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Banque de Tunisie : le PNB progresse de 11,8 % et le bénéfice net de 12,5 % au premier semestre 2026
BOURSE

Banque de Tunisie : le PNB progresse de 11,8 % et le bénéfice net de 12,5 % au premier semestre 2026

08/09/2026 10:42 2 vues Par Moez Hadidane

La Banque de Tunisie a bénéficié de l’élargissement de sa marge nette d’intérêts et de la progression des revenus du portefeuille. Malgré la hausse des charges opérationnelles et de l’impôt, le recul du coût du risque a permis au résultat net d’atteindre 95,6 MDT. La collecte s’est toutefois contractée de 2,2 % depuis le début de l’année, tandis que les créances nettes sont restées pratiquement stables. Une collecte en baisse, malgré la progression des dépôts à vue et de l’épargne Au 30 juin 2026, les dépôts et avoirs de la clientèle s’établissent à 6 807,3 MDT, contre 6 957,7 MDT à fin décembre 2025. La collecte a ainsi diminué de 150,4 MDT, soit 2,2 %. Cette évolution masque des trajectoires contrastées. Les dépôts à vue ont progressé de 73,4 MDT, ou 4,0 %, à 1 909,1 MDT. Leur poids dans la collecte est passé de 26,4 % à 28,0 %. Les comptes d’épargne ont, pour leur part, augmenté de 94,6 MDT, ou 3,9 %, pour atteindre 2 543,9 MDT, portant leur part de 35,2 % à 37,4 %. Le reliquat, regroupé sous l’intitulé « autres sommes dues à la clientèle », s’est contracté de 318,4 MDT, ou 11,9 %, à 2 354,3 MDT. Sa part dans les dépôts a reculé de 38,4 % à 34,6 %. Cette baisse provient principalement des dépôts à terme, en diminution de 357,1 MDT, ou 15,3 %. Les créances nettes sur la clientèle sont demeurées quasiment inchangées, à 6 587,7 MDT, contre 6 585,4 MDT à fin 2025. Avant déduction des provisions et des agios réservés, les créances brutes ont atteint 7 204,5 MDT, en hausse de 33,1 MDT, ou 0,5 %. Sur un périmètre intégrant les engagements au bilan et hors bilan, les engagements sains ont diminué de 26,3 MDT, à 8 234,9 MDT, tandis que les engagements classés ont augmenté de 18,3 MDT, ou 3,3 %, à 571,7 MDT. Le taux des créances classées est ainsi passé de 6,28 % à fin 2025 à 6,49 % au 30 juin 2026. La couverture s’est néanmoins renforcée. Les provisions affectées aux créances classées, bilan et hors bilan, totalisent 418,5 MDT, auxquelles s’ajoutent 71,3 MDT d’agios réservés. Rapporté aux 571,7 MDT d’engagements classés, cet ensemble porte le taux de couverture à 85,69 %, contre 82,95 % six mois auparavant. Le portefeuille-titres commercial demeure nul. Le portefeuille d’investissement affiche une valeur comptable nette de 1 389,4 MDT, en hausse de 31,1 MDT, ou 2,3 %, sous l’effet notamment de la progression des fonds gérés par des SICAR et des autres titres de propriété. À l’inverse, l’encours des bons du Trésor assimilables a reculé de 69,4 MDT. La marge nette d’intérêts assure l’essentiel de la croissance du PNB Les produits d’exploitation bancaire ont atteint 476,9 MDT au premier semestre 2026, en hausse de 4,0 %. Dans le même temps, les charges d’exploitation bancaire ont reculé de 6,5 %, à 184,8 MDT. Le produit net bancaire s’est ainsi établi à 292,1 MDT, en progression de 30,9 MDT, ou 11,8 %. La marge nette d’intérêts constitue le principal moteur de cette croissance. Elle a augmenté de 26,0 MDT, ou 18,5 %, à 166,7 MDT, contribuant à hauteur de 84,1 % à la hausse du PNB. Son poids dans celui-ci est passé de 53,9 % à 57,1 %. La marge sur commissions a légèrement reculé de 0,2 MDT, à 40,9 MDT. Sa contribution à la variation du PNB est négative à hauteur de 0,5 %, et son poids s’est replié de 15,7 % à 14,0 %. Le résultat de change a progressé de 0,1 MDT, à 11,8 MDT, et représente 4,0 % du PNB, contre 4,5 % un an plus tôt. Les revenus du portefeuille, hors résultat de change, ont augmenté de 7,2 MDT, ou 10,6 %, à 74,8 MDT. Ils ont généré 23,2 % de la croissance du PNB et représentent 25,6 % de celui-ci, contre 25,9 % au premier semestre 2025. Cette contribution a été partiellement absorbée par 2,2 MDT de pertes sur portefeuille-titres commercial et opérations financières, inexistantes un an auparavant. Le PNB de 292,1 MDT est identique, qu’il soit calculé par différence entre produits et charges d’exploitation bancaire ou par addition de ses différentes composantes. Un coût du risque mieux maîtrisé Les charges opérationnelles ont progressé de 11,7 %, à 101,1 MDT. Les frais de personnel ont augmenté de 8,3 %, à 65,1 MDT, et les charges générales d’exploitation de 3,9 %, à 26,7 MDT. Les dotations aux amortissements ont presque doublé, passant de 4,7 MDT à 9,3 MDT. Malgré cette hausse, le coefficient d’exploitation est resté pratiquement stable à 34,6 %, la progression du PNB ayant absorbé celle des charges. Le résultat d’exploitation avant coût du risque a ainsi atteint 191,8 MDT, en hausse de 11,9 %. Le coût du risque a diminué de 8,3 %, à 34,5 MDT. Le recul des dotations nettes sur créances, hors bilan et passifs, de 33,8 MDT à 29,3 MDT, a plus que compensé la hausse du coût lié au portefeuille d’investissement, passé de 3,9 MDT à 5,3 MDT. Le coût du risque représente désormais 11,8 % du PNB, contre 14,4 % un an auparavant. Le résultat d’exploitation après coût du risque s’est amélioré de 17,6 %, à 157,2 MDT. Cette progression a été atténuée par une perte de 1,2 MDT sur les autres éléments ordinaires, contre un gain de 0,8 MDT au premier semestre 2025. La charge fiscale a augmenté de 22 %, à 60,4 MDT, dont 54,5 MDT d’impôt sur les sociétés, 5,6 MDT de contribution sociale de solidarité et 0,3 MDT de contribution au Fonds de l’éducation. Le bénéfice net ressort ainsi à 95,6 MDT, en progression de 10,6 MDT, ou 12,5 %. La marge nette s’est améliorée de 18,5 % à 20,1 % des produits d’exploitation bancaire. Sur la base des capitaux propres de clôture hors résultat de la période, le ROE semestriel non annualisé atteint 6,77 %, contre 6,46 % un an auparavant. Une trésorerie pénalisée par les flux d’exploitation Les activités d’exploitation ont consommé 98,3 MDT de trésorerie au premier semestre 2026, contre une génération de 82,4 MDT un an auparavant. Cette dégradation reflète notamment les décaissements nets liés aux prêts et avances à la clientèle ainsi que les retraits nets de dépôts de la clientèle. Les activités d’investissement ont, en revanche, généré 22,0 MDT, contre une consommation de 37,1 MDT au premier semestre 2025. Les flux de financement sont restés négatifs à hauteur de 114,0 MDT, principalement sous l’effet du versement de 94,5 MDT de dividendes et de la diminution des ressources spéciales. La trésorerie s’est contractée de 190,4 MDT sur le semestre. Selon l’état principal des flux, les liquidités et équivalents de liquidités s’établissent à 286,1 MDT au 30 juin 2026, contre 476,5 MDT à fin décembre 2025, soit une baisse de 40,0 %.

FCR : comment un avantage destiné aux Tunisiens à l’étranger alimente le marché parallèle automobile
ECONOMIE

FCR : comment un avantage destiné aux Tunisiens à l’étranger alimente le marché parallèle automobile

07/09/2026 14:33 38 vues Par Moez Hadidane

Après avoir analysé l’envolée des apports en nature liés au régime FCR, Tera Finances revient sur l’autre face de ce dispositif : le développement d’un marché parallèle et la multiplication des pratiques de monétisation du privilège fiscal. Voir notre article précédent : Transferts des TRE : dopés par le régime FCR, les apports en nature atteignent 2,7 milliards de dinars. Les revenus du travail provenant de l’étranger ont atteint un niveau record de 11,4 milliards de dinars en 2025. Cette progression ne tient toutefois pas uniquement aux transferts financiers. Les apports en nature, principalement constitués de véhicules importés sous le régime FCR, ont bondi de 58,7 % pour représenter près du quart du total. Mais l’expansion de ce dispositif a aussi favorisé le développement d’un marché automobile parallèle et la multiplication des pratiques de monétisation du privilège fiscal. Le revers du FCR : marché parallèle et détournement du privilège La montée spectaculaire des importations sous le régime FCR présente toutefois un revers. En facilitant l’entrée de véhicules bénéficiant d’une fiscalité fortement réduite, le dispositif a contribué à élargir un circuit d’approvisionnement automobile extérieur aux réseaux des concessionnaires agréés. Toutes les transactions réalisées dans ce cadre ne sont pas nécessairement irrégulières. Le régime de la franchise partielle prévoit expressément la possibilité de céder le véhicule après le paiement de 25 % ou de 30 % des droits et taxes normalement dus. Les véhicules ainsi introduits puis revendus alimentent néanmoins ce que les professionnels du secteur qualifient de « marché parallèle », par opposition au marché structuré autour des concessionnaires officiels. En 2025, environ 93 000 véhicules ont été commercialisés en Tunisie. Selon les estimations avancées par la Chambre syndicale nationale des concessionnaires et constructeurs automobiles, plus de 29 000 véhicules, soit près de 30 % du marché, seraient passés par des circuits parallèles. Ceux-ci comprennent notamment les véhicules introduits grâce aux franchises fiscales accordées aux Tunisiens résidant à l’étranger. À côté de ces opérations autorisées s’est également développé un véritable commerce du privilège FCR. Dans ce type de montage, le bénéficiaire ne choisit pas le véhicule pour son usage personnel : il met son identité et son droit à la franchise à la disposition d’un acheteur résidant en Tunisie, moyennant une contrepartie financière. Le véhicule est alors importé au nom du Tunisien résidant à l’étranger, mais financé et destiné, dès l’origine, à une autre personne. Cette pratique détourne le régime de sa finalité. Le décret n° 2024-370 exige en effet que le véhicule soit la propriété personnelle du bénéficiaire. Il impose également que les droits et taxes acquittés sous le régime partiel, ou le prix payé en cas d’acquisition locale, proviennent de devises apportées par celui-ci ou retirées de son compte en devises convertibles. La vente du privilège FCR pour importer un véhicule au profit d’un tiers peut ainsi constituer une infraction douanière et de change. Le décret prévoit d’ailleurs le retrait de l’avantage lorsqu’un détournement de destination est constaté, sans préjudice des poursuites pouvant en résulter. L’essor des apports en nature doit donc être interprété avec prudence. Sur le plan comptable, il contribue fortement à la progression des revenus du travail. Sur le plan économique, il ne correspond pas à une entrée équivalente de liquidités et peut dissimuler une extension du commerce automobile informel, ainsi que des opérations dans lesquelles le bénéficiaire officiel du FCR n’est pas l’acquéreur économique réel du véhicule. Une lecture plus nuancée des revenus du travail La distinction entre flux financiers et apports en nature est dès lors essentielle. Si les revenus du travail ont fortement progressé depuis 2024, leur augmentation traduit de plus en plus la valorisation de biens introduits en Tunisie, principalement des véhicules sous régime FCR, plutôt qu’une hausse équivalente des fonds effectivement transférés. Le nouveau régime a incontestablement renforcé les avantages accordés aux Tunisiens établis à l’étranger et stimulé les importations de véhicules. Mais cette évolution a aussi amplifié les déséquilibres du marché automobile : concurrence avec les circuits agréés, développement des ventes informelles, spéculation sur les véhicules et monétisation illicite, dans certains cas, du privilège fiscal. Le FCR apparaît ainsi comme le principal moteur de l’envolée des apports en nature, mais également comme l’un des facteurs de transformation du marché automobile tunisien. L’enjeu consiste désormais à préserver l’avantage légitime accordé aux Tunisiens résidant à l’étranger, tout en renforçant les contrôles destinés à empêcher son détournement au profit d’intermédiaires et d’acheteurs qui ne remplissent pas les conditions légales.

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