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Les entreprises industrielles tunisiennes peuvent déposer leur candidature jusqu’au 13 septembre 2026 pour bénéficier d’un diagnostic de maturité digitale, d’une feuille de route personnalisée et de la conception du cahier des charges d’un projet pilote. Cette première étape est intégralement financée par la coopération allemande. L’Agence de promotion de l’industrie et de l’innovation (APII) a annoncé la prolongation du délai de candidature à son appel à projets Industrie 4.0. Initialement fixée au 16 août, la date limite de dépôt des dossiers est désormais reportée au dimanche 13 septembre 2026 à 23h59. Cette prolongation doit accorder aux entreprises industrielles intéressées un délai supplémentaire pour finaliser leurs dossiers et favoriser une participation plus large au programme. Porté par le HUB Industrie 4.0 de l’APII, le dispositif est mis en œuvre en partenariat avec le ministère de l’Industrie, des Mines et de l’Énergie et l’initiative spéciale allemande « Emploi décent pour une transition juste » – Invest for Jobs, relevant du ministère fédéral allemand de la Coopération économique et du Développement (BMZ) et mise en œuvre par la GIZ Tunisie. Ce premier appel à projets lancé par le HUB Industrie 4.0 devrait permettre de sélectionner une cohorte de 10 à 20 entreprises industrielles tunisiennes. Préparer la transformation numérique avant d’investir L’appel à projets vise à accompagner les entreprises dans la phase de préparation de leur transformation numérique. Il ne s’agit pas, à ce stade, de financer directement l’acquisition de robots, de machines, de logiciels ou d’autres équipements technologiques. Le programme intervient en amont de ces investissements afin d’aider chaque entreprise sélectionnée à déterminer son niveau de maturité digitale, à identifier ses besoins prioritaires et à définir un projet technologique adapté à ses contraintes opérationnelles et financières. L’accompagnement comprend trois principaux livrables : un diagnostic de maturité digitale et industrielle ; une feuille de route de transformation personnalisée ; un cahier des charges détaillé pour un Proof of Concept, ou PoC. Cette démarche doit permettre aux entreprises d’éviter des investissements technologiques mal dimensionnés ou insuffisamment adaptés à leurs besoins. Elle vise également à relier la transformation numérique à des objectifs mesurables, tels que l’amélioration de la productivité, la réduction des coûts, le renforcement de la qualité, la traçabilité, la diminution des arrêts de production ou l’optimisation de la consommation énergétique. Qu’est-ce que l’Industrie 4.0 ? L’Industrie 4.0 désigne une nouvelle étape de la modernisation industrielle fondée sur l’intégration des technologies numériques aux processus de production. Elle repose notamment sur l’interconnexion des machines et des systèmes, la collecte et l’exploitation des données en temps réel, l’automatisation intelligente, la robotisation et l’utilisation de solutions capables d’améliorer le pilotage des opérations industrielles. Dans une entreprise, cette transformation peut prendre différentes formes : installation de capteurs pour suivre les équipements en temps réel ; maintenance prédictive destinée à anticiper les pannes ; automatisation ou robotisation de certaines opérations ; utilisation de l’intelligence artificielle pour optimiser les procédés ; contrôle automatisé de la qualité par vision industrielle ; amélioration de la traçabilité des matières premières et des produits ; intégration des systèmes de gestion ERP et des systèmes de pilotage de la production MES ; exploitation des données industrielles à travers des tableaux de bord ; optimisation de la consommation d’énergie et des ressources ; amélioration de la planification de la production et de la chaîne d’approvisionnement. L’Industrie 4.0 ne se limite donc pas à l’achat d’équipements sophistiqués. Elle suppose une transformation plus globale de l’organisation, des processus, des compétences et de la manière dont l’entreprise utilise ses données. Un accompagnement organisé en trois phases La première phase consiste à réaliser un diagnostic de la maturité digitale, technologique et organisationnelle de l’entreprise. Cette évaluation portera notamment sur les processus de production, les systèmes d’information, les flux de données, le niveau d’automatisation, l’organisation interne et les compétences disponibles. Elle permettra également d’identifier les principaux cas d’usage susceptibles d’améliorer la performance de l’entreprise. La deuxième phase sera consacrée à l’élaboration d’une feuille de route. Les besoins identifiés seront classés selon leur pertinence, leur faisabilité et leur impact potentiel. L’entreprise pourra ainsi disposer d’un plan de transformation réaliste, progressif et adapté à ses moyens. La troisième phase portera sur la conception du cahier des charges d’un Proof of Concept. Le PoC est une expérimentation ciblée destinée à tester, à petite échelle et dans des conditions réelles, la faisabilité et l’utilité d’une solution avant d’envisager son déploiement plus large. Le cahier des charges du PoC précisera notamment : le problème opérationnel à résoudre ; les objectifs et les résultats attendus ; le périmètre du projet pilote ; les spécifications fonctionnelles et techniques ; les technologies et l’architecture envisagées ; les prérequis nécessaires ; les indicateurs de performance ; les hypothèses de gains ; les critères permettant d’évaluer le succès du projet ; le budget prévisionnel et les conditions de mise en œuvre. Deux cahiers des charges à ne pas confondre Le document publié avec l’appel à projets est le cahier des charges général du programme. Il définit les critères d’éligibilité, la procédure de candidature, les modalités de sélection, le financement et les obligations des bénéficiaires. Le cahier des charges du PoC est, quant à lui, un document technique propre à chaque entreprise. Il sera élaboré au cours de l’accompagnement et décrira précisément le futur projet pilote à mettre en œuvre. Le premier document fixe donc les règles de l’appel à projets, tandis que le second constituera l’un des résultats de l’accompagnement proposé aux entreprises sélectionnées. Quelles entreprises peuvent candidater ? L’appel à projets est ouvert aux entreprises industrielles de tous secteurs répondant aux conditions suivantes : être implantées et exercer une activité en Tunisie ; disposer d’une activité opérationnelle en cours ; présenter une situation financière saine ; avoir la capacité d’envisager un projet de transformation ; démontrer l’engagement de la direction dans une démarche Industrie 4.0 ; être en mesure de mobiliser des équipes internes pour participer au diagnostic et aux ateliers de travail. Les entreprises peuvent candidater lorsqu’elles souhaitent initier un projet de transformation digitale, structurer une démarche Industrie 4.0 ou préparer le déploiement d’une solution technologique à travers un projet pilote. Le besoin présenté doit être concret et lié aux activités de l’entreprise. Il doit également comporter un potentiel de création de valeur mesurable et, si possible, une capacité de généralisation à une plus grande échelle. Ne sont pas éligibles les entreprises ne relevant pas du secteur industriel, celles qui se trouvent en situation de difficulté financière avérée ou de cessation d’activité, ainsi que les projets purement académiques, exploratoires ou dépourvus d’application opérationnelle concrète. Quels projets peuvent être proposés ? Les projets peuvent notamment porter sur : l’intelligence artificielle ; l’analyse prédictive ; la vision industrielle ; la maintenance prédictive ; l’Internet industriel des objets ; les capteurs et le suivi en temps réel ; l’automatisation et la robotisation ; l’analyse des données industrielles ; la traçabilité et le contrôle qualité ; la digitalisation des opérations ; l’intégration des systèmes MES et ERP ; l’efficacité énergétique ; l’optimisation des procédés et des ressources. Cette liste n’est pas exhaustive. Une entreprise peut proposer un autre cas d’usage dès lors qu’il répond à un besoin industriel réel et s’inscrit dans le périmètre de l’Industrie 4.0. L’entreprise candidate n’est pas tenue de disposer dès le départ d’une solution technique entièrement définie. Elle doit toutefois être capable d’exposer clairement le problème rencontré, le processus concerné, les résultats recherchés et les moyens qu’elle pourrait mobiliser. Une première étape financée à 100 % Les prestations relatives au diagnostic, à l’élaboration de la feuille de route et à la conception du cahier des charges du PoC sont intégralement prises en charge par la coopération allemande. Le financement couvre les prestations réalisées par les Centres de compétences Industrie 4.0 et les prestataires habilités dans le cadre du programme. Il ne correspond donc pas à une subvention versée directement à l’entreprise bénéficiaire. Les investissements lourds, le déploiement industriel à grande échelle, les dépenses sans lien direct avec la préparation du PoC, les coûts internes de l’entreprise et les dépenses engagées avant la signature de la convention ne sont pas couverts. Toute dépense dépassant les plafonds arrêtés par le programme restera également à la charge de l’entreprise. Le déploiement du projet pilote soumis à une seconde sélection À l’issue de la première étape, les entreprises accompagnées seront automatiquement positionnées comme candidates potentielles à une phase ultérieure de déploiement du PoC sur le terrain. Cette inscription dans le vivier de candidats ne signifie toutefois pas qu’elles seront automatiquement retenues ou que leur projet pilote sera intégralement financé. L’accès à cette deuxième étape dépendra d’une nouvelle sélection restrictive. Celle-ci tiendra notamment compte : du score de maturité digitale de l’entreprise ; de ses capacités techniques et organisationnelles ; de la faisabilité du PoC ; de sa capacité à mettre en œuvre le projet ; de sa capacité financière à supporter la poursuite et, éventuellement, la généralisation de la transformation. Cette seconde étape nécessitera un cofinancement obligatoire de l’entreprise bénéficiaire. Les modalités de sélection, le calendrier et la répartition du financement seront précisés ultérieurement par les responsables du programme. Comment les candidatures seront-elles sélectionnées ? Après la clôture de l’appel à projets, les dossiers seront examinés par une commission comprenant des représentants du HUB Industrie 4.0, de la GIZ et, éventuellement, des experts externes ou des représentants institutionnels. La sélection se déroulera en trois temps : vérification de la complétude du dossier ; contrôle de l’éligibilité de l’entreprise et du projet ; évaluation technique des candidatures recevables. La conformité administrative, la complétude du dossier et la santé financière constituent des critères éliminatoires. La notation technique est ensuite répartie entre deux blocs : la capacité technique et organisationnelle de l’entreprise, qui représente 80 % de l’évaluation ; le potentiel du cas d’usage proposé, qui représente 20 % de l’évaluation. La commission examinera notamment la motivation de l’entreprise, l’engagement de sa direction, l’existence d’une équipe projet, son niveau de maturité digitale, la clarté du besoin exprimé, la cohérence du cas d’usage et son impact potentiel sur la productivité, la qualité, les coûts ou les opérations. Les candidatures obtenant un score supérieur à 3,75 seront considérées comme prioritaires. Celles obtenant un score compris entre 2 et 3,75 pourront être jugées recevables mais non prioritaires et placées sur liste d’attente. Un score inférieur à 2 conduira au refus de la candidature. En cas d’égalité, la priorité pourra être accordée successivement à l’entreprise ayant déjà réalisé un diagnostic Industrie 4.0, à celle présentant le meilleur niveau de maturité digitale, puis à celle démontrant la meilleure capacité de financement. Les entreprises non retenues pourront demander le réexamen de leur candidature dans un délai maximal de cinq jours ouvrables à compter de la notification des résultats. Comment constituer le dossier ? La candidature doit être déposée exclusivement en ligne, au plus tard le 13 septembre 2026 à 23h59, à travers le formulaire suivant : https://forms.gle/srg4rcqk3vJrri5P7 Le formulaire permet de recueillir les principales informations relatives à l’entreprise, notamment : son identité et son activité ; son chiffre d’affaires et ses effectifs ; ses principaux marchés ; son organisation interne ; sa situation financière ; les compétences disponibles ; son niveau d’équipement informatique ; les systèmes utilisés ; son niveau de maturité digitale ; les motivations de sa candidature ; le besoin ou le problème industriel identifié ; le processus ou la ligne de production concernée ; le cas d’usage envisagé ; les résultats attendus. Pour renforcer la qualité de son dossier, l’entreprise doit décrire son besoin de manière concrète. Elle gagnera notamment à préciser l’origine du problème, ses effets sur l’activité, le périmètre concerné, les améliorations recherchées et les équipes susceptibles de participer au projet. Quelles pièces justificatives faut-il joindre ? Le dossier doit notamment comprendre : l’original d’un extrait récent du Registre national des entreprises ; le certificat d’affiliation à la Caisse nationale de sécurité sociale ou une attestation de solde valable, originale ou sous forme de copie conforme ; une attestation de régularisation de la situation fiscale ; une attestation d’identité fiscale valable ; une copie de l’attestation d’entrée en production ; un document attestant les pouvoirs du signataire ; les statuts juridiques de l’entreprise ; une déclaration sur l’honneur dûment remplie et signée par le premier responsable légal ; les états financiers du dernier exercice clos ; une déclaration sur l’honneur de non-faillite. L’entreprise peut également joindre, à titre facultatif, un diagnostic Industrie 4.0 déjà réalisé, des documents décrivant ses systèmes et ses processus ou tout support permettant d’apprécier son niveau de maturité digitale. Une candidature incomplète, tardive ou non conforme peut être rejetée. Les entreprises intéressées ont donc intérêt à vérifier suffisamment tôt la validité et la disponibilité de l’ensemble des documents administratifs, sociaux, fiscaux et financiers demandés. Quelles obligations pour les entreprises sélectionnées ? Les bénéficiaires devront participer activement à l’ensemble du parcours. Ils devront notamment : désigner et mobiliser les interlocuteurs internes concernés ; mettre à la disposition des experts les informations et les données nécessaires ; participer aux ateliers de travail ; respecter les jalons et les procédures du programme ; fournir les documents demandés dans le cadre du suivi et des audits ; contribuer aux actions de communication et de valorisation, dans les conditions qui seront précisées. Tout manquement significatif pourra entraîner la suspension, la réduction ou l’annulation du financement accordé. L’APII précise toutefois que la confidentialité des informations communiquées par les entreprises devra être préservée lors des actions de valorisation et de communication du programme. Un calendrier à actualiser après la prolongation Le cahier des charges, établi avant la décision de prolongation, mentionnait initialement une clôture des candidatures au 16 août, une sélection au 30 août et un démarrage des accompagnements à partir du 15 septembre 2026. La date limite ayant été reportée au 13 septembre, les dates relatives à la sélection et au démarrage du programme devront vraisemblablement être révisées. Les entreprises candidates devront donc se référer aux prochaines communications de l’APII pour connaître le calendrier actualisé. La clôture de la cohorte était initialement envisagée pour mars 2027, à titre indicatif. Où obtenir davantage d’informations ? Les entreprises peuvent consulter le cahier des charges complet avant de remplir le formulaire. Ce document détaille le fonctionnement du programme, les critères de sélection, les modalités de financement, les obligations des bénéficiaires et la grille d’évaluation. Pour toute demande d’information complémentaire, le cahier des charges indique les coordonnées suivantes : HUB Industrie 4.0 – APII63, rue de Syrie, 1002 Tunis BelvédèreE-mail : hubi4.0@apii.tnTéléphone : 70 162 890 / 70 162 888 Les candidatures doivent être déposées exclusivement en ligne avant le dimanche 13 septembre 2026 à 23h59.
Après avoir atteint 2,6 % au premier trimestre, la croissance économique tunisienne a ralenti à 2,3 % au deuxième trimestre 2026. L’agriculture et les services demeurent les principaux moteurs de l’activité, tandis que l’industrie marque presque le pas. Du côté de la demande, la croissance repose entièrement sur la demande intérieure, alors que les échanges extérieurs exercent une contribution négative. Selon les premières estimations des comptes nationaux trimestriels publiées par l’Institut national de la statistique (INS), le produit intérieur brut réel, corrigé des variations saisonnières, a progressé de 2,3 % en glissement annuel au deuxième trimestre 2026, après une croissance de 2,6 % au trimestre précédent. En variation trimestrielle, c’est-à-dire par rapport au premier trimestre 2026, le PIB réel a augmenté de 1,4 %. Cette progression intervient après un recul de 0,3 % au premier trimestre par rapport au quatrième trimestre 2025, traduisant ainsi un redressement de l’activité d’un trimestre à l’autre. Sur l’ensemble du premier semestre 2026, l’économie tunisienne a enregistré une croissance de 2,4 % par rapport à la même période de 2025, contre 2,5 % sur l’ensemble de l’année précédente. L’agriculture reste le premier moteur sectoriel. L’analyse du PIB selon l’optique de la production fait ressortir une croissance principalement soutenue par l’agriculture et les services, tandis que les performances de l’industrie demeurent faibles et très contrastées d’une branche à l’autre. L’agriculture, la sylviculture et la pêche ont enregistré une croissance de 5,5 % en glissement annuel, nettement supérieure à celle de l’ensemble de l’économie. Le rythme de progression du secteur a néanmoins ralenti par rapport au premier trimestre 2026, où il atteignait 7,4 %, et à l’ensemble de l’année 2025, durant laquelle la valeur ajoutée agricole avait augmenté de 11,7 %. En variation trimestrielle, l’activité agricole a progressé de 1,2 %. Avec un poids de 9,2 % dans le PIB, le secteur a apporté 0,51 point de pourcentage à la croissance du deuxième trimestre. Il constitue ainsi la première contribution individuelle parmi les différentes branches d’activité. Cette contribution explique à elle seule plus d’un cinquième de la croissance économique enregistrée au cours du trimestre. Les services apportent plus de la moitié de la croissance. Les services ont conservé une dynamique favorable, avec une progression de leur valeur ajoutée de 1,9 % sur un an et de 1 % par rapport au premier trimestre 2026. Pris dans leur ensemble, ils ont contribué à hauteur de 1,18 point de pourcentage aux 2,3 % de croissance du PIB, soit un peu plus de la moitié de la croissance économique du trimestre. Cette contribution importante tient principalement au poids prépondérant des services dans l’économie, même si leurs taux de croissance restent, pour plusieurs branches, relativement modérés. L’hébergement et la restauration affichent la progression la plus soutenue parmi les principales activités de services, avec une croissance de 4,6 %. Malgré un poids limité à 3,4 % du PIB, cette branche a contribué à hauteur de 0,16 point à la croissance globale. Les services d’information et de communication ont progressé de 3,5 % et apporté 0,13 point de croissance. Le transport et l’entreposage ont augmenté de 1,7 %, pour une contribution de 0,10 point. Certaines branches à forte pondération ont également soutenu l’activité malgré des progressions plus modérées : le commerce et la réparation, qui représentent 11,5 % du PIB, ont progressé de 1,4 % et contribué à hauteur de 0,16 point ; l’administration publique et la défense, dont le poids atteint 9 %, ont enregistré une croissance de 2 % et apporté 0,18 point ; l’enseignement a progressé de 2 %, pour une contribution de 0,13 point ; la santé humaine et l’action sociale ont augmenté de 1,4 %, contribuant à hauteur de 0,06 point ; les activités financières et d’assurance ont progressé de 0,8 %, pour une contribution de 0,04 point. Ces résultats montrent qu’un taux de croissance sectoriel élevé ne se traduit pas nécessairement par une contribution importante au PIB : celle-ci dépend également du poids de la branche dans l’économie. L’industrie manufacturière progresse faiblement. Les industries manufacturières ont enregistré une croissance limitée à 0,9 % en glissement annuel, après 3,1 % au premier trimestre. En variation trimestrielle, leur valeur ajoutée a reculé de 1,5 %, ce qui confirme une perte de dynamisme au deuxième trimestre. Cette faible progression annuelle masque toutefois des évolutions très divergentes. Les branches ayant soutenu l’activité manufacturière sont principalement : les industries diverses : +3,7 % ; les industries agroalimentaires : +2,1 % ; les industries mécaniques et électriques : +1,6 % ; les industries des autres produits minéraux non métalliques : +1,2 %. Les industries agroalimentaires et les industries mécaniques et électriques ont chacune apporté environ 0,07 point à la croissance du PIB. Les industries diverses ont contribué à hauteur de 0,06 point. À l’inverse, les industries chimiques ont subi une forte contraction de 7 %, retranchant environ 0,08 point à la croissance. Les industries du textile, de l’habillement et du cuir ont reculé de 0,9 %, avec une contribution négative de 0,02 point. Le raffinage du pétrole a, quant à lui, affiché une forte croissance de 19,2 %. Son poids extrêmement faible dans le PIB sur la période limite cependant son incidence sur la croissance globale. Les industries non manufacturières pénalisées par les mines et les hydrocarbures La valeur ajoutée des industries non manufacturières a diminué de 1,7 % en glissement annuel. Le secteur a néanmoins rebondi de 3 % par rapport au premier trimestre 2026. Cette catégorie regroupe quatre grandes branches : l’extraction de pétrole et de gaz naturel, l’extraction des produits miniers, la production et la distribution d’électricité et de gaz, ainsi que l’eau, l’assainissement et la gestion des déchets. La contraction annuelle provient principalement de deux activités : l’extraction des produits miniers, en baisse de 9,6 %, a retranché 0,08 point à la croissance ; l’extraction de pétrole et de gaz naturel, en repli de 1,1 %, a apporté une contribution négative de 0,02 point. La production et la distribution d’électricité et de gaz ont également légèrement reculé de 0,5 %, avec une contribution négative de 0,01 point. En revanche, la branche de l’eau, de l’assainissement et de la gestion des déchets a progressé de 3,3 %, contribuant positivement à hauteur de 0,03 point. Au total, l’ensemble de l’industrie — manufacturière et non manufacturière — a enregistré une croissance annuelle de seulement 0,3 %, après 2,6 % au premier trimestre. Le secteur industriel a par ailleurs reculé de 0,5 % en variation trimestrielle, confirmant sa quasi-stagnation. Un net rebond de la construction La construction, qui constitue un grand secteur distinct de l’industrie, a enregistré une croissance de 3,6 % en glissement annuel, après une contraction de 7,1 % au premier trimestre. En variation trimestrielle, sa valeur ajoutée a bondi de 16,8 %, soit la plus forte progression parmi les grands secteurs d’activité. Ce rebond doit toutefois être interprété à la lumière du faible niveau d’activité observé au trimestre précédent. Avec un poids de 4,4 % dans le PIB, la construction a contribué à hauteur de 0,16 point à la croissance du deuxième trimestre. Malgré ce redressement, sa valeur ajoutée a encore reculé de 1,8 % sur l’ensemble du premier semestre 2026. PIB optique demande : une croissance entièrement portée par la demande intérieure L’analyse du PIB selon les composantes de la demande confirme le rôle déterminant de la demande intérieure. Constituée principalement des dépenses de consommation et de la formation brute de capital fixe, c’est-à-dire l’investissement, la demande intérieure a progressé de 3,3 % en glissement annuel au deuxième trimestre 2026. Elle a ainsi apporté une contribution positive de 3,61 points de pourcentage à la croissance du PIB. Cette contribution, supérieure au taux de croissance global de 2,3 %, signifie que la demande intérieure a plus que compensé l’effet défavorable des échanges extérieurs. Le solde des échanges extérieurs a en effet retranché 1,33 point de pourcentage à la croissance. Les exportations de biens et services ont progressé de 10,4 %, mais cette hausse a été dépassée par celle des importations, qui ont augmenté de 11,2 %. La croissance du deuxième trimestre repose donc sur une configuration déséquilibrée : la demande intérieure soutient l’activité, tandis que la demande extérieure nette la freine. Cette évolution peut également accentuer les tensions sur le déficit commercial si l’accélération des importations se prolonge. Une trajectoire encore éloignée de l’objectif budgétaire Le budget de l’État pour 2026 a été élaboré sur la base d’une hypothèse de croissance de 3,3 % sur l’ensemble de l’année. Avec une progression limitée à 2,4 % au premier semestre, la réalisation de cet objectif supposerait une accélération très marquée de l’activité durant la seconde moitié de l’année, avec une croissance moyenne en glissement annuel nettement supérieure à 4 %. Une telle accélération paraît, à ce stade, exigeante au regard de la quasi-stagnation de l’industrie, de la contribution négative des échanges extérieurs et du ralentissement observé dans l’agriculture. Les prévisions des institutions financières sont d’ailleurs généralement plus prudentes que l’hypothèse budgétaire, même si elles diffèrent selon les organismes et les dates de publication. Il serait donc préférable de présenter 2,6 % en 2026 et 2,7 % en 2027 comme un scénario de référence ou un consensus indicatif, et non comme la prévision unanime de la majorité des institutions. À titre d’exemple, le FMI affiche actuellement une prévision de croissance de 2,1 % pour la Tunisie en 2026. Le scénario gouvernemental retient 3,3 %, tandis que les projections du FMI sont plus prudentes. Les délestages pourraient peser sur le troisième trimestre. Les coupures d’électricité et les opérations de délestage intervenues en juillet constituent un risque supplémentaire pour l’activité du troisième trimestre. Leur incidence pourrait se manifester à travers l’interruption temporaire de la production, la désorganisation des chaînes de fabrication, l’augmentation des coûts d’exploitation et les pertes subies par certaines entreprises ne disposant pas de solutions énergétiques de secours. Il convient néanmoins de rester prudent : leur effet macroéconomique dépendra de leur durée, de leur fréquence, de leur répartition géographique et de l’exposition des secteurs concernés. Elles pourraient freiner la croissance du troisième trimestre, mais les informations disponibles ne permettent pas encore d’en quantifier précisément l’impact. Les premières estimations de la croissance au troisième trimestre 2026 devraient être publiées par l’INS autour du 15 novembre 2026, conformément au calendrier trimestriel habituel de l’Institut. En définitive, les résultats du deuxième trimestre décrivent une économie toujours en croissance, mais dont la dynamique reste fragile et inégalement répartie. L’agriculture et les services assurent l’essentiel de l’expansion, alors que l’industrie demeure presque à l’arrêt. Le rebond de la construction constitue un signal encourageant, mais la contribution négative du commerce extérieur et les risques énergétiques pourraient compliquer l’accélération nécessaire pour atteindre l’objectif de croissance retenu dans le budget 2026.