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Céréales : la BCT relève jusqu’à 11,1 % les plafonds des crédits accordés aux exploitants
ECONOMIE

Céréales : la BCT relève jusqu’à 11,1 % les plafonds des crédits accordés aux exploitants

20/08/2026 11:45 1 vue Par Tera Finances

La Banque centrale de Tunisie a actualisé les barèmes d’intervention applicables au financement des cultures céréalières et fourragères. Les nouveaux plafonds atteignent notamment 1 930 dinars par hectare pour le blé et les légumineuses en irrigué, 1 415 dinars pour ces mêmes cultures en sec dans la zone 1 et 940 dinars pour l’orge dans la zone 1. Les relèvements varient de 1,4 % à 11,1 %, tandis que le plafond destiné aux fourrages d’hiver demeure inchangé. Ces montants constituent toutefois des plafonds bancaires et non des crédits automatiquement accordés aux agriculteurs. La Banque centrale de Tunisie a révisé les plafonds des crédits bancaires destinés au financement des cultures céréalières et fourragères. La circulaire aux banques n° 2026-7 du 7 août 2026 modifie les dispositions du paragraphe « a » de l’annexe I à la circulaire n° 87-47 du 23 décembre 1987 relative aux modalités d’octroi, de contrôle et de refinancement des crédits. Le nouveau barème couvre le blé dur, le blé tendre, les légumineuses, l’orge ainsi que les fourrages d’hiver et d’été. Les montants sont exprimés en dinars par hectare et différenciés selon la culture, la zone de production et, pour certaines spéculations, le mode d’exploitation en sec ou en irrigué. La circulaire est entrée en vigueur à compter de sa publication. Les nouveaux plafonds en dinars par hectare Pour le blé dur, le blé tendre et les légumineuses cultivés en sec, le plafond passe de 1 395 à 1 415 dinars par hectare dans la zone 1, soit une augmentation de 20 dinars ou 1,4 %. Dans la zone 2, il progresse de 1 150 à 1 175 dinars par hectare, ce qui correspond à une hausse de 25 dinars ou 2,2 %. Pour ces mêmes cultures en irrigué, le plafond est relevé de 1 865 à 1 930 dinars par hectare, soit 65 dinars supplémentaires et une augmentation de 3,5 %. Les revalorisations les plus importantes concernent proportionnellement l’orge. Le plafond augmente de 9,3 % dans la zone 1, de 8,5 % dans la zone 2 et de 11,1 % dans la zone 3. Ainsi, les nouveaux plafonds s’échelonnent de 350 dinars par hectare pour l’orge en sec dans la zone 3 à 1 930 dinars par hectare pour le blé dur, le blé tendre et les légumineuses en irrigué. L’orge bénéficie des relèvements les plus importants En valeur absolue, la plus forte augmentation concerne l’orge cultivée en sec dans la zone 1. Le plafond progresse de 80 dinars par hectare, passant de 860 à 940 dinars. Dans la zone 2, il augmente de 70 dinars, à 890 dinars par hectare, contre 820 dinars précédemment. Dans la zone 3, le relèvement est limité à 35 dinars par hectare en valeur absolue. Il représente cependant la plus forte progression relative du nouveau barème : 11,1 %, puisque le plafond passe de 315 à 350 dinars par hectare. La revalorisation accordée à l’orge est donc proportionnellement plus importante que celle retenue pour le blé dur, le blé tendre et les légumineuses. Une hausse plus limitée pour le blé et les légumineuses Les plafonds applicables au blé dur, au blé tendre et aux légumineuses augmentent plus modérément. En culture sèche, les relèvements se limitent à 20 dinars par hectare dans la zone 1 et à 25 dinars dans la zone 2. Ils correspondent respectivement à des progressions de 1,4 % et de 2,2 %. En irrigué, le plafond atteint désormais 1 930 dinars par hectare, contre 1 865 dinars dans l’ancien barème. La hausse s’établit ainsi à 65 dinars ou 3,5 %. Le plafond applicable à l’irrigué demeure nettement supérieur à ceux retenus pour les cultures en sec. Cet écart reflète notamment les dépenses supplémentaires liées à l’irrigation, à l’énergie et aux équipements nécessaires. Le plafond des fourrages d’hiver reste inchangé La révision ne se traduit pas par une hausse généralisée de tous les montants. Pour les fourrages d’hiver cultivés en sec, le plafond reste fixé à 1 030 dinars par hectare. Il est donc identique à celui de l’ancien barème. En revanche, le plafond applicable aux fourrages d’été en irrigué passe de 1 205 à 1 260 dinars par hectare. L’augmentation atteint 55 dinars, soit 4,6 %. Les échéances restent fixées au 31 août pour les céréales, l’orge et les fourrages d’hiver. Celle des fourrages d’été demeure arrêtée au 30 septembre, conformément à leur calendrier de production. Des plafonds, et non des crédits garantis La principale précaution concerne la portée exacte des montants publiés par la BCT. La note accompagnant le tableau précise explicitement que le barème constitue un plafond. Les montants indiqués ne correspondent donc ni à une subvention ni à une somme automatiquement accordée à chaque agriculteur. La banque doit moduler le crédit en fonction de trois critères mentionnés par la circulaire : la taille de l’exploitation ; les dépenses à engager ; les rendements réalisés au cours des dernières campagnes. Un exploitant ne recevra donc pas nécessairement le montant maximal multiplié par le nombre d’hectares cultivés. Le financement effectivement accordé restera soumis à l’examen du dossier par la banque, notamment à l’évaluation de la capacité de remboursement, de l’historique bancaire et des garanties disponibles. Un agriculteur peut ainsi obtenir un montant inférieur au plafond ou voir sa demande refusée si son dossier est considéré comme trop risqué. Pourquoi cette révision est importante Le crédit de campagne doit permettre à l’exploitant de financer les dépenses précédant la récolte : préparation du sol, semences, engrais, produits de traitement, carburant, irrigation, main-d’œuvre et prestations de mécanisation. Lorsque le plafond bancaire reste inférieur au coût réel de ces opérations, l’agriculteur doit mobiliser davantage de fonds propres, différer certaines dépenses ou rechercher d’autres sources de financement. Il peut également être conduit à réduire l’utilisation des intrants, avec des conséquences possibles sur les rendements et la qualité de la récolte. La révision décidée par la BCT augmente donc la capacité réglementaire d’intervention des banques. Elle ne permet cependant pas, à elle seule, de déterminer si les nouveaux plafonds couvrent effectivement l’évolution des coûts de production. À cet égard, les hausses limitées à 1,4 % et 2,2 % pour le blé et les légumineuses cultivés en sec devront notamment être rapprochées de l’évolution réelle du coût des semences, des engrais, du carburant, de la main-d’œuvre et des travaux mécanisés. Le risque climatique continue de peser sur le financement Le remboursement des crédits de campagne intervient généralement après la récolte, alors que les rendements restent fortement dépendants de la pluviométrie. Cette exposition au risque climatique peut conduire les banques à maintenir une politique prudente, même lorsque les plafonds réglementaires sont relevés. Pour un agriculteur déjà endetté, la possibilité d’emprunter davantage ne constitue pas nécessairement une solution suffisante. Une mauvaise récolte peut réduire les recettes attendues et rendre le remboursement plus difficile. L’efficacité de la mesure dépendra donc aussi des mécanismes de couverture du risque agricole, des possibilités de rééchelonnement après une calamité naturelle et de la capacité des exploitants à accéder à une nouvelle campagne de financement. Les petits exploitants restent les plus difficiles à financer Le relèvement des plafonds ne supprime pas les obstacles rencontrés par les petits céréaliers. Une partie de ces exploitants ne dispose pas de garanties réelles suffisantes, de titres fonciers régularisés ou d’informations financières permettant aux banques d’évaluer précisément leur capacité de remboursement. Le nouveau barème pourrait ainsi profiter principalement aux exploitations déjà bancarisées et disposant d’un historique satisfaisant. L’enjeu consiste donc à transformer les plafonds réglementaires en financements effectivement accessibles, notamment pour les petites exploitations économiquement viables mais insuffisamment couvertes par des garanties classiques. Un enjeu pour la production nationale et les importations L’accès au financement de campagne influence directement la capacité des agriculteurs à emblaver les superficies prévues et à utiliser les intrants au moment opportun. Une insuffisance de financement peut entraîner une réduction des superficies cultivées ou des rendements. Une récolte nationale plus faible augmente ensuite les besoins d’importation de blé tendre, de blé dur ou d’orge. L’incidence sur les comptes extérieurs dépend alors des volumes importés, des cours internationaux, du coût du fret et du taux de change du dinar face aux devises de règlement. Le financement des céréaliers constitue ainsi un enjeu qui dépasse la relation entre l’agriculteur et sa banque. Il touche également la sécurité alimentaire et la facture d’importation du pays. L’efficacité devra être mesurée sur les crédits réellement débloqués. La circulaire n° 2026-7 apporte une réponse réglementaire à l’évolution des besoins de financement des cultures céréalières et fourragères. Son impact ne devra cependant pas être apprécié à partir des seuls plafonds affichés. Il faudra suivre : le nombre d’exploitants ayant effectivement obtenu un crédit ; les montants réellement débloqués ; les superficies financées ; les délais de traitement des dossiers ; les taux d’intérêt et les commissions appliqués ; la répartition des financements entre petites et grandes exploitations. Le véritable indicateur sera donc la capacité du système bancaire à transformer les nouveaux barèmes en crédits accessibles avant le démarrage des opérations culturales. La révision autorise désormais des financements pouvant atteindre 1 930 dinars par hectare pour le blé et les légumineuses en irrigué. Mais son efficacité dépendra du montant effectivement accordé à chaque exploitant, du coût total du crédit et, surtout, de la capacité de la prochaine récolte à générer les revenus nécessaires au remboursement.

Douane–Commerce extérieur : la Tunisie prépare la numérisation des règles d’origine
ECONOMIE

Douane–Commerce extérieur : la Tunisie prépare la numérisation des règles d’origine

19/08/2026 17:48 2 vues Par Tera Finances

La Douane tunisienne poursuit, avec l’appui de la Corée du Sud, la préparation d’un système électronique destiné à gérer les règles d’origine prévues par les accords commerciaux. L’outil pourrait sécuriser l’application des tarifs préférentiels et simplifier les démarches des entreprises, mais son calendrier de déploiement opérationnel reste à préciser. La Tunisie franchit une nouvelle étape dans la numérisation de ses procédures douanières. Une équipe d’experts tunisiens et sud-coréens travaille à la conception d’un système électronique intégré consacré à la gestion de l’origine des marchandises. Cette phase préparatoire doit permettre d’étudier les procédures actuelles, de déterminer les besoins de l’administration et des entreprises, puis de définir l’architecture technique de la future plateforme. Les travaux annoncés doivent se poursuivre jusqu’au 18 septembre 2026. Le projet est mené en coopération avec l’administration douanière sud-coréenne et bénéficie d’un financement de la Corée du Sud. Il s’inscrit dans le prolongement du procès-verbal signé par les deux parties en août 2025 et du lancement officiel de la mise en œuvre annoncé en avril 2026. L’objectif est de permettre à la Douane et aux opérateurs économiques de déterminer et de gérer électroniquement l’origine des marchandises en fonction des règles prévues par les différents accords commerciaux conclus par la Tunisie. Il convient toutefois de distinguer le lancement du projet de sa mise en service effective. À ce stade, les informations communiquées portent principalement sur les travaux de préparation et de conception. La date à laquelle les entreprises pourront utiliser la plateforme n’a pas encore été précisée. L’origine détermine le traitement douanier L’origine douanière correspond au pays dans lequel une marchandise est considérée comme ayant été entièrement obtenue ou suffisamment transformée. Elle ne doit pas être confondue avec sa provenance immédiate : un produit expédié depuis un pays donné peut avoir une autre origine selon les matières utilisées et les opérations de transformation réalisées. Cette distinction joue un rôle déterminant dans le commerce extérieur. Lorsqu’un accord prévoit un tarif préférentiel, la réduction ou la suppression des droits de douane ne dépend pas uniquement du pays depuis lequel le produit est expédié. L’entreprise doit aussi démontrer que la marchandise respecte les règles d’origine établies par cet accord. Ces règles peuvent notamment fixer : la proportion maximale de matières non originaires pouvant entrer dans la fabrication ; la transformation minimale devant être effectuée localement ; un changement obligatoire de classement tarifaire ; une valeur ajoutée minimale ; ou encore des conditions propres à chaque catégorie de produits. Pour les exportateurs, une erreur dans la détermination de l’origine peut entraîner le refus du tarif préférentiel, un rappel de droits de douane ou des retards dans le dédouanement. Elle peut également fragiliser la relation avec le client étranger lorsque celui-ci comptait sur l’exonération prévue par l’accord commercial. Un moteur de règles plutôt qu’un simple document numérique Le futur système ne devrait donc pas se limiter à convertir un formulaire papier en fichier électronique. Son intérêt réside surtout dans la possibilité d’intégrer les règles propres à chaque accord et à chaque produit afin d’aider l’opérateur à déterminer le régime applicable. En renseignant la nomenclature douanière de la marchandise, sa composition, l’origine de ses intrants et les opérations de transformation effectuées, l’entreprise pourrait être orientée vers la règle pertinente. Les services douaniers disposeraient, de leur côté, d’un cadre plus homogène pour contrôler les déclarations. Une telle automatisation peut réduire les divergences d’interprétation et accélérer le traitement des dossiers. Elle peut également améliorer la traçabilité des justificatifs et faciliter leur consultation lors des contrôles. Le gain dépendra cependant du périmètre réel du système. Les autorités n’ont pas encore indiqué si la plateforme couvrira uniquement la détermination des règles applicables ou si elle permettra aussi de déposer les justificatifs, de demander un certificat d’origine et d’échanger électroniquement des informations avec les administrations des pays partenaires. Un enjeu important pour les exportateurs tunisiens La numérisation des règles d’origine concerne directement les industries tunisiennes intégrées aux chaînes de valeur internationales. Le textile-habillement, les composants automobiles, les équipements électriques, l’agroalimentaire et plusieurs activités mécaniques utilisent des matières premières ou des composants importés avant de réexporter les produits transformés. Dans ces secteurs, l’accès au tarif préférentiel dépend du respect de règles parfois complexes. Une entreprise doit pouvoir déterminer si les opérations réalisées en Tunisie suffisent à conférer l’origine tunisienne au produit final. L’enjeu est particulièrement important dans les échanges avec l’Union européenne, principal partenaire commercial du pays. La Tunisie applique également des dispositifs préférentiels dans le cadre d’autres accords bilatéraux, régionaux ou multilatéraux. Une plateforme correctement conçue pourrait réduire le temps consacré à la vérification des critères, améliorer la sécurité juridique des déclarations et aider les petites entreprises ne disposant pas d’un service spécialisé en commerce international. Elle ne supprimera toutefois pas la responsabilité de l’exportateur. L’entreprise devra toujours conserver des données fiables sur ses fournisseurs, ses intrants, ses coûts et ses opérations de fabrication. Un résultat calculé électroniquement ne peut être exact que si les informations saisies le sont également. La réforme intervient dans un contexte réglementaire plus complexe Le projet prend une importance particulière avec l’évolution des règles d’origine préférentielles dans l’espace paneuro-méditerranéen. Ces dispositions encadrent notamment la manière dont les entreprises peuvent combiner des matières provenant de plusieurs pays partenaires tout en conservant le bénéfice d’un traitement préférentiel. Le « cumul d’origine » peut renforcer l’intégration régionale en permettant, sous certaines conditions, d’utiliser des composants provenant de pays partenaires sans perdre l’origine préférentielle. Mais il rend aussi la détermination de l’origine plus technique, car l’entreprise doit identifier les accords applicables, les pays participant au cumul et les justificatifs nécessaires. L’intégration de ces paramètres dans un système électronique pourrait rendre les règles plus accessibles. Elle devrait également limiter le risque que deux opérateurs ou deux bureaux de douane interprètent différemment une même disposition. La qualité du système dépendra néanmoins de la rapidité avec laquelle sa base réglementaire sera actualisée. Les accords, les protocoles d’origine et les règles spécifiques par produit évoluent. Une plateforme qui ne serait pas régulièrement mise à jour risquerait de fournir des résultats dépassés. La numérisation ne garantit pas automatiquement une simplification Le projet peut contribuer à améliorer le climat des affaires, mais son effet dépendra de son intégration à l’ensemble de la chaîne du commerce extérieur. Pour éviter de créer une formalité électronique supplémentaire, le futur système devra pouvoir dialoguer avec les plateformes déjà utilisées par les opérateurs, notamment les services en ligne de la Douane et, lorsque cela est pertinent, Tunisia TradeNet. Il faudra également préciser si les données déjà déclarées dans un autre système pourront être réutilisées. L’obligation de saisir plusieurs fois les mêmes informations réduirait fortement les gains attendus. La sécurité informatique constituera un autre enjeu. Les données relatives à la composition des produits, aux fournisseurs, aux coûts de production et aux procédés industriels peuvent présenter un caractère commercial sensible. Leur hébergement, leur accès et leur conservation devront être encadrés. Enfin, la réussite du dispositif supposera un accompagnement des entreprises. Des guides pratiques, des outils de simulation et des formations seront nécessaires pour permettre aux opérateurs, en particulier aux PME, de comprendre les résultats produits par le système. Plusieurs éléments restent à préciser La coopération avec la Corée du Sud apporte à la Tunisie une expertise reconnue dans la modernisation des administrations douanières. Le financement coréen peut également réduire le coût initial supporté par l’État tunisien. Les autorités doivent néanmoins encore communiquer plusieurs informations essentielles : le budget du projet, son calendrier complet, les accords qui seront couverts lors de la première phase et la date prévue pour son ouverture aux entreprises. Il reste aussi à déterminer si le dispositif intégrera la délivrance électronique des preuves d’origine, s’il sera relié aux systèmes des partenaires commerciaux et si sa mise en œuvre modifiera les procédures actuellement suivies par les exportateurs. La numérisation des règles d’origine peut devenir un véritable outil de facilitation des échanges si elle raccourcit les délais, sécurise l’accès aux préférences tarifaires et réduit les erreurs. Pour produire ces effets, le projet devra cependant dépasser la seule informatisation interne et aboutir à un service opérationnel, interconnecté et facilement accessible aux entreprises.

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