue nettement plus favorable, mais encore conditionnelle Sur le plan financier, la proposition constitue une évolution très favorable par rapport au risque initial de 234 millions de dinars. Elle permettrait à ASSAD de ramener son exposition douanière à 16,034 millions de dinars et d’en étaler l’essentiel sur plusieurs exercices. Cette avancée pourrait contribuer à améliorer la visibilité financière du groupe, parallèlement à la restructuration de Batteries ASSAD Algérie et au projet d’ouverture du capital de cette filiale. Trois incertitudes demeurent toutefois : la finalisation juridique de l’acte de transaction ; le traitement du volet non douanier de l’affaire ; l’impact comptable exact de l’accord sur les comptes d’ASSAD. À celles-ci s’ajoute la question du calendrier de communication de la proposition. Lors de la reprise du 14 août, la réaction du titre dépendra donc autant de la forte réduction du risque douanier que de l’évaluation, par les investisseurs, des conditions financières, juridiques et informationnelles entourant l’accord.
Les échanges extérieurs de la Tunisie ont poursuivi leur progression durant les sept premiers mois de 2026. Mais les importations ont augmenté nettement plus vite que les exportations, creusant le déficit commercial de plus de 3 milliards de dinars en un an. La facture énergétique explique à elle seule près des deux tiers de cette détérioration. La dynamique des exportations tunisiennes ne suffit plus à contenir la poussée des importations. À fin juillet 2026, le déficit commercial s’est établi à 14,958 milliards de dinars, contre 11,904 milliards une année auparavant, selon les données publiées par l’Institut national de la statistique (INS). En l’espace d’un an, le déséquilibre des échanges extérieurs s’est ainsi aggravé de 3,053 milliards de dinars, soit une hausse de 25,6 %. La tendance apparaît encore plus marquée sur deux ans : durant les sept premiers mois de 2024, le déficit commercial ne dépassait pas 9,632 milliards de dinars. Cette dégradation intervient alors même que les exportations affichent une progression soutenue. Leur valeur a atteint 40,638 milliards de dinars à fin juillet 2026, en hausse de 9,9 % par rapport aux 36,973 milliards enregistrés au cours de la même période de 2025. Mais, dans le même temps, les importations ont bondi de 13,7 %, passant de 48,878 milliards à 55,596 milliards de dinars. En valeur, elles ont augmenté de 6,719 milliards de dinars, contre une progression de seulement 3,665 milliards pour les exportations. Cet écart de rythme explique mécaniquement le nouveau creusement du déficit. Un taux de couverture en recul continu La conséquence de cette évolution apparaît clairement dans le taux de couverture des importations par les exportations. Celui-ci est revenu à 73,1 % à fin juillet 2026, contre 75,6 % un an auparavant et 79,4 % durant les sept premiers mois de 2024. Autrement dit, pour 100 dinars de biens importés, la Tunisie n’en exporte désormais que pour 73,1 dinars. En deux ans, le taux de couverture a perdu 6,3 points, traduisant une détérioration progressive de l’équilibre des échanges commerciaux. Cette tendance constitue un point de vigilance pour l’économie tunisienne. Un déficit extérieur durablement élevé accroît les besoins de financement en devises et peut exercer une pression supplémentaire sur les réserves en monnaie étrangère ainsi que sur le taux de change. L’huile d’olive et les industries mécaniques soutiennent les exportations. La hausse des exportations demeure néanmoins portée par plusieurs secteurs importants. Les industries mécaniques et électriques, qui occupent une place centrale dans les ventes tunisiennes à l’étranger, ont enregistré une croissance de 10,5 %. Les exportations des industries agroalimentaires ont progressé encore plus rapidement, de 22,9 %. Cette performance s’explique notamment par l’augmentation des ventes d’huile d’olive, dont les recettes ont atteint 3,595 milliards de dinars, contre 2,506 milliards durant les sept premiers mois de 2025. Elles ont ainsi augmenté de près de 1,1 milliard de dinars en un an. Le secteur de l’énergie a également affiché une forte progression de ses exportations, avec une hausse de 53,3 %, sous l’effet principalement des ventes de produits raffinés. Celles-ci ont atteint 989 millions de dinars, contre 381,3 millions un an plus tôt. Toutes les branches exportatrices ne bénéficient toutefois pas de cette dynamique. Les ventes du secteur des mines, phosphates et dérivés ont reculé de 11,9 %, tandis que celles du textile, de l’habillement et du cuir ont diminué de 3,6 %. Ces baisses limitent la capacité des exportations à compenser l’accélération de la demande d’importation, notamment pour les produits énergétiques, alimentaires et les intrants de production. La facture énergétique s’alourdit fortement. La progression des importations concerne l’ensemble des grandes catégories de produits. Elle est toutefois particulièrement prononcée pour l’énergie, dont les achats à l’étranger ont augmenté de 35,7 %. Les importations de produits alimentaires ont, pour leur part, progressé de 23,6 %. Les achats de matières premières et de demi-produits ont augmenté de 8,9 %, ceux de biens de consommation de 8,6 % et ceux de biens d’équipement de 7,2 %. L’énergie reste de très loin la première source du déficit commercial tunisien. Le solde énergétique a atteint un niveau négatif de 7,946 milliards de dinars à fin juillet 2026, contre un déficit de 6,037 milliards durant la même période de 2025. La facture énergétique s’est ainsi détériorée de près de 1,909 milliard de dinars en un an, soit 62,5% de la détérioration globale. Elle représente désormais 53,1 % du déficit commercial total et explique à elle seule près des deux tiers de son aggravation entre 2025 et 2026. Hors énergie, le déficit commercial demeure néanmoins conséquent : il s’établit à 7,012 milliards de dinars, contre environ 5,867 milliards un an auparavant. La dégradation des échanges extérieurs ne résulte donc pas exclusivement de l’énergie, même si celle-ci en constitue le principal moteur. Seul le solde alimentaire reste excédentaire. La ventilation du solde commercial par groupe de produits met en évidence des déséquilibres étendus. Outre l’énergie, les matières premières et demi-produits présentent un déficit de 3,771 milliards de dinars. Le déficit des biens d’équipement atteint 2,630 milliards de dinars, tandis que celui des biens de consommation s’élève à 1,618 milliard. Le groupe de l’alimentation constitue la seule exception, avec un excédent de 1,007 milliard de dinars. Ce solde positif est toutefois légèrement supérieur à celui enregistré un an auparavant, qui s’établissait à 823,8 millions de dinars, mais reste nettement inférieur à l’excédent de 1,729 milliard observé à fin juillet 2024. Cette évolution montre que la bonne performance des exportations agroalimentaires, notamment de l’huile d’olive, permet encore à la Tunisie de dégager un excédent alimentaire. Elle ne suffit cependant pas à neutraliser les déficits cumulés des autres catégories de produits. L’Union européenne conserve une place dominante L’Union européenne demeure le principal débouché des produits tunisiens. Les exportations vers les pays de l’Union ont atteint 28,630 milliards de dinars durant les sept premiers mois de 2026, contre 26,120 milliards un an auparavant. Elles représentent 70,4 % des exportations totales. La France reste le premier marché de destination, avec une part de 22,5 % des exportations tunisiennes, devant l’Italie avec 17,2 % et l’Allemagne avec 13,7 %. L’Espagne et la Libye représentent respectivement 5,5 % et 3,5 % des ventes à l’étranger. En glissement annuel, les exportations ont progressé vers la France de 6,1 %, vers l’Italie de 8,7 % et vers l’Allemagne de 1,9 %. Elles ont en revanche diminué vers la Grèce de 24,7 % et vers la Bulgarie de 42 %. Du côté des pays arabes, les ventes tunisiennes ont fortement augmenté vers l’Égypte, de 85,4 %, et sont restées quasiment stables avec la Libye, en hausse de 0,1 %. Elles ont cependant reculé de 23,1 % avec le Maroc et de 12 % avec l’Algérie. La Chine, premier fournisseur de la Tunisie L’Union européenne représente 45,3 % des importations tunisiennes. Les achats en provenance de cette zone ont atteint 25,163 milliards de dinars à fin juillet 2026, contre 21,591 milliards durant la même période de 2025. Les importations ont notamment augmenté de 18,4 % avec la France et de 16,6 % avec l’Italie. Elles ont, en revanche, diminué de 15,8 % avec la Bulgarie et de 27,7 % avec Malte. À l’échelle individuelle, la Chine occupe la première place parmi les fournisseurs de la Tunisie, avec 12,4 % des importations totales. Elle est suivie de l’Italie, avec 12 %, de la France, avec 11,4 %, de l’Allemagne, avec 7,8 %, et de l’Algérie, avec 7 %. Hors Union européenne, les importations ont progressé de 10 % avec la Turquie, de 15,5 % avec l’Inde et de 5,2 % avec la Chine. Elles ont reculé de 43,8 % avec la Russie et de 10,8 % avec le Royaume-Uni. Une croissance des échanges de plus en plus déséquilibrée Les chiffres à fin juillet dessinent ainsi une configuration contrastée. D’un côté, les exportations tunisiennes continuent de progresser, soutenues par les industries mécaniques et électriques, l’agroalimentaire et les ventes de produits pétroliers raffinés. De l’autre, la hausse plus rapide des importations, en particulier énergétiques et alimentaires, absorbe largement ces gains. Le problème ne réside donc pas dans une contraction des ventes à l’étranger, mais dans l’écart croissant entre la progression des exportations et celle des achats extérieurs. Tant que la dépendance énergétique restera élevée et que les besoins d’importation de matières premières, de biens d’équipement et de produits de consommation continueront d’augmenter plus rapidement que les recettes d’exportation, le redressement durable de la balance commerciale restera difficile. À fin juillet 2026, plus de la moitié du déficit commercial tunisien est directement liée à l’énergie. Mais le déficit hors énergie dépasse lui aussi 7 milliards de dinars. Ce double déséquilibre rappelle que l’amélioration des comptes extérieurs suppose à la fois une réduction de la dépendance énergétique, une montée en valeur des exportations et un renforcement de l’intégration locale de l’appareil productif.